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Les discussions sur les enjeux de fin de vie suscitent des commentaires réfléchis et intéressants

Une séance stratégique du Conseil général sur les soins de fin de vie au Canada a donné lieu à la formulation d'un certain nombre de commentaires réfléchis de la part des délégués, soulignant l'ampleur des questions en jeu ainsi que leur complexité.

La séance visait à donner au Conseil d'administration de l'AMC un aperçu des points de vue des délégués. Cet objectif a été atteint, et même dépassé.

La discussion à Calgary était encadrée par quatre spécialistes des soins palliatifs et de fin de vie.

Sharon CarstairsLes commentaires les plus frappants et émouvants ont été ceux de Sharon Carstairs, qui a été nommée au Sénat en 1994 et a présidé deux rapports spéciaux sur les soins palliatifs. Le plus récent est celui rendu public en 2010, intitulé " Monter la barre : Plan d'action pour de meilleurs soins palliatifs au Canada ". La sénatrice Carstairs a souligné qu'alors que 90 % des Canadiens ont besoin de soins palliatifs, seulement 30 % ont accès à ces services.

Mme Carstairs a aussi noté que, souvent, les écoles de médecine du Canada offrent une formation de premier cycle inadéquate en soins palliatifs. Ce fait a ensuite été confirmé par un représentant de la Société canadienne des médecins de soins palliatifs, qui a indiqué que les dix écoles offrant des programmes dans ce domaine y consacrent moins de dix heures. Mme Carstairs a affirmé que la médecine des soins palliatifs doit devenir une spécialité reconnue et qu'il faut rémunérer les soignants qui prodiguent des soins palliatifs aux membres de leur famille.

Plusieurs médecins qui ont pris la parole pendant la séance ont réclamé une meilleure formation aux soins palliatifs et aux directives préalables à tous les niveaux de l'éducation médicale. Il était toutefois clair que les médecins aussi bien que le grand public bénéficieraient grandement de discussions plus approfondies au sujet des directives préalables sur pour les soins, bien avant que ceux-ci soient requis.

Un autre point, souligné par le panéliste Eric Wasylenko, un généraliste et spécialiste des soins palliatifs, a été l'importance que les médecins en soins palliatifs peuvent jouer dans l'information et l'orientation des patients et des familles sur les décisions au sujet des soins de fin de vie. Son point de vue a été repris par d'autres délégués.

Pendant la discussion, les délégués ont parlé de différentes régions - dont la Colombie-Britannique et l'Alberta - et administrations où des projets visant à offrir plus de programmes interdisciplinaires et communautaires sur les soins de fin de vie ont été lancés avec succès. D'autres intervenants ont cependant indiqué que cette norme de soins n'existe pas dans bien d'autres régions.

M. Wasylenko et ses collègues ont noté que les médecins et la société doivent faire face à une nouvelle réalité où la démographie change en raison du nombre croissant de personnes qui vivent plus longtemps, avec davantage de maladies chroniques. Selon lui, cela signifie que les médecins doivent tenir compte de trois domaines distincts en matière de soins en fin de vie : les soins aux personnes âgées, les soins palliatifs après un diagnostic limitant l'espérance de vie et les soins aux personnes en phase terminale.

Vers la fin de la séance, en se reportant à des propos tenus à un Conseil général antérieur par un ministre fédéral de la Santé, le Dr Renwick Mann, d'Ottawa, a dit que les discussions approfondies sur les questions de fin de vie devraient indiquer clairement que les médecins du Canada ne sont " ni immoraux ni contraires à l'éthique, bien au contraire ".

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