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Le Brésil fustigé pour importation de médecins cubains

L'Association médicale mondiale (AMM) a critiqué une décision prise par le Brésil d'engager quelque 4000 médecins cubains pour travailler dans les régions sous-desservies du pays.

« Le gouvernement affirme qu'il comble ainsi des places qui n'intéressent aucun médecin brésilien », explique l'AMM, qui représente sur la scène internationale l'AMC et une centaine d'autres associations médicales nationales. « Les premiers rapports indiquent toutefois que des médecins brésiliens sont congédiés en faveur de médecins cubains moins bien rémunérés. »

Le programme brésilien Mais Médicos (Plus de médecins) prévoit que les médecins importés seront envoyés dans des régions reculées du pays. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le Brésil compte 1,8 médecins pour 1000 habitants, tandis qu'il y en a 6,7 pour 1000 à Cuba. (Au Canada, cette proportion est de 2,4/1000, et la moyenne de l'OCDE s'établit à 3,1/1000.)

L'AMM affirme que les visiteurs cubains ne reçoivent pas de salaire pour leurs services, « mais simplement de l'argent de poche, ce qui est contraire aux dispositions du droit du travail et des lois brésiliennes. Dans le cas des travailleurs de la santé cubains, le gouvernement du Brésil paye le gouvernement cubain [directement] pour leurs services, et une petite portion de cet argent est ensuite versée aux travailleurs par le gouvernement cubain.

« (...) Dans la presse internationale, on parle déjà "d'esclavage moderne". »

Le Dr Mukesh Haikerwal, qui préside le Conseil de l'AMM, a déclaré que si le gouvernement du Brésil veut contribuer à améliorer les soins de santé, « il devrait augmenter ses investissements dans le système de santé, qui sont faibles par rapport à ceux d'autres pays dotés d'un système de santé public à couverture universelle ».

Il a aussi affirmé que les compétences de certains des travailleurs importés « demeurent douteuses ».

Le Dr Haikerwal ajoute que la question de l'importation est déjà à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale de l'AMM, qui aura lieu au Brésil en octobre.

Le Dr Jeff Blackmer, directeur de l'éthique à l'AMC, a dit pour sa part que de nombreuses associations membres de l'AMM suivent de près la situation au Brésil.

« L'argument de l'AMM, c'est que ces méthodes permettent peut-être au Brésil d'économiser de l'argent, mais non de garantir l'accès à des soins de santé de grande qualité », explique le Dr Blackmer. « En conséquence, le débat qui aura lieu au cours de l'assemblée générale de l'AMM en octobre - assemblée qui sert d'organe de réflexion aux médecins du monde entier - devrait être assez intéressant. »

À voir : L'AMM condamne la façon dont le gouvernement brésilien fait venir des médecins dans le pays.

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