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Les médecins ne sont pas les seuls sceptiques face aux règles proposées pour la marijuana médicale, révèle un sondage

Un sondage réalisé pour le compte de l'AMC montre que les Canadiens partagent le scepticisme des médecins au sujet de la révision que le gouvernement fédéral propose d'apporter aux règles d'utilisation de la marijuana à des fins médicales.

D'après le sondage effectué en ligne à la fin de février auprès de 1000 Canadiens, 85 % des répondants sont d'avis que la drogue « doit être soumise aux mêmes mécanismes rigoureux de mise à l'essai et d'approbation que les autres médicaments ». De plus, 70 % des répondants étaient d'avis que Santé Canada abandonnait ses responsabilités envers les Canadiens si elle renonçait à autoriser l'utilisation de la marijuana médicale.

Les questions du sondage se rapportaient à une proposition selon laquelle les médecins deviendraient les gardiens de l'accès à la drogue tandis que Santé Canada se laverait les mains de toute participation. Un sondage effectué l'an dernier auprès des membres de l'AMC avait révélé que les médecins se méfiaient de la proposition : 57 % affirmaient ne pas posséder suffisamment d'information au sujet des risques et des avantages de l'utilisation de la drogue à des fins médicales pour la prescrire.

Dans le sondage de 2013 auprès de non-médecins, 79 % des répondants ont affirmé que Santé Canada devaient continuer à jouer son rôle actuel dans le mécanisme d'approbation, résultat qui n'a pas étonné la présidente de l'AMC, Anna Reid.

« Les citoyens s'attendent avec raison à ce que Santé Canada approuve les médicaments dont l'innocuité et l'efficacité ont été démontrées, et dont on connaît les doses appropriées et les effets secondaires possibles », a-t-elle dit.

La Dre Reid a souligné qu'une majorité écrasante (92 %) des répondants au sondage de février étaient d'avis qu'il était très ou assez important que Santé Canada demeure chargée de la surveillance en la matière, tant que des lignes directrices convenables sur l'utilisation de la marijuana à des fins médicales ne seraient pas disponibles.

« La population comprend qu'il est injuste d'imposer aux médecins le rôle de gardien alors que les données scientifiques nécessaires sont manifestement insuffisantes », a-t-elle ajouté.

L'AMC n'est pas la seule à s'opposer aux changements. Dans une lettre qu'elle adressait à Santé Canada le 28 février, l'Association des pharmaciens du Canada disait que la marijuana médicale devrait être soumise aux mêmes exigences d'approbation que les autres médicaments.

L'APhC disait aussi dans sa lettre que même si les nouvelles règles permettraient aux pharmaciens de dispenser la marijuana médicale si leur province ou territoire si leurs collèges les y autorisaient, les pharmaciens sont préoccupés par le manque de données probantes à l'appui de l'utilisation de la drogue et par « les risques pour la sécurité des pharmacies en raison de la possibilité accrue de cambriolages ».

Dans une lettre distincte adressée à la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, la Dre Reid a dit que l'AMC avait toujours « reconnu les besoins particuliers » des patients qui vivent avec une maladie en phase terminale ou chronique et qui constatent que » la marijuana utilisée à des fins médicale peut les soulager ".

Les règlements révisés, toutefois, « ne contribuent pas à améliorer le soin des patients ou à faire progresser nos connaissances cliniques. (…) Nous exhortons Santé Canada à tenir compte du point de vue des Canadiens et des médecins ".

À cette fin, a-t-elle conclu, Santé Canada devra « remanier substantiellement » sa proposition actuelle.

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