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Les médecins formés en Grande-Bretagne : une espèce en voie de disparition au Canada

Les médecins qui ont reçu une formation au Royaume-Uni avant de pratiquer au Canada ont joué un rôle de premier plan dans la médecine canadienne depuis le 19e siècle, et leur impact se fait toujours sentir. Par exemple, trois des 11 derniers présidents de l’AMC ont été formés dans des facultés de médecine britanniques.

Cependant, de nouvelles données recueillies par le Centre canadien de collaboration sur les effectifs médicaux (C3EM) indiquent que les médecins britanniques sont une espèce en voie de disparition au Canada, leur nombre ayant diminué de 59 % depuis 1996. Aujourd’hui, il n’y a que 2 157 médecins formés en Grande-Bretagne qui pratiquent au pays et ils ne comptent que pour 11 % du nombre total des diplômés de facultés de médecine étrangères (DFME). En 1996, ils représentaient un quart (25,3 %) de tous les DFME pratiquant au Canada.

Les changements ne surprennent pas Lynda Buske, gestionnaire du C3EM. « Ce que nous constatons est le simple reflet des tendances migratoires internationales », a-t-elle expliqué. « Le nombre d’individus en provenance du Royaume-Uni a diminué, mais ces médecins ont été remplacés par des DFME d’autres pays. Par exemple, depuis 1996, le nombre de médecins formés au Pakistan qui pratiquent maintenant au Canada a triplé. »

Mme Buske a souligné qu’au Canada, les médecins formés en Afrique du Sud (2 614) sont maintenant plus nombreux que leurs collègues formés en Grande-Bretagne (2 157), avec un écart croissant et considérable. Dans l’ensemble, les DFME comptent pour environ un quart des médecins pratiquant au Canada, une proportion qui est demeurée relativement constante pendant les 25 dernières années au moins.

Cependant, les données étaient bien différentes il y a 60 ans, lorsqu’un grand nombre de médecins du Royaume-Uni a commencé à immigrer au Canada pour y combler les pénuries d’effectifs. La Revue d’études canadiennes a signalé récemment que près de 5 000 médecins britanniques sont arrivés au Canada entre 1954 et 1970. Lorsque cette vague d’immigration a commencé, les facultés de médecines canadiennes produisaient moins de 950 médecins par année.

« Les tendances migratoires sont en constante évolution », a ajouté Mme Buske. « Dans une décennie, nous observerons aussi de nouvelles tendances. »

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