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L’AMC souhaite que « l’élan se traduise en action concrète » pour contrer l’abus de médicaments d’ordonnance

À la suite d’un récent symposium national sur le mauvais usage des médicaments d’ordonnance, l’AMC a lancé un appel à une action concertée.

« Il est important que nous traduisions l’élan généré aujourd’hui en action concrète », a déclaré le président de l’AMC, Louis Hugo Francescutti, après la réunion du 24 janvier, organisée conjointement par Santé Canada et le Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies. Le symposium a attiré une quarantaine de représentants de groupes tels que les ordres des médecins, la GRC, l’Assemblée des Premières Nations, des organismes de lutte contre les dépendances et des compagnies pharmaceutiques.

Des données recueillies en 2012 indiquaient que 410 000 Canadiens avaient signalé avoir abusé « de médicaments psychoactifs » au cours de la dernière année, soit plus du double qu’en 2011.

« Au Canada, jamais auparavant n’avions-nous vu autant de personnes des domaines de la santé, de la police, des Premières Nations et du gouvernement s’unir pour prendre des mesures collectives face à l’abus des médicaments d’ordonnance, en se servant de la Stratégie nationale antidrogue comme guide », a affirmé la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose.

Le Dr Francescutti, qui a rencontré Mme Ambrose en privé avant la réunion et qui a coprésidé la discussion au sujet de la pratique des prescripteurs, a soulevé plusieurs questions, notamment :

  • La nécessité d’adopter une stratégie plus robuste de formation en gestion de la douleur, à l’intention des étudiants en médecine, des médecins résidents et des médecins pratiquants.
  • Le besoin d’accroître la sensibilisation aux options non pharmaceutiques de gestion de la douleur.

Il a expliqué aussi que les inquiétudes de l’AMC au sujet de la prescription de médicaments ne se limitent pas au risque de mauvais usage des opiacés. Il a en effet évoqué le besoin d’une campagne de sensibilisation du public au mauvais usage des médicaments antimicrobiens.

C’est la deuxième fois en trois mois que l’AMC se penche sur l’enjeu de la prescription de médicaments. Au cours d’une présentation en novembre devant le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes, le président désigné de l’AMC, Chris Simpson, a donné une idée de la nature des problèmes que l’ordonnance d’opioïdes pose pour les médecins, en soulignant que l’examen d’un programme de médicaments en Ontario a révélé qu’en 2007, 898 ordonnances d’opioïdes avaient été délivrées par tranche de 1000 membres des Premières Nations (âgés de 15 ans et plus).

Il a réclamé une stratégie nationale qui devrait comporter les éléments suivants :

  • des programmes de formation des professionnels de la santé
  • l’éducation du public sur la prévention et l’usage sécuritaire des médicaments

Le Dr Simpson a ajouté qu’une stratégie est nécessaire à cause des défis auxquels font face les médecins lorsqu’ils doivent évaluer des patients qui demandent ces médicaments. « Les médecins évaluent l’indication clinique et se demandent si les bienfaits l’emportent sur les risques », a-t-il expliqué. « Cette évaluation peut poser problème, car il n’existe pas de test objectif pour évaluer la douleur et par conséquent, la prescription d’opioïdes repose en grande partie sur une confiance mutuelle entre le médecin et le patient. »

Un mémoire de l’AMC présenté au Comité a conclu : « Nous sommes d’avis que le mauvais usage et l’abus des médicaments d’ordonnance constituent un problème grave pour lequel il faudra trouver une solution à facettes multiples, en raison même de la complexité de la question. »

Le Dr Francescutti a dit que la même conclusion peut être appliquée aux problèmes plus larges qui attendent le système de soins de santé, notamment la question des besoins d’une population vieillissante. « Nous avons besoin de stratégies pancanadiennes exhaustives pour nous aider à composer avec tous les défis en constante évolution auxquels nous sommes confrontés », a-t-il déclaré.

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