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Le système de santé est l’un des plus précieux atouts du Canada : Jean Charest

De l’avis de l’un des politiciens les plus chevronnés du pays, l’AMC devrait chercher à faire de l’élaboration d’une politique nationale sur les aînés un enjeu aux élections fédérales de l’année prochaine, et devrait collaborer à cet effet avec d’autres groupes.

Son discours, prononcé devant 150 délégués à la rencontre du Conseil général, traitait principalement des changements démographiques. L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest a souligné que l’augmentation « extraordinaire » de la longévité des Canadiens devrait être célébrée, même si elle aura des conséquences pour tous les aspects de la société, du système de santé aux régimes de retraite.

M. Charest, qui a également été ministre au fédéral, a pris la parole le 19 août, à l’assemblée annuelle de l’AMC tenue à Ottawa, lors d’une séance d’éducation traitant de l’état de préparation de l’Association aux élections fédérales de 2015.

Il a décrit le système de santé universel du Canada comme étant l’un de nos atouts les plus précieux, « un système qui nous sert bien du point de vue de la santé et qui nous donne un avantage économique de taille par rapport aux États-Unis ». Il s’attend à ce que les élections de l’année prochaine comprennent un débat sur la santé, en particulier sur la question du financement.

Bien qu’il n’ait jamais été ministre de la Santé au fédéral ou au provincial, M. Charest a dit que son expérience comme premier ministre du Québec lui a permis de comprendre le financement des soins de santé. « Quand vous êtes un premier ministre provincial au Canada, de 43 à 45 % de votre budget est réservé à la santé, a-t-il dit. Vous finissez par devenir un spécialiste des enjeux liés à la santé, ou presque. C'est inévitable. »

Selon M. Charest, le Canada pourrait apprendre de l’expérience du Québec, qui a instauré les garderies universelles, une mesure qui, selon lui, a transformé le taux de participation des femmes au marché du travail. Il a dit que cela peut servir de leçon face à certains des changements que nécessitera notre société vieillissante.

Selon lui, le Canada n’est pas assez bien organisé pour faire face à la rapide augmentation du nombre de personnes âgées et doit donc apporter des changements avant que les régimes de retraite ne soient plus durables. « Rien ne justifie le fait qu’une personne qui aime travailler soit obligée d’arrêter à un certain âge », a-t-il dit, soutenant que le pays va devoir se « réorganiser » face aux changements démographiques, surtout en intégrant des employés âgés à la population active.
M. Charest a ajouté que la profession médicale est très bien placée pour influencer les futurs changements, mais a rappelé la nécessité de s’allier à d’autres groupes. (L’AMC collabore déjà étroitement avec des organisations comme la Légion royale canadienne et l’Association canadienne des individus retraités pour discuter de l’impact des changements démographiques sur le système de santé.)

Le discours a été le plus chaleureusement applaudi quand M. Charest a rappelé aux délégués que le Canada, malgré les défis posés par les changements démographiques, est dans une position enviable. « Si la citoyenneté était une loterie, vous et moi avons remporté le premier prix. Nous avons beaucoup de chance de vivre ici. »

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