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L’AMC affirme son opposition à la marijuana

Deux résolutions visant à renforcer la position de l’Association médicale canadienne contre l’utilisation de marijuana à des fins médicales – en particulier sous forme d’inhalation – ont été soutenues par les délégués à la rencontre du Conseil général.

Les délégués ont voté à 66 % en faveur d’une résolution soumise par le président sortant, le Dr Louis Hugo Francescutti, et le nouveau président, le Dr Chris Simpson, déclarant que l’AMC s’oppose à l’inhalation de fumée de combustion de toute substance végétale.

Une autre résolution, demandant l’établissement d’une une norme réglementaire détaillée sur l’autorisation de l’usage de la marijuana à des fins médicales, a aussi été approuvée.

Le Dr Francescutti a dit qu’il est prouvé que le fait de fumer de la marijuana expose les gens à de nombreux produits chimiques toxiques dans des concentrations plus élevées que dans le tabac, ajoutant que l’approbation de la motion renforcerait la position de l’AMC, qui demande qu’une recherche plus approfondie soit faite sur les bienfaits pour la santé de la marijuana à des fins médicales.

Ashley Miller, une résidente en médecine de Terre-Neuve, s’est opposée « à la notion et au ton prohibitionnistes » de la résolution, disant qu’il serait plus productif pour l’AMC de chercher à élaborer des stratégies sur la réduction des préjudices.
Une des seules autres divergences d’opinion importante chez les délégués a été constatée lors du rejet d’une résolution présentée par des délégués du Québec. Celle-ci demandait que l’AMC presse les gouvernements d’adopter un système de consentement présumé pour les dons d’organes et de tissus.

Claudie Dandurand-Bolduc, une étudiante en médecine du Québec, qui a soumis la résolution, a dit que ce concept a été adopté dans d’autres pays, notamment en France et en Suisse, et que cela aiderait à améliorer la disponibilité d’organes pour des transplantations.

Cependant, des membres du comité d’éthique de l’AMC ont indiqué que le comité avait déjà discuté de cette question et qu’il estimait que le consentement explicite était plus conforme aux valeurs sociétales.

Le Dr Ted Boadway, qui préside un panel de citoyens sur les dons d’organes en Ontario, a dit que la majorité des gens sont en faveur du consentement explicite — tout comme les médecins d’urgence.

« Les Ontariens ne veulent pas que nous présumions quoi que ce soit », a-t-il expliqué.

Le Dr John Sampson, de l’Île-du-Prince-Édouard, a dit « En tant que médecin urgentiste, je suis contre cette motion parce que je l’ignorerais probablement dans ma pratique. Je vais plutôt écouter ce que les patients et les familles ont à dire, et agir en conséquence ».

Une autre résolution ayant suscité un vif débat chez les délégués a été soumise par la Colombie-Britannique. Celle-ci demande que l’AMC fasse des recommandations politiques pour que les médecins et les associations médicales provinciales et territoriales participent à l’élaboration de mécanismes de reconnaissance des titres et d’octroi et de renouvellement des privilèges d’exercice de la médecine.

La motion a finalement été adoptée, mais pas avant que plusieurs médecins de l’Ontario fassent état de vives préoccupations. Ils craignent en effet que l’existence d’une politique nationale gêne les travaux de l’Association médicale de l’Ontario quand elle s’occupe de telles questions au palier provincial.

Comme c'est toujours le cas, le Conseil général a adopté des résolutions sur divers autres sujets, par l'intermédiaire de débats des participants et du processus de résolutions adoptées à l’unanimité. Il s’agit entre autres des suivantes :

  • former les médecins sur la prévalence de la violence faite aux enfants;
  • encourager les directeurs de tous les programmes d’éducation en médecine à offrir une formation précoce en sensibilité culturelle;
  • soutenir des programmes ciblant certains segments de la population afin d’améliorer la salubrité des aliments;
  • interdire l’utilisation de cigarettes électroniques là où il est interdit de fumer;
  • préparer de matériel pédagogique destiné aux étudiants en médecine qui envisagent de fréquenter une faculté de médecine à l’étranger;
  • éliminer graduellement la production d’électricité au charbon d’ici 10 ans;
  • offrir des soins accessibles, complets et de grande qualité pour les patients transgenres.

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