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Être plus pauvre, mourir plus jeune : il est temps de mettre fin à cette « honte nationale », affirme l'AMC

Le 4 février 2013, à Winnipeg, l'AMC a lancé une nouvelle série d'assemblées publiques pancanadiennes. Les consultations porteront sur les facteurs extérieurs au système de santé qui ont un impact profond sur la santé.

Les assemblées publiques de 2013, fruit d'un partenariat continu entre l'AMC, le magazine Maclean's et la chaîne CPAC, cibleront les causes de la mauvaise santé chez les Canadiens autochtones. En raison de ces facteurs, tels que la pauvreté et le logement inadéquat, l'espérance de vie des Autochtones au Canada est beaucoup plus courte que celle du reste de la population.

L'assemblée de Winnipeg, qui sera suivie de rencontres similaires à Charlottetown, à Calgary, à Hamilton et à Montréal, marque la prochaine phase de l'initiative de l'AMC sur la transformation des soins de santé. L'objectif est de faire en sorte que les Canadiens aient une voix dans la refonte du système de santé.

Lors d'une conférence de presse annonçant cette série d'assemblées publiques, la présidente de l'AMC, Anna Reid, a expliqué que c'était faire preuve à la fois de compassion et de logique économique que de s'attaquer aux causes fondamentales de la forte demande de services de santé. Elle a signalé que selon les estimations, 20 % des 200 milliards de dollars que le Canada dépense en soins de santé chaque année peuvent être attribués à des disparités socioéconomiques.

« Les médecins ne sont pas des experts du logement adéquat ou de l'éducation de la petite enfance, mais nous sommes experts lorsque vient le temps de composer en aval avec les résultats négatifs de ces disparités et autres facteurs, a déclaré la Dre Reid. L'AMC rencontre les Canadiens pour savoir comment nous pouvons essayer de régler ces problèmes en amont. »

Elle a expliqué que de nombreux groupes cherchent déjà des solutions à ces problèmes fondamentaux et que les médecins du Canada « veulent faire leur part, veulent prêter leur voix aux campagnes de sensibilisation, contribuer à favoriser la discussion et écouter ce que les Canadiens ont à dire ».

Lors de l'assemblée de Winnipeg, qui a attiré près de 200 personnes, les discussions ont porté sur les quatre points suivants : les déterminants sociaux de la santé et leur impact, les moyens d'atténuer cet impact, les mesures que peuvent prendre les gouvernements et les fournisseurs de soins pour aider et les moyens d'assurer un accès équitable à la santé pour tous.

Outre la Dre Reid, le panel de discussion était composé du Dr Barry Lavallee, médecin de famille et membre des communautés Saulteaux et Métis du Manitoba, du chef Donovan Fontaine de la Première Nation Sagkeeng, de Kathy Mallett, militante autochtone de Winnipeg, et de John Geddes, chef du bureau d'Ottawa de Maclean's.

Au cours de la discussion, la Dre Reid a parlé de son propre travail en médecine d'urgence à Yellowknife, où elle voit de nombreux patients autochtones dont la piètre santé est le résultat de logement inadéquat, de mauvaise nutrition, de faibles revenus et d'un manque d'instruction. Elle a décrit la situation comme une « honte nationale ».

L'animateur, Ken MacQueen, chef du bureau de Vancouver de Maclean's, a déclaré que, même si certains peuvent juger toute discussion sur les déterminants sociaux comme une « politisation » des soins de santé, « les gouvernements se suivent, mais les fossés sociaux, économiques et sanitaires demeurent, décennie après décennie ».

MM. Fontaine et Lavallee ont longuement parlé de ce qu'ils perçoivent comme une forme de racisme structuré inhérent à la société canadienne et de son impact sur la capacité des Autochtones à acquérir une bonne éducation et une bonne santé.

La discussion a mis en évidence la complexité et la profondeur des défis auxquels les Autochtones seront confrontés dans leurs efforts pour surmonter les obstacles socioéconomiques qui parsèment leur parcours.

La Dre Reid a dit que la discussion de Winnipeg l'a convaincue que la pauvreté est le problème majeur qui devra être abordé si l'on veut réussir à améliorer la santé des peuples autochtones.

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