Connexion

Un sondage le révèle : les médecins évitent les médias sociaux par milliers

La majorité des médecins du Canada évitent d’utiliser les médias sociaux tels que Twitter et Facebook dans leur vie professionnelle, parce qu’ils anticipent trop d’embûches et trop peu d’avantages sur le plan professionnel, révèle un sondage de l’AMC.

Les résultats, obtenus dans le cadre d’un sondage récent effectué par le biais du Forum électronique de l’AMC, présentent une évaluation approfondie de l’utilisation des médias sociaux par les médecins. Ils brossent aussi un tableau décourageant pour ceux qui estiment que les médecins devraient utiliser ces outils pour améliorer leurs propres connaissances en matière de soins des patients.

Les résultats sont fondés sur les réponses de 885 (24 %) médecins actifs ou à la retraite, médecins résidents et étudiants membres du Forum électronique, qui a été créé pour fournir une réponse rapide lorsque l’AMC a besoin de sonder ses membres au sujet de certaines questions ou politiques.

Les résultats, qui reflètent ceux d’un sondage effectué par le biais du Forum électronique il y a trois ans, montrent que près de 90 % des répondants croient que l’utilisation des médias sociaux en médecine pose des risques professionnels et légaux, et que près de 40 % croient que les médias sociaux sont peu utiles ou pas du tout dans l’exercice de la médecine au quotidien.

Ces opinions vont à l’encontre de guide sur les médias sociaux publié par l’AMC en 2011 et des conseils du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario. Bien que ces deux organisations aient reconnu les risques que pose l’utilisation des médias sociaux, elles en ont également souligné les avantages potentiels, tels que l’amélioration de la communication.

Le sondage a révélé que l’usage professionnel des médias sociaux par les médecins du Canada demeure très faible : seulement 14 % des répondants utilisent LinkedIn et 4 % utilisent Twitter. (L’utilisation de ces outils à des fins personnelles est beaucoup plus élevé, à l’exception de LinkedIn.)

La participation en ligne des médecins pour des raisons professionnelles est tout autre. Près de 40 % des répondants ont déclaré avoir adhéré à une communauté en ligne réservée aux médecins, 45 % ont participé à un forum de discussion en ligne portant sur un sujet médical et 96 % ont utilisé Google lorsqu’ils recherchaient de l’information médicale. De plus, près du tiers des répondants ont recommandé une appli médicale à un patient, ce qui traduit la croissance florissante de ces outils mobiles.

Des tendances démographiques évidentes se dégagent des réponses au sondage — les étudiants en médecine n’étaient pas seulement plus au fait des risques inhérents à l’utilisation des médias sociaux, mais ils en reconnaissaient aussi les avantages potentiels.

Des douzaines de commentaires personnels soumis avec les résultats du sondage ont dressé un portrait éclairant des attitudes actuelles au sein de la profession.

« En ce moment, je crois qu’aucun de ces médias sociaux ne soit suffisamment sécuritaire pour protéger la confidentialité du patient et la vie privée des médecins », a écrit un médecin.

Un autre a déclaré avec véhémence : « Je ne vois aucune utilité aux médias sociaux à quelque fin que ce soit, et surtout pas en médecine. »

Un autre critique a répondu : « Les médias sociaux ne font que nous détourner des véritables soins aux patients. Ne nous faites par perdre notre temps. »

Un répondant a toutefois présenté le point de vue contraire : « Je crois que les médias sociaux sont un outil très puissant qui ne peut être ignoré dans la société d’aujourd’hui. Toute chose puissante comporte des risques inhérents, mais qui peuvent, je crois, être atténués par un usage sage et professionnel. »

Un autre médecin a adopté une position intermédiaire : « Je ne me sentirais pas à l’aise d’utiliser les médias sociaux pour communiquer avec des patients individuels, mais ils pourraient être utiles pour des communications destinées à des groupes ou pour des activités éducatives. »

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.