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Ottawa fait obstacle aux sites d'injection supervisée, selon l'AMC

Le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi qui fera obstacle à l'ouverture de sites d'injection supervisée au Canada, et l'AMC n'est guère impressionnée.

« Suite à une évaluation préliminaire du projet de loi C-65, l'AMC est gravement préoccupée par le fait que la mesure proposée pourrait imposer des obstacles et des fardeaux inutiles à la création d'autres sites d'injection », a déclaré l'Association le 6 juin, jour du dépôt du projet de loi.

Le projet de loi exige que le gouvernement tienne compte du point de vue des forces de police et des politiciens locaux avant d'accorder les exemptions légales permettant la création d'un nouveau site. À l'heure actuelle, le centre InSite de Vancouver est le seul site d'injection supervisée en Amérique du Nord.

L'AMC et le gouvernement fédéral s'opposent dans ce débat depuis cinq ans. L'AMC affirme pour sa part que les sites ont démontré leur valeur pour la réduction des préjudices et ont contribué à sauver des vies.

La Cour suprême du Canada s'est rangée à cet avis en 2011, lorsqu'elle a déclaré à l'unanimité que ces sites devraient « en règle générale " bénéficier d'une exemption fédérale pour fonctionner car « la preuve révèle que l'existence d'un site d'injection supervisée diminuera le risque de décès et de maladie ».

L'AMC, qui avait reçu le statut d'intervenant dans la cause entendue par la Cour suprême, affirme que le projet de loi C-65 découragera l'ouverture de nouveaux sites en faisant porter aux demandeurs le fardeau de toutes les consultations exigées par la loi avant l'ouverture d'un site.

« Notre position se fonde sur des preuves cliniques », a dit l'AMC après le dépôt du projet de loi. « Or, il semble que le projet de loi C-65 repose sur une idéologie visant à entraver les initiatives d'atténuation des défis bien réels et des graves préjudices personnels liés à l'abus de drogues. »

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