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Les pénuries de médicaments ont de terribles conséquences pour les patients, affirme l'AMC

Un récent sondage auprès des médecins et des pharmaciens a révélé que les pénuries de médicaments posent toujours « un grave problème » pour le système de santé du Canada.

Le sondage, fruit d'un projet réalisé en collaboration par l'AMC, l'Association des pharmaciens du Canada (APhC) et la Société canadienne des pharmaciens d'hôpitaux (SCPH), a été effectué en octobre dernier auprès de 1 070 médecins et pharmaciens.

« Le sondage confirme que cette situation a des effets indésirables sur la santé et le bien-être des patients et que les médecins et pharmaciens passent beaucoup de temps à tenter de contrer ces pénuries, temps qui serait utilisé à meilleur escient s'il était consacré à l'amélioration des soins aux patients », ont déclaré les trois organisations dans un communiqué publié le 14 janvier.

Le sondage a aussi révélé ce qui suit :

  • 66 % des médecins ont vu les pénuries empirer depuis 2010;
  • 47 % des médecins disent que les visites des patients durent plus longtemps à cause des problèmes liés à la recherche de médicaments appropriés pour remplacer ceux qui sont en pénurie;
  • 67 % des médecins signalent qu'ils consacrent davantage de temps à la recherche et à la consultation pour trouver des médicaments de rechange;
  • 61 % des pharmaciens d'hôpitaux et communautaires avaient « eu du mal à obtenir un médicament » au cours de leur dernier quart de travail;
  • Plus des trois-quarts des pharmaciens ont déclaré que les pénuries de médicaments ont une « incidence importante » sur leur charge de travail, car ils passent plus de temps à chercher des médicaments de rechange et à communiquer avec d'autres professionnels de la santé au sujet des pénuries.

La présidente de l'AMC, Anna Reid, a souligné que les pénuries de médicaments ont un triple effet : sur le soin des patients, sur la santé des patients et sur l'efficacité du système de santé. « Pour les patients qui ne peuvent obtenir les médicaments dont ils ont besoin, les conséquences sont terribles », a-t-elle ajouté. « Le dévouement des médecins et des autres professionnels de la santé a contribué à réduire l'incidence des pénuries pour les patients, mais tous en paient le prix : le temps qui pourrait être employé à meilleur escient à s'occuper des patients sert plutôt à chercher des médicaments et des traitements de rechange. »

Le sondage d'octobre marque la seconde fois que l'AMC tente d'évaluer les préoccupations des médecins face aux pénuries de médicaments. Un sondage avait été effectué en janvier 2011 auprès des membres du Forum électronique de l'AMC, auquel 743 médecins avaient répondu, parmi lesquels 74 % avait affirmé avoir dû composer avec des pénuries de médicaments génériques qu'ils tentaient de prescrire, les pénuries les plus fréquentes (47 %) touchant alors des antibiotiques tels que l'amoxicilline.

Le président de la SCPH, Doug Sellinger, a déclaré que les pénuries persistantes empêchent les fournisseurs d'offrir des soins de qualité. Il a réclamé la mise en place « d'un système fiable et résistant pour prévenir, déclarer et gérer les pénuries de médicaments ».

La présidente de l'APhC, Paula MacNeil, a repris le message et ajouté qu'une collaboration s'impose entre les gouvernements, l'industrie et les professionnels de la santé. « Seuls des efforts concertés produiront des changements significatifs », a-t-elle dit. Mme MacNeil a expliqué que 75 % des membres de son association ont signalé que les pénuries ont des " répercussions importantes » sur leur travail.

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