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À l'approche de l'assemblée de l'AMC, le débat sur les soins en fin de vie s'intensifie

Alors que les médecins s'apprêtent à discuter des soins de fin de vie, à l'occasion de l'assemblée annuelle de l'AMC, en août, le débat s'échauffe sur les nombreux enjeux en cause dans ce dossier.

En juin, par exemple, le Québec a déposé un projet de loi qui « établit des exigences particulières à certains soins de fin de vie, soit la sédation palliative terminale et l'aide médicale à mourir ».

Même si le mot « euthanasie » n'apparaît pas dans les 20 pages du projet de loi, la disposition concernant « l'aide médicale à mourir » signifie que les médecins du Québec seraient autorisés à administrer des médicaments qui causent la mort.

« La plupart des gens veulent des soins palliatifs mais pour les cas exceptionnels, nous devons avoir une réponse », a déclaré la ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse du Québec, Véronique Hivon, en présentant le projet de loi 52 (Projet de loi concernant les soins de fin de vie), le 12 juin. Le projet de loi vise aussi à préciser l'encadrement des maisons de soins palliatifs à l'échelle de la province.

La Société canadienne des médecins de soins palliatifs (SCMSP) a accueilli favorablement la proposition d'amélioration des normes, mais a déclaré qu'il faudrait d'abord offrir l'accès universel à des soins palliatifs de qualité en établissement « avant de songer "à autoriser l'aide médicale à mourir" - ce que l'on désigne communément par le terme "euthanasie" ».

Dans un communiqué qu'elle a publié en collaboration avec l'Association canadienne de soins palliatifs, la SCMSP, qui est affiliée à l'AMC, a aussi dit qu'une fraction seulement des Canadiens (entre 16 et 30 %) avaient accès à l'éventail complet des soins de fin de vie.

La politique de l'AMC à ce sujet, mise à jour pour la dernière fois en 2007 mais revue chaque année, dit ceci : « Les médecins du Canada devraient s'abstenir de participer à l'euthanasie ou à l'aide au suicide. »

Dans son communiqué, la SCMSP a fait une déclaration semblable. « Il ne faudrait pas attendre des médecins dévoués et engagés qui dispensent des soins palliatifs qu'ils participent à cette pratique [l'euthanasie] », a déclaré la présidente de la Société, la Dre Doris Barwich.

Un récent sondage de l'AMC a révélé que les membres ont des points de vue vastement divergents au sujet des soins de fin de vie : 20 % des répondants participeraient à l'euthanasie (intervention par laquelle un médecin effectue l'acte qui cause la mort du paient), tandis que 42 % refuseraient. (Près du quart des répondants, soit 23 %, ne savaient pas comment ils réagiraient, tandis que 15 % n'ont pas répondu.)

Dans le cas de l'aide médicale au suicide (où le médecin procure au patient les moyens nécessaires pour s'enlever la vie), 16 % des membres de l'AMC ont répondu qu'ils seraient disposés à participer, tandis que 44 % ne le seraient pas. (Vingt-six pour cent étaient incertains de leur réponse à cette question et 15 % n'ont pas répondu.)

Un récent questionnaire envoyé par la SCMSP à ses 311 membre a révélé une ferme opposition à l'euthanasie (90 % des répondants ont déclaré qu'ils ne participeraient pas à cette pratique et 88 % s'opposent à sa légalisation).

Le Conseil général (CG) de l'AMC abordera les enjeux des soins de fin de vie au cours d'une séance stratégique de 90 minutes, à Calgary, le 19 août. Le débat a été dicté par une résolution adoptée par le CG en 2012 portant que l'AMC « favorise un débat public sur les enjeux des soins de fin de vie au Canada ».

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