Connexion

L'AMC et l'AMQ terminent une « visite incroyable » à la région de Baie-James - Nunavik

La Dre Anna Reid, présidente de l’AMC, et la Dre Darlene Kitty, présidente de l’Association des médecins indigènes du Canada, devant une hutte crie traditionnelle à Chisasibi, communauté du nord du Québec située sur les rives de la baie James.

 

Les présidents de l'AMC ont effectué de nombreuses visites au nom de l'Association depuis sa création en 1867, mais peu de ces visites peuvent rivaliser avec celle de la Dre Anna Reid au Nord-du-Québec en juin.

« Cette visite a été sans aucun doute l'un des points saillants de mon année », a exprimé la Dre Reid au sujet de la visite, conçue pour lui permettre de constater les problèmes sanitaires et sociaux auxquels sont confrontés les Cris qui vivent le long de la baie James et les Inuits qui vivent plus au nord, au Nunavik.

La visite, organisée par le président de l'Association médicale du Québec, le Dr Laurent Marcoux, a conduit la Dre Reid presque aussi loin au nord que l'île de Baffin et dans des régions où ce que l'on prend pour acquis plus au sud - comme les services cellulaires ou la liaison à d'autres communautés par la route - est souvent inexistant.

Le Dr Marcoux, directeur des services professionnels pour le Conseil cri de la santé, connait bien les questions de soins de santé qui se posent dans la région. Il a décrit la visite comme une occasion d'être témoin de « l'excellent travail » fait par les médecins, les infirmières, les pharmaciens et les dentistes dans les régions éloignées du Nord-du-Québec.

« Il n'y a pas de problème de collaboration entre les travailleurs de la santé ici », a-t-il affirmé. « C'est un mode de vie - il ne peut en être autrement. »

Le Dr Marcoux a expliqué que la visite cadrait parfaitement avec les efforts de l'AMC pour sensibiliser davantage les Canadiens - et les politiciens - à l'incidence des enjeux tels que la pauvreté et les mauvaises conditions de logement sur la santé. « Si vous voulez voir les déterminants sociaux de la santé en action, vous pouvez le faire ici », a-t-il déclaré.

Les Drs Reid et Marcoux ont fait leur premier arrêt à Chisasibi, une communauté d'environ 4 500 résidents, principalement cris, sur la côte est de la baie James. Il s'agit de la communauté cri la plus au nord qui est accessible par la route.

La Dre Reid explique que les comptes rendus présentés par les médecins, les infirmières et les administrateurs de la santé de Chisasibi ont été aussi informatifs qu'émouvants. « Il est difficile d'imaginer que dans un pays du G-8 comme le Canada, il y a des personnes qui vivent sans accès à l'eau potable ni à des installations sanitaires appropriées, sans parler de logement adéquat. »

L'un des administrateurs de la bande de Chisasibi a expliqué à la Dre Reid qu'il manque 400 nouveaux logements dans la communauté. « Comme nation, nous aimons nous vanter de notre position comme l'un des meilleurs pays au monde », a déclaré la Dre Reid, « mais lorsque vous êtes témoin des conditions de vie, ici, vous réalisez que nous nous vantons peut-être un peu trop ».

Plus au nord, la Dre Reid a été confrontée aux mêmes problèmes. À Puvirnituq, par exemple, l'eau doit être livrée tous les jours aux 1 700 résidents et elle doit être bouillie avant d'être consommée.

La région pose de nombreux défis en matière de soins de santé, en passant par des cas de tuberculose à un taux de suicide important. La Dre Reid a aussi appris que l'un des problèmes les plus importants qui touchent le recrutement de personnel de la santé au Nunavik n'est pas le recrutement comme tel, mais les logements inadéquats et le manque d'espace de bureau. Ces pénuries ont empêché l'embauche de recrues potentielles.

Cependant, il y a aussi de bonnes nouvelles, notamment en ce qui concerne les initiatives d'éducation liées aux troubles causés par l'alcoolisation fœtale et les efforts pour encourager les jeunes à discuter plus librement et plus ouvertement de questions telles que la dépendance et le suicide.

La Dre Reid a décrit la visite comme un voyage éducatif qui a mis les déterminants sociaux de la santé - tels que la pauvreté et les mauvaises conditions de logement - clairement en évidence.

« Une visite incroyable », a-t-elle dit, « au cours de laquelle j'ai rencontré des personnes extraordinaires ».

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.