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La perspective des médecins sur les enjeux de fin de vie mise au jour

L’accès aux services de soins palliatifs, et non pas l’aide médicale à mourir, était la priorité de nombreux délégués qui se sont exprimés lors d’une deuxième année consécutive de discussions exhaustives à la rencontre du Conseil général sur les soins de fin de vie.

Cependant, une résolution de consultation présentée par le Conseil d'administration de l’AMC et adoptée à la rencontre soutient le droit de tous les médecins, selon les limites des lois existantes, d’écouter leur conscience quand ils décident d’offrir ou non une aide médicale à mourir.

Le Dr Ewan Affleck, qui a soumis la résolution au nom du Conseil, a dit que cette résolution est une modification à la politique existante, et qu’elle reconnaît qu’il sera impossible d’arriver à une prise de position unanime sur la question de l’aide médicale à mourir au sein de la profession.

Un vote d’essai a révélé que 70 % des délégués estiment que l’AMC devrait revoir sa politique existante sur l’euthanasie et l’aide médicale à mourir, qui s’oppose à la participation des médecins à l’aide médicale à la mort. Un autre vote a révélé que 78 % des délégués pensent que l’accès universel à des services de soins palliatifs n’éliminera pas la nécessité de l’euthanasie et de l’aide médicale à mourir.

Cette dernière année, l’AMC a tenu un dialogue national avec les Canadiens et ses membres sur les enjeux des soins de fin de vie. Le président de l’AMC, le Dr Louis Hugo Francescutti, a dit qu’il estimait que l’Association avait élevé la discussion « à un niveau supérieur » — commentaire auquel ont fait écho de nombreux délégués, qui ont remercié l’AMC pour cette initiative.

La séance a commencé par un résumé vidéo de nombre des commentaires émouvants entendus lors des six assemblées publiques de consultation tenues un peu partout au pays plus tôt cette année.

Les résultats d’un sondage mené cet été auprès de quelque 5000 membres de l’AMC ont également été présentés. Ils indiquent que :

  • 44,8 % sont en faveur de la légalisation de l’aide médicale à mourir;
  • 36,3 % pensent que l’euthanasie devrait être légalisée;
  • 26,7 % participeraient probablement ou fort probablement à l’aide médicale à mourir si elle était légalisée.

L’un des présentateurs du panel à la séance stratégique était Eric van Wijlick, un chercheur en santé membre de l’Association médicale royale des Pays-Bas, pays où l’aide médicale à mourir est légale.

M. Van Wijlick a souligné que depuis l’adoption de la loi permettant l’aide médicale à mourir en 2001, il n’y a pas eu de « pente dangereuse » ou d’élargissement des indications au sein de la pratique. Il a ajouté que l’aide médicale à mourir et la prestation de soins palliatifs faisaient partie du même processus. Sur les 14 000 demandes d’aide médicale à mourir faites chaque année aux Pays-Bas, a-t-il précisé, environ 3800 sont acceptées.

Des allocutions ont également été prononcées par la Dre Angela Genge, une neurologue et spécialiste des maladies neuromusculaires et neurodégénératives incurables, et l’ancien président de l’Association médicale de l’Ontario, le Dr Scott Wooder. La Dre Genge a présenté ce qu’elle décrit comme une étude de cas lors des discussions sur l’aide médicale à mourir, et le Dr Wooder a parlé de l’initiative prise par l’AMO l’année dernière afin d’élaborer une stratégie sur les soins de fin de vie, initiative qu’il a dirigée.

En ce qui a trait aux discussions sur les soins de fin de vie, la Dre Genge a dit que « c'est la famille qui pos souvent problème ». Elle a également dit que la capacité d’avoir une discussion constructive avec un patient en phase terminale n’est pas innée et n’est pas prise en compte dans la formation des étudiants en médecine.

Le Dr Wooder a dit que l’un des résultats clés de l’étude de l’AMO était la nécessité d’augmenter le nombre « terriblement faible » de gens qui font une planification préalable des soins. L’amélioration de la disponibilité des soins palliatifs est aussi une priorité, a-t-il précisé.

Voici quelques-uns des commentaires faits par les délégués pendant le débat :

  • L’accès aux services de soins palliatifs « est nul », s’est plaint un ancien président de l’AMC, le Dr John Haggie, de Terre-Neuve. « Il n’y a aucun centre de soins palliatifs dans la province. »
  • « Nous savons tous que les services de soins palliatifs sont inadéquats » : Dr Barry Turchen, Colombie-Britannique.
  • « Il faut améliorer le soutien à ceux qui veulent mourir à la maison » : ancienne présidente de l’AMC, la Dre Collins-Nakai, Alberta.
  • « En tant que médecins de famille, nous devons ramener les soins palliatifs au sein de notre pratique » : Dre Suzanne  Strasberg, Ontario.

Après la discussion ouverte sur les enjeux des soins de fin de vie, les délégués ont étudié et approuvé plusieurs résolutions, notamment :

  • Soutenir l’élaboration d’une stratégie sur la planification préalable des soins et les soins palliatifs et de fin de vie dans l’ensemble des provinces et des territoires.
  • Se renseigner sur le point de vue des Inuits, des Métis et des Premières Nations sur l’euthanasie, l’aide médicale à mourir et les soins de fin de vie, et communiquer l’information recueillie.
  • Faire une planification des ressources pour élaborer une stratégie appropriée sur la prestation de soins palliatifs de qualité, partout au Canada.

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