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Les médecins prévoient des manifestations à l'échelle nationale pour protester contre les coupures dans les soins aux réfugiés

Il y a près d'un an que le gouvernement fédéral a réduit la couverture des soins de santé que le Canada fournit aux réfugiés dans le cadre de son Programme fédéral de santé intérimaire, mais un groupe de médecins veut rappeler aux Canadiens - et au gouvernement - l'impact de cette décision.

Les médecins canadiens pour les soins aux réfugiés (MCSR), un groupe qui s'est opposé aux coupures il y a un an, organise une Journée nationale de protestation le 17 juin, en espérant que des manifestations auront lieu dans tout le pays. En date du 13 mai, des manifestations étaient prévues à Vancouver, Saskatoon, Hamilton, Toronto, Ottawa et Halifax.

« Entre 500 et 600 travailleurs de la santé ont participé à la manifestation de Toronto l'an dernier », affirme le Dr Philip Berger, un porte-parole de MCSR. « Nous sommes beaucoup mieux organisés cette année, alors nous nous attendons à une plus grande participation. »

Le Dr Berger ajoute que la journée de protestation bénéficie aussi du soutien d'organismes de renom.

Par exemple, la Faculté de médecine de l'Université de Toronto, même si elle reconnaît qu'elle ne peut prendre position sur des questions d'ordre politique, a signalé à son personnel et à ses formateurs que certains de ses étudiants et résidents en médecine pourraient vouloir participer à la manifestation de Toronto. « Nous devrions faciliter cette participation », a affirmé le Dr Salvatore Spadafora, vice-doyen de la formation médicale postdoctorale, dans une note affiché sur le site de MCSR.

Plus de 20 groupes représentant des membres du personnel des soins de santé et de la médecine, y compris l'AMC, le Collège royal et l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, se sont opposés publiquement aux coupures l'an dernier. En juin 2012, par exemple, l'AMC faisait partie de huit groupes qui ont adressé ensemble une lettre ouverte à Jason Kenney, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration. La lettre déclarait : « Sommes-nous un pays disposé à risquer la santé des femmes enceintes qui recevaient les médicaments nécessaires avant le 30 juin [2012] en leur disant qu'elles ne sont plus admissibles après cette date ? »

Le Dr Berger, chef de médecine familiale et communautaire à l'Hôpital St Michael's de Toronto, explique que l'impact des coupures fédérales a été particulièrement important en Ontario parce cette province reçoit 60 % des demandes d'asile au Canada. Il affirme que les MCSR ont documenté de nombreux cas de personnes qui se sont vu refuser des soins à cause des changements apportés à la couverture fédérale.

Le Dr Berger affirme que le gouvernement a ciblé les réfugiés lorsqu'il a déclaré que ceux-ci recevaient des soins « plaqués or », une définition que le Dr Berger qualifie de « ridicule ».

« Les réfugiés reçoivent la même couverture que les bénéficiaires de l'aide sociale », a-t-il expliqué. « Les médicaments essentiels et les soins prénataux ne sont pas des soins de santé plaqués or. »

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