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​​Journée internationale de la femme : l’AMC célèbre plus de 150 ans de leadership et d’excellence chez les femmes médecins

Journée internationale de la femme 2017

En l'honneur de la Journée internationale de la femme et de son 150e anniversaire, l'Association médicale canadienne souligne l'occasion en partageant l'histoire de pionnières qui ont eu un impact considérable sur notre profession. Nous espérons que ces pionnières de la profession médicale et des droits des femmes vous inciteront à « oserlechangement ».

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Dr James Miranda Stuart Barry 

On croit que James est né sous le nom de Margaret Ann Bulkley en 1789. Elle a choisi de vivre sa vie en tant qu'homme afin de pouvoir être médecin militaire et de ne pas passer sa vie uniquement à se battre pour le devenir.

La Dre Barry a étudié la médecine à l'Université d'Édimbourg, et s'est ensuite jointe à l'armée britannique comme chirurgien pendant les guerres napoléoniennes. Elle a été affectée au Cap (Afrique du Sud), en Jamaïque, à Malte, en Crimée et finalement à Montréal. Elle a effectué l'une des premières césariennes couronnées de succès.

À son décès en 1865, sa véritable identité a été découverte et révélée au grand public et à ses pairs.

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Dre Roberta Bondar

Dre Roberta Bondar est la première femme astronaute du Canada et première neurologue à être allée dans l'espace. Après s'être envolée à bord de la navette Discovery lors d'une mission en 1992, elle a passé plus d'une décennie comme chef de médecine spatiale à la NASA. Elle a été intronisée au Temple de la renommée de l'International Women's Forum et au Temple de la renommée médicale canadienne, et est officière de l'Ordre du Canada et de  l'Ordre de l'Ontario.

Ses travaux de recherche ont permis de découvrir de nouveaux liens entre les astronautes en apesanteur dans l'espace et des maladies neurologiques comme les AVC et la maladie de Parkinson.

Dre Nadine Caron Dr. Nadine Caron.jpg

En plus d'être la première femme autochtone canadienne à être chirurgienne générale, elle a jeté des ponts entre la médecine occidentale et la guérison traditionnelle.

La Dre Caron est membre de la nation ojibwée, de Kamloops (C.-B.), et est la première femme autochtone à avoir obtenu un doctorat en médecine de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC). Depuis la fin de ses études, elle aide à faire de l'UBC le centre d'apprentissage de choix pour les futures générations de fournisseurs de soins autochtones.

En plus d'être une éducatrice de premier plan et d'être chirurgienne générale et endocrinienne à l'hôpital régional Prince George, elle cherche à assurer un accès équitable aux soins à tous les Canadiens par l'intermédiaire de ses activités de recherche et de représentation – notamment aux peuples autochtones, aux populations marginalisées et aux habitants des régions nordiques et rurales.

La Dre Caron est titulaire d'une maîtrise en santé publique de l'Université Harvard et a effectué un stage postdoctoral en oncologie chirurgicale endocrinienne à l'Université de la Californie. En 2016, elle a reçu le Prix Dr‑Thomas‑Dignan en santé des Autochtones du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. 

Dre Victoria ChungDr. Victoria Chung.jpg

Née en 1897, Victoria Chung a été la première femme médecin d'origine chinoise du Canada. Les étudiants asiatiques n'avaient pas accès aux écoles professionnelles en Colombie-Britannique, et elle a donc quitté sa ville éponyme pour étudier à l'École de médecine de l'Université de Toronto.

La Dre Chung s'est rendue dans le sud de la Chine en 1923 pour travailler comme missionnaire médicale à l'hôpital Marion Barclay, restant au pays pendant la Deuxième Guerre mondiale et la guerre de Corée. Elle est devenue présidente de l'hôpital, poste qu'elle a occupé jusqu'à ce qu'elle meure d'un cancer en 1966. Bien qu'elle occupe de nouvelles fonctions, elle continue de voir des patients et dirige même fréquemment des équipes médicales lors de voyages pour apporter des soins aux habitants de régions éloignées.

Il est probable qu'elle ne soit jamais revenue au Canada en raison du refus du gouvernement fédéral de reconnaître la République populaire de Chine et de sa politique sur l'immigration asiatique.

La ville de Victoria a déclaré le 8 décembre 2012 comme étant la Journée Victoria Chung.

Dre Wendy Clay

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​Après avoir obtenu son diplôme de médecine en 1967 de l'Université de la Colombie-Britannique, la Dre Wendy Clay a été la première femme élève officier de la Marine royale canadienne. Et ses percées ne se sont pas arrêtées là!

–  Première femme médecin militaire dans les Forces armées canadiennes et première à recevoir un diplôme en médecine aéronautique.​

–  Première femme diplômée en pilotage militaire de base et à se qualifier pour le brevet de pilote militaire.

–  Première femme à se qualifier pour l'Équipe de démonstration de parachutisme des Forces canadiennes, les SkyHawks.

– Première femme membre des Forces armées canadiennes à atteindre le grade de major-général.

– Première femme médecin général des Forces armées canadiennes.

Elle est devenue médecin-chef du commandement en 1988, le poste de médecin le plus haut gradé au Quartier général du commandement aérien de Winnipeg. Après avoir déménagé à Ottawa en 1989, elle a occupé le poste de commandant du Centre médical de la Défense nationale jusqu'en 1994, année où elle été nommée médecin général et promue au grade de major-général.

Elle a pris sa retraite en 1998 et s'est installée à Victoria, en Colombie-Britannique.

Dre Mary Elizabeth CrawfordDr. Mary Elizabeth Crawford.jpg

Au début des années 1900, les enfants scolarisés étaient en meilleure santé grâce à la Dre Mary Elizabeth Crawford.

Née en 1876 dans le Lancashire, en Angleterre, la Dre Crawford a étudié à l'École normale d'Ottawa et à l'Université de Toronto avant de faire un internat à l'hôpital pour femmes et enfants de l'ouest de Philadelphie.

Vers le tournant du siècle, elle a ouvert une pratique privée à Winnipeg, au Manitoba. En 1909, elle a été nommée inspectrice médicale principale des écoles publiques de la ville.

Elle était le seul médecin à faire passer des examens médicaux aux enfants des écoles. Elle est également responsable de l'introduction des tests de santé mentale dans les écoles et de la mise en place de classes spéciales pour les enfants ayant une déficience mentale.

La Dre Crawford a été présidente de la Fédération des femmes médecins du Canada en 1930-1931. Elle est devenue membre de l'Ordre très vénérable de Saint-Jean de Jérusalem pour sa contribution au bien-être des enfants de Winnipeg par la promotion des premiers soins dans les écoles.

Dre Jean Flatt Davey

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Après avoir reçu son diplôme de l'École de médecine de l'Université de Toronto en 1936, la Dre Jean Flatt Davey a été la deuxième femme à s'engager dans la Division féminine de l'Aviation royale canadienne (ARC) et la première femme médecin de la division. Elle et d'autres membres fondateurs ont entrepris la tâche monumentale consistant à recruter des femmes pour former le pilier de l'organisation. Même si elles étaient sujettes aux mêmes lois, à la même discipline et aux mêmes responsabilités que les hommes, et même si elles étaient d'ardentes défenseures de leurs droits, les femmes n'ont jamais touché le même salaire que les hommes.

La Dre Flatt Davey a été la première femme nommée au Service de santé de l'un des trois services armés. Elle a été chef d'escadron de 1941 à 1945, formant une unité prodiguant des soins médicaux.

En 1943, elle a reçu l'Ordre de l'Empire britannique en reconnaissance de ses années de service. Elle a été nommée médecin-chef de l'hôpital Women's College de Toronto en 1950.​

Dre Mary Lee EdwardDr. Mary Lee Edward.png

Quand la Première Guerre mondiale a éclaté en 1914, les femmes médecins ne pouvaient tout simplement pas s'engager. Ce n'est qu'en 1917 que la Force auxiliaire des femmes a été formée.

À ce moment, la Dre Mary Lee Edward, de Petrolia, en Ontario –1ère femme diplômée en médecine de l'Université de Toronto –  était déjà partie à New York parce que le Canada ne lui offrait aucune possibilité de pratiquer dans sa pleine capacité. Elle a travaillé à l'Infirmerie pour femmes et enfants de New York, où elle a rencontré la Dre Caroline Finley. Elles ont organisé les hôpitaux des femmes à l'étranger et leur unité a été la première à être affectée outremer.

La Dre Edward et d'autres médecins sont arrivés en première ligne, à temps pour le plus gros de l'offensive allemande en 1918. Avec des patients arrivant par centaines, la Dre Edward travaillait souvent pendant soixante heures d'affilée. Elle a reçu la Croix de Guerre de France pour sa bravoure et son courage. La Dre Edward a été nommée lieutenant, mais comme les femmes ne pouvaient pas avoir de grade officiel, on l'appelait Miss ou Mademoiselle.

Bien qu'elle soit retournée à New York après la guerre, son alma mater, l'Université de Toronto, a inscrit la Dre Edward dans son registre de service militaire (Roll of Service) en reconnaissance de ses années de service pendant la guerre. Elle a continué à pratiquer la médecine jusqu'à ce qu'elle prenne sa retraite à 85 ans. 

Dre Jessie Catherine Gray Dr. Jessie Catherine Gray.jpg

Elle a gagné la distinction de « première dame de la chirurgie » du Canada et était parmi les quatre principaux chirurgiens oncologues en Amérique du Nord. Elle a aussi été la :

–  première femme médaillée d'or en médecine à l'Université de Toronto;

–  première femme à obtenir une maîtrise en chirurgie;

–  première femme résidente en chirurgie à l'Hôpital général de Toronto;

–  première femme membre du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada;

–  première femme membre de la Société centrale de chirurgie d'Amérique du Nord;

–  première femme élue au Conseil des sciences du Canada du gouvernement fédéral.

En 1941, la Dre Gray a été nommée enseignante clinique en chirurgie à la faculté de médecine de l'Université de Toronto. Elle a grimpé les échelons pour devenir professeure agrégée, puis professeure adjointe en chirurgie. De 1945 à sa retraite en 1965, la Dre Gray a été chirurgienne en chef de l'hôpital Women's College.

Après avoir quitté ses fonctions à l'hôpital, la Dre Gray a été nommée au Conseil de recherches médicales du Canada. En 1973, elle a reçu le Prix civique du mérite des mains de l'ancien maire de Toronto David Crombie pour sa carrière distinguée comme fonctionnaire.

Brigadier-général Hilary Jaeger Brigadier-General Hilary Jaeger.jpg

La Dre Jaeger est née en Angleterre en 1959, mais a passé ses premières années en Écosse, au Québec et au Nouveau-Brunswick. Après avoir terminé des études de premier cycle en mathématiques et en génie, elle a reçu un doctorat en médecine de l'Université de Toronto en 1986.

En 1992, elle a été déployée comme médecin-chef et commandante de l'Élément de soutien national en Croatie et Bosnie-Herzégovine. La Dre Jaeger est retournée en Bosnie afin de commander l'équipe chirurgicale avancée. Ici au Canada, elle a dirigé une unité d'ambulance de campagne pendant les inondations au Manitoba en 1997 et la tempête de verglas en Ontario en 1998. Après les attentats du 11 septembre, elle a été responsable de la planification et de la coordination nationales des opérations médicales. Elle a également supervisé le soutien médical de la mission de l'OTAN en Afghanistan.

Elle a été la première femme – et est jusqu'à présent la seule – à occuper le poste d'officier des services de santé enseignant au Collège de commandement et d'état-major de la Force terrestre canadienne à Kingston. Elle a été promue à son grade actuel et nommée médecin général en 2004. Après 37 années de service exemplaire, la Dre Hilary Jaeger a pris sa retraite des Forces armées canadiennes en 2013.

Dre Irma LeVasseur Dr. Irma LeVasseur.png

Née au Québec en 1877, la Dre LeVasseur a été la première femme médecin francophone. Elle fait partie des nombreuses femmes qui ont quitté le Canada pour les États-Unis afin d'étudier la médecine. Elle a reçu un diplôme de l'Université Saint Paul, au Minnesota, et a commencé à pratiquer à New York. La Dre LeVasseur est retournée au Québec quand l'Assemblée législative provinciale a adopté une loi permettant aux femmes de pratiquer la médecine.

Pendant sa carrière, elle a continué à étudier et à pratiquer en France, en Allemagne, à Montréal, à New York et en Serbie. Elle a aidé à contrer les épidémies de typhoïde, travaillant dans un hôpital militaire et pour la Croix-Rouge.

De retour à Québec en 1922, elle a fondé l'Hôpital de l'Enfant-Jésus avec d'autres médecins, et a ensuite fondé l'Hôpital des enfants malades, soignant les enfants handicapés. La Dre LeVasseur a aussi ouvert une école pour enfants handicapés.​

Dre Helen Ryan (née Reynolds)Dr. Helen Ryan.jpg

Née à Mount Forest, elle a été la première femme médecin de l'Ontario et la première femme admise à l'Association médicale canadienne. Elle a joué un rôle clé dans l'octroi du droit de vote aux Canadiennes.

Développant un amour pour les sciences naturelles pendant qu'elle grandissait sur une ferme, la Dre Ryan voulait à tout prix devenir médecin. À l'école de médecine, elle et les autres étudiantes étaient reléguées à une salle d'attente, une salle de dissection et un vestiaire distincts. Elles s'asseyaient hors de la classe quand les conférences portaient sur l'obstétrique. Elles étaient victimes de quolibets, de commentaires obscènes, d'un comportement vulgaire et d'une démoralisation constante. Malgré les difficultés, la Dre Ryan a obtenu son diplôme en 1885 avec les meilleures notes parmi les étudiants et les étudiantes.

Établissant une pratique à Toronto, la Dre Ryan s'est spécialisée dans les maladies des femmes et des enfants – avant tout parce qu'aucun homme ne voulait se faire traiter par elle. Après une brève pratique avec son frère, à Mount Forest, en Ontario, elle a épousé Thomas John Ryan, et ils ont déménagé à Sudbury.

Restant concentrée sur les femmes et les enfants, la Dre Ryan a ouvert une pratique chez elle. Elle aidait également les victimes d'accidents de train, traitait la variole et opérait les gens dans des cabanes isolées.

La Dre Ryan et son conjoint ont déménagé à Victoria, en Colombie-Britannique, en 1907. Ses tentatives de reprendre sa pratique étaient rendues difficiles par la réglementation médicale de la province. Elle a continué à traiter des patients, en particulier les pauvres, et a accordé plus d'énergie au mouvement des suffragettes jusqu'à ce que les femmes de la Colombie-Britannique obtiennent le droit de vote en 1918 et que la loi fédérale entre en vigueur la même année.

Dre Jennie Smillie Robertson  Dr. Jennie Smillie Robertson.jpg

Elle fut la première chirurgienne du Canada. Née en 1878, elle a su dès un jeune âge qu'elle voulait devenir médecin. En 1905, après avoir économisé suffisamment d'argent sur son salaire d'enseignante de 300 $ par année, la Dre Smillie a entrepris ses études au Collège médical pour femmes de l'Ontario.

Elle a fait son internat à Philadelphie parce qu'en tant que femme, elle ne trouvait pas de poste à Toronto. Cependant, même aux États-Unis, elle ne pouvait pas pratiquer la chirurgie à l'hôpital, même après avoir fait des études postdoctorales. La Dre Smillie a effectué la première chirurgie gynécologique majeure dans une résidence privée.

Entre 1912 et 1942, elle a été présidente de gynécologie à l'hôpital Women's College, qu'elle a aidé à fonder. Elle a également aidé à lancer la Fédération des femmes médecins du Canada.

À 70 ans, la Dre Smillie a épousé son ami de longue date. Elle avait rencontré Alex Robertson quand elle avait 20 ans, mais planifiait alors une carrière en médecine et ne pensait pas qu'elle pourrait combiner mariage et carrière.

Dre Bette StephensonDr. Bette Stephenson.jpg

La Dre Bette Stephenson fait partie des membres fondateurs du Collège des médecins de famille du Canada. Elle a également été la première femme à siéger au conseil d'administration et à être présidente de l'AMC et de l'Association médicale de l'Ontario. Elle a aidé à créer l'Institut canadien de recherches avancées, et est administratrice du Fonds ontarien pour l'innovation.

La Dre Stephenson a été élue à l'Assemblée législative de l'Ontario en 1975 et a été la première députée provinciale à diriger les ministères de l'Éducation, des Collèges et des Universités, et des Finances. Elle a également été vice-première ministre.

En 1992, elle a été nommée Officier de l'Ordre du Canada et a reçu l'Ordre de l'Ontario en 1999. En 2009, un prix a été créé en son nom afin de reconnaître son rôle primordial et son engagement à vie dans le système d'éducation public de l'Ontario. En 2013, elle a été intronisée au Temple de la renommée médicale canadienne.

Dre Ann Augusta Stowe-Gullen Dr. Ann Augusta Stowe-Gullen.jpg

Elle a été la première femme à obtenir un diplôme en médecine au Canada en 1883 de Cobourg, Collège Victoria de l'Ontario, probablement au grand dam de ses camarades de classe masculins, qui n'aimaient pas vraiment partager leurs salles de conférence avec une femme.

Après avoir obtenu son diplôme, elle a épousé un camarade de classe, John Gullen, et ils ont déménagé à New York pour poursuivre leurs études dans le domaine des maladies infantiles. La Dre Stowe-Gullen est retournée à Toronto, où elle a vite été nommée présentatrice d'anatomie au nouveau Collège médical pour femmes. L'institution a été créée en grande partie grâce aux efforts de sa mère, Emily Stow

e.

Pendant sa pratique, la Dre Stowe-Gullen était également active dans le mouvement des suffragettes, et consacrait son temps à promouvoir l'éducation des femmes. Elle a été vice-présidente du Conseil des services sociaux de l'Ontario et a reçu la médaille du mérite royal en 1935 pour son travail social diversifié. Elle était une leader d'opinion très recherchée et une ardente représentante de sa profession.

Devenue octogénaire, la Dre Stowe-Gullen était toujours active, enseignant, faisant des conférences et pratiquant sa vocation.

Dre Emily Howard Stowe (née Jennings)Dr. Emily Howard Stowe.jpg

La Dre Stowe est née en 1831 dans le canton de Norwich, en Ontario. Elle a décidé de faire carrière en médecine après que son époux ait souffert de la tuberculose. À l'époque, aucun collège canadien n'acceptait les femmes, et elle s'est donc inscrite au Collège médical pour femmes de New York. Bien qu'elle ait été la première femme à pratiquer la médecine au Canada, elle a dû pratiquer sans permis canadien pendant plus de dix ans.

Après s'être fait refuser l'entrée en 1865 à cause de son sexe, Dre Stowe étudia à l'École de médecine de Toronto en 1870 afin de satisfaire à une exigence pour les praticiens ayant un permis étranger. Elle a toutefois refusé de passer les examens et a quitté l'école après avoir été la cible de l'hostilité des enseignants et des étudiants de sexe masculin.

Malgré ces problèmes institutionnels, elle a exploité une pratique prospère sur la rue Richmond, à Toronto. Elle n'a jamais été réprimandée pour pratiquer sans permis, mais a été accusée d'avoir procédé à un avortement en 1879. Elle a été acquittée après un procès long et difficile, et l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario lui a accordé un permis en 1880.

Fervente défenseure des intérêts des femmes, elle se présentait comme une spécialiste des maladies des femmes et des enfants. Elle a défendu la réforme de la santé publique, soutenant que les conditions de vie insalubres et altérées en milieu urbain causaient des maladies.

Pendant toute sa carrière, la Dre Stowe est restée fermement engagée envers les principes de l'égalité, et elle a tout mis en œuvre pour que les femmes puissent obtenir les mêmes qualifications que les hommes. Elle a défendu les droits des mères, les droits des femmes à la propriété ainsi que le droit de vote des femmes. Elle a fondé l'Association pour l'émancipation des femmes du Dominion, qui a par la suite été renommée  l'Association des suffragettes canadiennes.

En 1896, la Dre Stowe a écrit : « Ma carrière a été marquée par bien des luttes et par ces persécutions que subit habituellement quiconque lance un nouveau mouvement ou s'écarte des conventions. »

Dre Jennie Kidd Trout (née Gowanlock)Dr. Jennie Kidd Trout.jpg

Née en 1841 à Kelso, en Écosse, elle a émigré au Canada à l'âge de six ans. Après avoir étudié à l'École normale de Toronto, elle est devenue enseignante dans une école publique à Stratford, en Ontario.

Après avoir épousé Edward Trout, elle s'est soudainement mise à souffrir de troubles nerveux qui la laissaient à moitié invalide et pratiquement incapable de bouger. Elle s'est remise à l'aide de la nouvelle science de l'électrothérapie, ce qui l'a incitée à réaliser son rêve d'enfance de faire carrière en médecine.

Elle a terminé ses études en médecine grâce à un arrangement spécial lui permettant d'étudier, et ce, malgré un traitement humiliant. La Dre Trout a été la première femme autorisée à pratiquer au Canada. Elle a fondé l'Institut de médecine et d'électrothérapie près de sa résidence à Toronto en 1875. C'est aussi là que se trouvait son dispensaire gratuit pour les pauvres.

Épuisée par une pratique intensive et souffrant de maladie chronique, elle a pris sa retraite en 1882 et a décidé de fonder le Collège de médecine pour femmes à Kingston. Une décennie plus tard, il fusionnait avec le Collège de médecine pour femmes de Toronto, pour former le Collège de médecine pour femmes de l'Ontario à Toronto. 

Dre Julielynn WongDr. Julielynn Wong.jpg

Grâce à la Dre Julielynn Wong et à son équipe, les médecins dans le monde entier peuvent fabriquer des instruments médicaux et de l'équipement sur le terrain avec un système d'impression 3D portatif solaire, prêt à utiliser.

La Dre Wong est une spécialiste scientifique formée à Queen's et Harvard, une innovatrice et une éducatrice. Elle a été la première à concevoir une imprimante de fournitures médicales en 3D pour la Station spatiale internationale. Elle a créé une communauté humanitaire mondiale, Medical Makers, afin de montrer comment utiliser l'impression 3D et d'autres solutions durables et à faible coût pour la santé.

L'AMC et Joule™ ont eu l'honneur de remettre à la Dre Wong l'une des premières subventions à l'innovation de Joule. 

Dre Amelia Yeomans (née LeSueur)Dr. Amelia Yeomans.jpg

Le cheminement vers une carrière en médecine de Dre Amelia Yeomans a commencé après le décès de son conjoint en 1878. Le Dr Augustus Yeomans était chirurgien adjoint dans l'armée des États-Unis. Leur fille, Lillian, a décidé de suivre les traces de son père après son décès et s'est inscrite à l'École de médecine de l'Université du Michigan. Un an plus tard, Amelia lui emboîtait le pas.

La Dre Yeomans et sa fille ont déménagé à Winnipeg, au Manitoba, une fois leurs études terminées. Alors que la ville affichait une croissance phénoménale en une courte période, la pauvreté, la surpopulation, la criminalité, les mauvaises conditions de vie et les installations médicales inadéquates exerçaient de sérieuses pressions sur la santé publique. La mère et la fille se sont concentrées sur les femmes et les enfants malades, la Dre Yeomans s'intéressant particulièrement à la santé des détenus et des travailleuses du sexe.

Contrairement à nombre de ses collègues, elle n'avait pas peur de braquer les projecteurs sur les coins sombres de la vie et de dépasser la stigmatisation sociale. La Dre Yeomans a un jour amené une amie journaliste, E. Cora Hind, avec elle alors qu'elle faisait ses visites en prison. En raison de la couverture qui en a découlé, il a été très difficile pour le grand public d'ignorer les conditions déplorables et le mauvais traitement des sans-abris, des travailleuses du sexe et des femmes maltraitées. Elle a aidé à fonder la Société de protection humaine de Winnipeg, qui travaillait avec les enfants négligés et a apporté des réformes pour les travailleuses du sexe de Winnipeg alors que le 19e siècle tirait à sa fin.

Fervente défenseure des droits des femmes, la Dre Yeomans s'est jointe à l'Union chrétienne des femmes pour la tempérance (WCTU). Elle est devenue présidente de la WCTU au Manitoba et, plus tard, vice-présidente de l'organisation nationale. Elle s'est battue pour le droit de vote des femmes, recrutant nombre de femmes et d'hommes dans le mouvement. La Dre Yeomans et E. Cora Hind ont formé l'Association du suffrage égalitaire en 1894, la Dre Yeomans étant la première présidente.​

 

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