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L'AMC dit non à la vente de cigarettes électroniques

L'AMC s'est opposée fermement à la vente de cigarettes électroniques en appuyant une série de recommandations de son Comité des soins et de la promotion de la santé. À l'heure actuelle, les ventes de cigarettes électroniques ne sont pas réglementées ou autorisées au Canada. Cependant, ces produits sont facilement disponibles au pays, malgré un avis de Santé Canada émis en 2009 déclarant : « Nous demandons aux personnes qui importent, annoncent ou vendent des cigarettes électroniques sans avoir obtenu les autorisations requises de cesser de le faire immédiatement. »

Voici les recommandations approuvées par le Conseil d'administration de l'AMC :

  • en l'absence « de preuves solides » de leur nocivité ou de leur bienfait, la vente de cigarettes électroniques contenant de la nicotine devrait être interdite;
  • la vente de toute cigarette électronique (certaines cigarettes électroniques ne contiennent pas de nicotine) aux mineurs devrait être interdite;
  • les recherches sur la nocivité ou le bienfait potentiel des cigarettes électroniques sur la santé devraient se poursuivre.

Les cigarettes électroniques ont gagné en popularité parce qu'elles sont perçues comme une alternative au tabac, et ses partisans font valoir que ces produits sont plus sécuritaires que le tabac puisqu'ils ne contiennent pas de goudron ou autres ingrédients toxiques. Aux États-Unis, où ces cigarettes peuvent être vendues légalement, les ventes pourraient atteindre les 2 milliards de dollars cette année.

Les opposants craignent toutefois que l'utilisation de la cigarette électronique ne crée une dépendance et puisse servir de porte d'entrée au tabagisme. « L'AMC exhorte à la prudence, à bonne raison », a déclaré le président de l'AMC, Louis Hugo Francescutti. « Comme médecins, nous avons fait trop de progrès dans la lutte contre le tabagisme et l'usage du tabac en général pour déclarer soudainement "voici un nouveau produit contenant de la nicotine qui est tout à fait sécuritaire et n'encouragera pas l'utilisation du tabac". Franchement, nous n'en savons rien. »

Dans un éditorial récent, le JAMC a demandé que les cigarettes électroniques soient réglementées de la même façon que les dispositifs d'administration de médicaments.

Le Dr Matthew Stanbrook, rédacteur en chef adjoint du JAMC, ajoute que la popularité croissante des produits de nicotine liquide, convertie en vapeur par des dispositifs électroniques qui ressemblent à des cigarettes, soulève plusieurs questions.

« Leur popularité grandissante va de pair avec une controverse croissante, à savoir si les cigarettes électroniques représentent une intervention thérapeutique très prometteuse pour la cessation du tabagisme ou un cheval de Troie qui permettra à l'industrie du tabac de renverser des décennies de progrès à l'échelle mondiale dans la réduction de la prévalence du tabagisme », a-t-il écrit.

Le Dr Stanbrook, pneumologue à l'Université de Toronto, a conclu : « Nous ne devons pas nous laisser séduire si facilement par l'illusion d'un substitut sécuritaire à la cigarette au point de céder du terrain si chèrement gagné dans la guerre contre le tabac. »

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