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Assemblée publique de l'AMC : « Ici, l'espérance de vie est la même que dans le tiers monde »

Le gouffre béant entre les riches et les pauvres et ses répercussions profondes sur la santé des gens a fait l'objet d'une discussion animée à l'occasion d'une assemblée publique tenue par l'AMC à Hamilton le 6 mars.

« Ici même, à Hamilton, l'espérance de vie est celle que l'on voit dans le tiers monde », a déclaré la présidente de l'AMC, Anna Reid, aux 200 personnes présentes.

Elle citait les constatations d'une récente série d'articles « code rouge » publiés dans le Hamilton Spectator, selon lesquels la différence entre l'espérance de vie des riches et des pauvres de la ville pouvait atteindre 21 ans.

En comparant les régions les plus défavorisées de la ville comme si elles constituaient un pays, a expliqué la Dre Reid, elles « se classeraient au 165e rang pour l'espérance de vie, soit au même rang que le Népal et derrière la Mongolie et le Turkménistan ».

L'assemblée publique de Hamilton, organisée en partenariat avec le Maclean's et CPAC, a attiré de nombreux militants qui défendent les programmes d'aide aux Canadiens pauvres et défavorisés.

L'assemblée était la deuxième de cette série dont la première, tenue à Winnipeg le mois dernier, a porté sur les enjeux de santé des Autochtones.

La série d'articles « code rouge » publiée par le Spectator a inspiré le choix de Hamilton comme site de cette deuxième assemblée. Ces articles, préparés en collaboration avec l'Université McMaster, ont révélé « des disparités renversantes » au chapitre de l'espérance de vie des habitants des divers quartiers de la ville. Le thème des articles s'harmonisait particulièrement bien à celui de l'assemblée annuelle de l'AMC à Yellowknife en 2012, les déterminants sociaux de la santé, enjeu qui constitue une préoccupation croissante pour l'AMC.

L'animateur de l'assemblée, Ken MacQueen, chef du bureau de Vancouver du Maclean's, a déclaré qu'avec la publication de cette série d'articles, « aucune ville du Canada ne sera aussi vivement consciente que Hamilton de l'impact des déterminants sociaux de la santé ».

Participaient au panel avec la Dre Reid, Mark Chamberlain, président et chef de la direction de Trivaris Ltd., le Dr Dale Guenter, professeur agrégé de médecine familiale à McMaster, Debbie Sheehan, conseillère principale en nursing à l'Université Simon Fraser et ancienne directrice de la santé familiale pour le service de la santé publique de Hamilton, et John Geddes, chef du bureau d'Ottawa du Maclean's.

Cette fois encore, la discussion du panel a été orientée par quatre questions clés au sujet de l'impact sur la santé des déterminants sociaux (tels que le logement et le revenu) et des façons de les aborder.

Mark Chamberlain a affirmé que la plupart des disparités en santé sont évitables et qu'en s'attaquant au problème, il en résultera une hausse de productivité. Les panélistes et les participants ont convenu qu'il faudra un effort concerté à cette fin, car le problème existe partout au Canada.

« Comme individu, les mesures que je peux prendre au chevet d'un patient sont limitées », a dit un médecin de l'auditoire, faisant écho à un commentaire du Dr Guenter au sujet des défis plus généraux que posent les déterminants sociaux de la santé. « Ma petite valise noire, a-t-il dit, ne contient pas la réponse. »

Les participants de l'assistance ont parlé avec éloquence d'un grand éventail de facteurs, tels que la pollution et l'invalidité, qui peuvent mener à des inégalités, et ont aussi proposé des approches et des programmes qui pourraient faire une différence. Nombre d'entre eux ont aussi souligné qu'il fallait d'abord reconnaître les problèmes et que l'adoption d'une approche coordonnée devant les inégalités en santé pourrait donner des résultats.

« Le nombre fait la force », a dit un médecin. « C'est pourquoi l'AMC est ici. »

Les prochaines assemblées publiques auront lieu à Charlottetown, le 28 mars, à Calgary, le 23 avril, et à Montréal, le 8 mai.

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