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Un sondage révèle les inquiétudes des médecins et l'importance accrue des soins aux personnes âgées

Une nouvelle enquête d'envergure nationale à laquelle ont répondu presque 10 500 médecins en exercice révèle une inquiétude croissante face aux perspectives d'emploi dans certaines grandes spécialités, même si près des trois-quarts des répondants (72 %) se sont dits satisfaits ou très satisfaits de leur vie professionnelle.

En ce qui concerne l'emploi, selon les résultats du Sondage national des médecins (SNM) de 2013, seule une petite proportion de médecins signalent être sous-employés (1 %) ou sans emploi (5 %), mais la situation est plus sombre dans plusieurs spécialités.

Par exemple, le problème du sous-emploi et de l'absence d'emploi est très sérieux dans certaines spécialités qui font une utilisation intensive des ressources, atteignant 31 % en médecine des soins intensif, 28 % en chirurgie cardiovasculaire et thoracique et 20 % en chirurgie orthopédique. Beaucoup moins de médecins de famille (3 %) étaient susceptibles de se dire sous-employés que d'autres spécialistes (8 %). Dans l'ensemble, 59 % des répondants se sont dits « satisfaits de leur situation d'emploi ».

Ces résultats sont importants parce que le SNM, effectué tous les trois ans depuis 2004, constitue la plus grande enquête auprès des médecins et un important baromètre des enjeux et préoccupations au sein de la profession médicale. C'est la première fois que le SNM recueille des données au sujet de l'emploi. Lors du dernier sondage, en 2010, le sous-emploi et le manque d'emplois pour les médecins ne posaient pas de problème important.

Le sondage de 2013 révèle aussi que le vieillissement de la population du Canada a des répercussions sur la pratique médicale. En effet, on peut lire dans le sommaire des résultats qu'en raison du nombre croissant de personnes âgées, les gériatres, à 59 %, sont en tête de liste des spécialités qui signalent une hausse marquée de la demande de services. Des augmentations importantes de la demande sont aussi mentionnées par les dermatologues (53 %) et les pathologistes généraux (43 %).

Dans l'ensemble, les répondants ont dit travailler en moyenne 54 heures par semaine et près du tiers d'entre eux (35 % des médecins de famille, 30 % des autres spécialistes) ont déclaré être surchargés. Les services additionnels fournis en dehors des heures de bureau, tels que les services de garde, ajoutent 110 heures par mois à la charge professionnelle des médecins.

Le sondage de 2013 révèle aussi que l'écart entre les heures travaillées par les femmes et les hommes s'est refermé pour passer à cinq heures par semaine en 2013 alors qu'il était de sept heures par semaine en 2004, lors de la première édition du SNM. « Le SNM a aussi montré qu'en l'absence d'enfant à la maison, la différence de charge de travail entre les femmes et les hommes était négligeable », peut-on lire dans les documents d'information du sondage.

La moitié des médecins sondés (49 %) se sont dits satisfaits ou très satisfaits de l'équilibre entre leur travail et leur vie personnelle.

Le sondage a aussi révélé une hausse importante de l'utilisation du dossier médical électronique (DME), de 39 % en 2010 à 62 % cette année, le DME étant utilisé par 70 % des médecins de moins de 44 ans. Chez les utilisateurs du DME, 42 % ont déclaré que leur productivité avait augmenté lorsqu'ils ont délaissé les dossiers sur papier.

Le président de l'AMC, Louis Hugo Francescutti, a dit que les résultats de 2013 donneront matière à réflexion à l'AMC et au gouvernement fédéral pour la planification des ressources humaines du secteur de la santé et les soins aux aînés.

« En ce qui concerne les personnes âgées, c'est maintenant qu'il faut agir », a déclaré le Dr Francescutti, en soulignant les résultats du SNM concernant la demande de services en gériatrie. « Le sondage de 2013 montre que l'AMC est sur la bonne voie en ciblant les soins de santé des personnes âgées comme secteur d'intervention et en insistant sur la nécessité de mettre en place une stratégie nationale à cet égard. »

Il a décrit le SNM comme « un outil de diagnostic » pour les stratèges et décideurs en soins de santé. « Le diagnostic qui émerge en 2013 est assez clair », a-t-il dit. « Nous devons adopter une démarche nationale pour les ressources humaines du secteur de la santé au lieu d'avoir des douzaines de stratégies différentes un peu partout au pays. »

Le SNM, une collaboration de l'AMC, du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et du Collège des médecins de famille du Canada, est effectué tous les trois ans. Les résultats sont affichés en ligne.

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