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Le fardeau de la dette s'alourdit pour les étudiants en médecine, révèle un sondage

Selon un rapport du Centre canadien de collaboration sur les effectifs médicaux (C3EM), près du tiers des étudiants en médecine du Canada (30 %) s'attendent à avoir accumulé une dette de plus de 100 000 $ au moment de leur graduation de la faculté de médecine.

Cette conclusion s'est dégagée d'une analyse du Sondage national des médecins (SNM) de 2012. Le rapport souligne également que cette proportion d'étudiants fortement endettés a plus que doublé depuis le tout premier SNM, en 2004.

Et ce ne sont pas là les seules mauvaises nouvelles.

« Ceux et celles qui prévoient une dette de 160 000 $ ne comptaient que pour 1 % des étudiants en médecine en 2004, mais ce pourcentage atteint 13 % chez les répondants au SNM en 2012 », peut-on lire dans le rapport. Le C3EM qualifie ces changements de « préoccupants ».

Le Centre signale aussi que les médecins résidents s'attendent à un fardeau de dette semblable, un répondant sur cinq au SNM (19 %) ayant signalé que sa dette dépassera les 160 000 $ à la fin de sa formation. Un tiers des répondants s'attend à une dette de plus de 100 000 $.

Les étudiants en médecine qui ont répondu au SNM de 2012 « ne semblent pas avoir arrêté leur plan de remboursement en fonction de leur formation postdoctorale ou du lancement de leur pratique ». Le quart des répondants (24 %) ont toutefois affirmé qu'ils choisiraient une spécialité où les possibilité de revenu « sont plus élevées ».

Les résidents étaient d'avis que les incitations financières offertes par d'éventuels employeurs constitueraient une méthode de choix pour la réduction de leur dette. Dans le SNM de 2012, par exemple, 32 % des résidents en médecine familiale ont dit qu'ils exerceraient dans une région où l'on offre de telles incitatifs.

Le rapport conclut aussi que le déménagement aux États-Unis dans le but de rembourser la dette ne semble pas un choix populaire chez les nouveaux diplômés canadiens.

« Fort heureusement pour le Canada (...), les nouveaux médecins semblent plus enclins à choisir d'autres méthodes de remboursement de la dette, y compris le travail de suppléance ou les postes qui s'accompagnent d'incitatifs financiers, » conclut-il.

La présidente de l'AMC, Anna Reid, dit que la question de la dette a pris une importance croissante pour les étudiants et les résidents depuis que certaines facultés de médecine du Canada ont entrepris de déréglementer leurs frais de scolarité, il y a 15 ans - pratique qui a depuis été adoptée dans la plupart des provinces.

« Un endettement de la taille d'une hypothèque pour les études est un phénomène relativement nouveau au Canada, et ce rapport montre que le fardeau de la dette semble vouloir continuer à s'alourdir », a dit la Dre Reid. C'est pourquoi l'AMC a réclamé un programme pancanadien de mesures d'allégement de la dette.

« Nous croyons que les frais de scolarité élevés, jumelés à un système de soutien financier insuffisant, ont un impact important et délétère non seulement sur les étudiants actuels et éventuels, mais aussi sur les soins de santé et sur l'accès aux services médicaux pour les Canadiens. »

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