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Les séances contribuent à assainir l’air en ce qui concerne la marijuana médicale

Après avoir assisté à une présentation d’un médecin qui prescrit de la marijuana et d’un de ses patients qui en utilise à des fins médicales, les délégués ont en fin de compte exprimé leur appréciation pour cet exposé « équilibré ».

La séance d’éducation de lundi au Conseil général mettait en vedette un spécialiste en gestion de la douleur, un de ses patients qui prend de la marijuana et le président de l’autorité de réglementation des médecins du Canada.

La question de l’utilisation de la marijuana à des fins médicales fait l’objet d’une controverse dans les milieux médicaux depuis l’entrée en vigueur en avril dernier de modifications règlementaires qui font porter aux médecins la responsabilité de désigner les personnes qui peuvent légalement se procurer de la marijuana pour traiter un problème médical. Or, l’AMC s’oppose à cette utilisation de la marijuana en raison de l’absence de données scientifiques concluantes.

Un sondage effectué cet été par l’AMC a révélé que près du tiers des membres de l’Association se font parfois ou souvent demander de prescrire de la marijuana à des fins médicales. Le tiers de ces médecins fournissent parfois ou la plupart du temps l’autorisation qui permet au patient d’obtenir de la marijuana.

Les trois-quarts des répondants ont affirmé qu’il n’y a pas suffisamment d’information sur les risques et les avantages de la marijuana pour en justifier l’utilisation.

Des sondages éclairs effectués en cours de session ont montré que la majorité des délégués estiment impossible d’avoir avec les patients une discussion concluante au sujet du consentement relatif à l’utilisation de la marijuana à des fins médicales et 44 % ont dit que les médecins ne devraient pas être placés dans la position de devoir décider qui obtient de la marijuana à des fins médicales. Lorsqu’on leur a demandé si la marijuana devrait être légalisée au Canada, 50 % ont répondu que oui et 11 % se sont abstenus de répondre.

« Il est temps que nous commencions à parler ce langage du cannabis et à en discuter avec les patients », a déclaré le Dr Mark Ware, directeur général du Consortium canadien pour l’investigation des cannabinoïdes.
Mark Nixon, patient paraplégique du Dr Ware, a expliqué que la marijuana facilite sa vie en contrôlant la douleur récalcitrante, et l’aide aussi à dormir.

« La marijuana utilisée à des fins médicales peut être très utile. En utiliser m’aide à me sentir beaucoup mieux », a-t-il dit. « On ne parle pas ici de faire la fête avec vos amis. »

Le Dr Ware a dit qu’il n’existe pas de lignes directrices pour le dépistage ou le suivi des patients qui prennent de la marijuana à des fins médicales, aucune indication non plus pour son utilisation ou pour la sélection de l’entreprise ou du produit.

Étant donné les règlements actuels, a signalé le Dr Ware, l’Association canadienne de protection médicale a conseillé aux médecins de ne signer des documents médicaux que s’ils sont suffisamment renseignés au sujet de la marijuana et peuvent avoir des discussions éclairées avec les patients à ce sujet.

Des essais randomisés contrôlés ont été effectués pour valider le concept de l’utilisation des cannabinoïdes pour le traitement de certains troubles. Le Dr Ware a dit que s’il peut trouver une façon d’aider un patient grâce à l’utilisation thérapeutique de la marijuana, il est prêt à le faire.

« De toute évidence, c’est une question qui ne disparaîtra pas », a-t-il dit, en ajoutant qu’il y a lieu de faire un meilleur suivi des patients.

En réponse à la présentation, le Dr Trevor Theman, président de la Fédération des ordres des médecins du Canada (FMOC), s’est d’accord avec le Dr Ware lorsque ce dernier a insisté sur la nécessité de n’autoriser l’utilisation de la marijuana médicale que dans le cadre d’une relation médecin-patient déjà établie.

Il exposé les préoccupations des collèges devant l’obligation pour les médecins d’agir en gardiens de l’utilisation de la drogue à des fins médicales, et de la relative absence de données probantes. Depuis une décennie, a-t-il souligné, la FOMC affirme que les médecins ne devraient pas prescrire de médicaments dont l’efficacité clinique n’est pas démontrée.

« Rien ne vous oblige à fournir de la marijuana aux patients », a dit le Dr Theman.

Il a poursuivi en disant que les modifications proposées des règlements de Santé Canada exigeraient des producteurs autorisés de marijuana qu’ils fournissent aux organismes provinciaux de réglementation des renseignements au sujet de leurs clients patients et médecins.

Au cours de la période de questions, les médecins ont abordé une longue liste d’enjeux. Certains délégués étaient toujours d’avis que les preuves sont insuffisantes pour appuyer l’utilisation médicale de la marijuana tandis que d’autres ont posé des questions techniques sur la façon de prescrire le produit et de facturer adéquatement ce service.

La candidate au poste de présidente-désignée de l’AMC, la Dr Cindy Forbes, de Nouvelle-Écosse, a raconté la visite qu’elle a reçue à son bureau d’un détaillant faisant la commercialisation de la marijuana médicale. Le Dr Theman a dit que les fonctionnaires de Santé Canada lui avaient expliqué que ce type de démarche est totalement inappropriée et sera interdite.

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