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Maladie à Virus Ebola

Qu’est-ce que je dois savoir? Que puis-je faire pour aider?

Dr Robert Fowler

L’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique occidentale est un thème qui revient sans cesse dans les communications médicales et publiques depuis quelques mois. Alors que le nombre de cas continue d’augmenter, nous sommes plus d’un, sans aucun doute, à nous demander « Qu’est-ce qui peut être fait? » ou peut-être, « Est-il une forme d’aide que je pourrais offrir? » Nous aimerions ici faire le point sur la situation actuelle de l’éclosion et proposer un certain nombre de mécanismes de participation que les Associés et les membres pourraient envisager.

Où se situe le virus Ebola?

L’éclosion actuelle de la maladie à virus Ebola est la première à se produire en Afrique occidentale, et elle a pris une ampleur sans précédent dans le monde. Bien qu’elle ait apparu dans une région rurale de la Guinée à la fin de 2013, l’éclosion n’a été reconnue qu’en mars 2014. Elle s’est depuis lors étendue dans toute l’Afrique de l’Ouest : la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia sont les pays les plus durement touchés; le Sénégal et le Nigeria ont pour leur part connu de petites éclosions en raison de déplacements de personnes et n’ont pas rapporté de nouveaux cas au cours des 21 derniers jours. Les États-Unis ont connu un cas importé, et deux travailleurs de la santé ont depuis obtenu un résultat positif au test de dépistage pour des infections ultérieures. De plus, la République démocratique du Congo fait face à une éclosion distincte sur le plan épidémiologique. Enfin, un certain nombre de pays ont accueilli des travailleurs de la santé rapatriés qui ont été exposés à la maladie ou qui l’ont contractée dans l’exercice de leurs fonctions de prestataires de soins médicaux.

Pourquoi le virus Ebola suscite-t-il autant d’appréhension et de crainte?

Tout comme dans le cas d’éclosions antérieures de maladies infectieuses — SRAS, SRMO et influenza pandémique —, la maladie à virus Ebola génère de la crainte au sein du grand public, et souvent un fort sentiment d’inquiétude parmi nous dans notre rôle de prestataires de soins de santé. C’est tout à fait naturel. Cette maladie accuse des taux de mortalité élevés, il n’existe pas de médicament antiviral pour la traiter et, fait important, la plupart d’entre nous n’avons jamais soigné un patient atteint du virus Ebola.

Comment puis-je me protéger contre le virus Ebola?

Un certain nombre de points méritent d’être précisés davantage. La transmission se fait de personne à personne par contact direct des liquides corporels d’une personne qui présente des symptômes avec les muqueuses des yeux, du nez ou de la bouche d’une autre personne ou, plus rarement, par exposition percutanée à la suite d’une blessure causée par un objet tranchant. Le virus Ebola cause une maladie gastrointestinale fébrile. Les symptômes apparaissent de deux à vingt et un jours après l’exposition et comprennent au départ de la fièvre, de la fatigue et des douleurs musculaires, puis viennent s’ajouter des nausées, des vomissements et de la diarrhée. Une personne qui ne présente pas de symptômes n’est pas contagieuse. Étant donné que les symptômes ne sont pas spécifiques à la maladie, il est important de demander un relevé des déplacements (en Afrique occidentale) et des contacts (avec des personnes présentant des symptômes, à l’occasion de funérailles) à la personne suspectée d’infection. L’application d’une stricte hygiène des mains et des précautions de contact lors de la prestation de soins médicaux à des personnes présentant des symptômes (port de gants, d’un masque, de lunettes à coques, ou d’un protecteur facial et d’une blouse) et le respect rigoureux des pratiques en matière de prévention et de contrôle des infections, comme de revêtir et de retirer des équipements de protection individuelle, vous permettront d’éviter la transmission du virus de personne à personne. Ces précautions standards concernant les contacts avec des patients qui présentent des symptômes d’une maladie infectieuse sont celles que nous devons appliquer tous les jours. Vous ne contracterez pas le virus Ebola en parlant de loin avec une personne infectée; le virus n’est pas propagé dans l’air ambiant, sauf dans le contexte d’interventions médicales libérant des aérosols.

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Est-ce que des cas de maladie à virus Ebola peuvent se produire au Canada?

Il est possible que des professionnels de la santé et des hôpitaux au Canada aient un jour à prodiguer des soins à un travailleur de la santé arrivant d’Afrique occidentale ou à un voyageur qui a ressenti des symptômes après son arrivée. Les professionnels de la santé et les systèmes de santé se préparent à cette éventualité.

Que pouvons-nous faire pour aider chez nous au Canada?

En premier lieu, nous devons nous assurer de bien connaître les symptômes, puis de recueillir l’historique des déplacements et des contacts des personnes susceptibles d’avoir contracté le virus Ebola qui souffrent de fièvre ou de maladie gastrointestinale, ou des deux, et de communiquer avec les bonnes personnes, c’est-à-dire le centre de prévention des infections de votre hôpital ou l’agent de contrôle, ou les autorités sanitaires de votre région, si vous deviez suspecter un cas (http://canadiensensante.gc.ca/diseases-conditions-maladies-affections/disease-maladie/ebola/professionals-professionnels-fra.php?_ga=1.240004932.634436617.1413579526).

Que puis-je faire pour aider en Afrique Occidentale?

L’Afrique occidentale ne pourrait aucunement assumer le fardeau de cette maladie sans l’assistance de la communauté internationale. Sans notre aide, il sera impossible de contenir l’éclosion dans un proche avenir, et elle continuera donc de menacer d’autres régions. L’Afrique occidentale a désespérément besoin d’un plus grand nombre de cliniciens pour traiter de façon sécuritaire les patients atteints du virus Ebola. Le nombre de cas demeure élevé en Guinée, qui met à disposition des centres actifs de traitement à plusieurs endroits. En Sierra Leone et au Liberia, le nombre de patients demeure supérieur à la capacité d’accueil des centres de traitement de la maladie. Cependant, les patients atteints du virus Ebola peuvent survivre s’ils reçoivent d’excellents soins de soutien. L’incroyable réponse humanitaire des dernières semaines a permis l’ouverture d’un grand nombre de centres de traitement. Les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux font maintenant appel à des cliniciens pour aider les travailleurs de la santé locaux à prodiguer des soins. De nombreux groupes dirigent la lutte contre le virus Ebola et offrent une assistance en la matière; veuillez contacter les organismes suivants si vous désirez offrir votre aide.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est à la recherche de personnel médical et infirmier, d’experts en prévention et contrôle des infections, d’épidémiologistes et d’autres professionnels de la santé pour aider les bureaux de pays de l’OMS à intervenir relativement au virus Ebola. Faites part de votre intérêt à : https://extranet.who.int/datacol/survey.asp?survey_id=3073.

Médecins sans frontières (MSF) est une organisation d’aide internationale qui offre des soins médicaux dans les centres de traitement de la maladie à virus Ebola en Afrique occidentale. Faites part de votre intérêt à : www.msf.ca/fr/node/40691.

La Croix-Rouge canadienne est actuellement à la recherche de cliniciens et d’autres professionnels de la santé pour travailler dans les centres de traitement de la maladie à virus Ebola en Afrique occidentale. Faites part de votre intérêt à : http://www.croixrouge.ca/que-faisons-nous/sante-mondiale/virus-ebola-en-afrique-de-l-ouest/recrutement-a-l-appui-de-la-lutte-contre-l-ebola.

International Medical Corps est un organisme humanitaire mondial qui recherché des volontaires d’intervention d’urgence dans le contexte de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Afrique occidentale. Faites part de votre intérêt à : https://careers.internationalmedicalcorps.org/WorkWithUs.html.

Le Dr Robert Fowler est spécialiste des soins intensifs et professeur agrégé de médecine à l'Université de Toronto. Directeur de recherche pour le département de médecine au Centre des sciences de la santé Sunnybrook, il est également chef clinique pour l'Organisation mondiale de la santé dans sa lutte contre l'éclosion de la maladie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest; le Dr Fowler a travaillé récemment en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria, fournissant une prestation de soins primaires à des centaines de patients jusqu’à maintenant.