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L'AMC porte sa lutte contre les combats en cage devant un comité de la Chambre des communes

Au moment de résumer les réflexions de l'AMC au sujet de la proposition visant à légaliser les combats d'arts martiaux mixtes (AMM) au Canada, la présidente de l'AMC, Anna Reid, n'a pas ménagé ses mots.

« Une activité qui vise avant tout à marteler l'adversaire jusqu'à la soumission n'est pas propice à la santé », a-t-elle expliqué le 15 avril au Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes.

La Dre Reid a dit que la réponse à la question à l'étude devant le Comité - légaliser ou non les combats d'AMM en vertu du Code criminel - se résumait à un simple choix : l'argent ou la santé.

« Je suis tenue de protéger la santé des patients et de promouvoir les activités non préjudiciables », a expliqué la Dre Reid, « et l'AMC a pour mandat de préconiser les normes les plus élevées de santé et de soins de santé. Pour moi, comme médecin, il s'agit de faire passer la santé en premier. Je ne peux approuver les coups à la tête. »

La Dre Reid prononçait ces paroles trois ans après la première adoption par l'AMC, à son assemblée annuelle de 2010, d'une résolution controversée au sujet des « combats en cage », réclamant l'interdiction des combats concertés d'AMM au Canada. Vingt-quatre ans auparavant, l'AMC avait réclamé une interdiction semblable de la boxe.

La motion adoptée en 2010 au sujet des AMM avait reçu le soutien de 84 % des délégués du Conseil général. Les raisons d'un tel vote décisif, a expliqué la Dre Reid, sont faciles à comprendre.

« Une des principales responsabilités du médecin consiste à promouvoir une bonne santé et à cette fin, nous favorisons vivement l'activité physique », a dit la Dre Reid. « Les combats en cage diffèrent toutefois de beaucoup d'autres sports car, tout comme dans le cas de la boxe, les combattants visent essentiellement à causer du tort à leur adversaire afin de l'immobiliser. »

Les répercussions à long terme des traumatismes cérébraux à répétition liés à la boxe comprennent des troubles de mémoire, la maladie de Parkinson et la « démence du boxeur », un problème semblable à la maladie d'Alzheimer.

Même si les effets à long terme des combats d'AMM sur le cerveau des participants sont moins connus, la Dre Reid explique que les décès liés à ce sport ne sont pas rares. Au début d'avril, par exemple, un Ontarien est mort suite à un combat d'AMM non sanctionné au Michigan.

La Dre Reid a demandé aux politiciens « de réfléchir longuement et sérieusement » avant de modifier le Code criminel. « J'ai vu trop souvent les effets débilitants des traumatismes crâniens et les limites imposées à la vie de ces personnes et des membres de leur famille par la suite m'attristent - dans beaucoup de cas, ces limites seront permanentes. »

L'AMC a présenté deux recommandations au Comité : que le Code criminel maintienne son interdiction des combats concertés d'AMM et que le gouvernement fédéral entreprenne des recherches additionnelles sur les traumatismes crâniens et les commotions cérébrales au Canada.

À voir : AMC Mémoire sur le projet de loi S-209, Loi modifiant le Code criminel (combats concertés)
Déclaration d'ouverture par la Dre Anna Reid présenté au Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des Communes

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