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L’assemblée publique sur les soins de fin de vie à Regina : des discussions éclairées

Il faut offrir à tous des services de soins palliatifs complets et bien financés, et mieux formuler les directives de planification préalable des soins et en faire la promotion : ces messages ont été réitérés à la dernière assemblée publique sur les soins de fin de vie de l’Association médicale canadienne (AMC), tenue à Regina.

Quant à la question épineuse de l’euthanasie ou de l’aide médicale à mourir, les participants ont exprimé divers points de vue sur la légalisation de cette pratique au Canada.

Cette quatrième de cinq rencontres prévues dans le cadre du dialogue national organisé par l’AMC et le magazine Maclean’s a attiré une centaine de personnes, qui ont participé à une discussion éclairée et réfléchie. L’assemblée de Regina avait été bien préparée, avec la publication d’une longue entrevue du président de l’AMC, le Dr Louis Hugo Francescutti, le matin même dans le quotidien Regina Leader-Post.

« Les médecins, confrontés à un public qui réclame l’euthanasie et l’aide au suicide, recherchent une seconde opinion – la vôtre », a écrit Pamela Cowan, expliquant la raison d’être de cette initiative. « C’est une question qui touche directement les médecins et dont les Canadiens veulent parler », a dit le Dr Francescutti.

Le Dr Francescutti a parlé des excellents soins palliatifs que sa mère a reçus à la Résidence de soins palliatifs de l’Ouest-de-l’Île, à Montréal. Par pure coïncidence, le jour de l’assemblée de Regina, des commentaires de Teresa Dellar, directrice exécutive de cette résidence, affirmant que les Canadiens doivent avoir un accès rapide à des services de soins palliatifs de qualité, avaient été publiés dans The Montreal Gazette.

L’assemblée de Regina était animée par Ken MacQueen, chef du bureau de Vancouver du Maclean’s, et mettait en vedette un groupe d’experts formé du Dr Jeff Blackmer, du Dr Ken Stakiw, codirecteur médical des services de soins palliatifs de la Région de santé de Saskatoon, et de Claire Bélanger-Parker, une bénévole en soins palliatifs.

Selon le même format que les autres assemblées publiques, les discussions étaient axées sur trois thèmes : les directives préalables, les services de soins palliatifs, et l’euthanasie et l’aide médicale à mourir.

« Nous avons tous l’obligation de préparer notre stratégie de sortie », a affirmé Mme Bélanger-Parker, au sujet de l’importance des directives préalables et citant en exemple ses propres expériences. « Il faut que notre famille soit bien préparée à notre départ. »

La clarté et la communication sont la clé d’une telle planification, a confirmé le Dr Stakiw, tout en reconnaissant que le manque d’uniformité des directives peut poser des défis.

Le Dr Stakiw a également réitéré des commentaires formulés par des spécialistes de soins palliatifs à l’occasion d’autres assemblées publiques : même si les services de soins palliatifs multidisciplinaires dans les centres urbains sont excellents, tout « s’effondre » à quelques kilomètres seulement des grands centres. Mme Bélanger-Parker a qualifié de « choquant » le manque de soins palliatifs dans les réserves des Premières Nations.

« Tous ceux qui peuvent recevoir des soins palliatifs […] n’ont plus de problèmes », a souligné un membre de l’auditoire âgé de 96 ans.

Un rapport sur les assemblées publiques – qui se termineront à Mississauga le 27 mai – sera publié en juin et fournira de l’information de fond pour la réunion du Conseil général de l’AMC en août, où l’on s’attend à ce que les délégués discutent de la question de l’euthanasie.

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