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L'AMC condamne les nouvelles règles sur la marijuana médicale

L'AMC affirme que les nouvelles règles du gouvernement fédéral sur l'utilisation de la marijuana à des fins médicales ne tiennent aucunement compte de l'un des principes fondamentaux de la médecine telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui : il faut disposer de données cliniques à l'appui avant d'utiliser une substance comme médicament.

Lorsque les nouvelles règles entreront en vigueur le 1er avril 2014, le gouvernement fédéral n'interviendra plus dans l'autorisation de la marijuana médicale ni dans sa distribution. Ce seront alors « les professionnels de la santé (qui) pourront signer un document médical permettant aux patients d'acheter la quantité requise pour traiter leur problème de santé auprès d'un producteur autorisé agréé par Santé Canada ».

En réalité, dit l'AMC, les médecins deviendront les gardiens de l'accès à la drogue.

Santé Canada publiera « bientôt » de l'information à l'intention des professionnels de la santé au sujet des utilisations thérapeutiques possibles de la marijuana, mais cela n'impressionne pas la présidente de l'AMC, Anna Reid. « Demander aux médecins de prescrire des médicaments qui n'ont pas subi de tests cliniques est contraire à leur formation et à leur éthique », dit-elle. « Attendre des médecins qu'ils et elles rédigent des ordonnances pour de la marijuana en l'absence de preuves cliniques équivaut à leur demander de faire leur travail les yeux bandés et met en péril la sécurité des patients. »

Un récent sondage effectué pour le compte de l'AMC a révélé que 85 % des Canadiens sont d'avis que la marijuana devrait être soumise aux même tests et processus d'approbation rigoureux que l'on exige dans le cas des autres drogues utilisées à des fins médicales.

Les nouvelles règles modifient aussi la source de la drogue parce que le gouvernent fédéral n'interviendra plus dans la production ou la distribution de la marijuana médicale. Aussi, les gens qui l'utilisent ne seront plus autorisés à faire pousser la plante à la maison. Ils devront plutôt acheter des « quantités prescrites » auprès de producteurs autorisés.

La Dre Reid explique que l'AMC veut tout simplement que l'utilisation de la marijuana à des fins médicales soit appuyée par des données probantes. « Le gouvernement fédéral n'aidera pas à combler cette lacune en renonçant à sa responsabilité de protéger la santé des Canadiens. »

En 2011, l'Association canadienne de protection médicale a souligné que les médecins n'étaient pas tenus de signer les demandes d'utilisation de la marijuana à des fins médicales des patients. Si effectivement ils les signaient, l'ACPM recommandait de demander aux patients de signer en retour un formulaire libérant le médecin de toute responsabilité et éventuelle poursuite.

La ministre de la Santé Leona Aglukkaq a expliqué que le gouvernement avait adopté les nouveaux règlements « dans le but d'améliorer la sécurité des collectivités canadiennes » notamment en éliminant les activités criminelles liées à la culture de la marijuana à domicile.

Au Canada, le nombre d'utilisateurs autorisés de marijuana à des fins médicales est passé de 500 en 2001 à plus de 30 000 maintenant.

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