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Les facteurs socio-économiques sont à l'origine de 20 % des dépenses de santé

Lorsque la présidente de l'AMC, Anna Reid, a pris la parole devant l'Economic Club du Canada, le 26 avril, elle a reconnu que son discours, dans lequel elle a abordé des enjeux sociaux tels que la faim et la pauvreté des enfants, pourrait étonner certains membres de son auditoire de Toronto.

La Dre Reid a souligné que 300 000 Canadiens sont sans abri ou vivent dans un « logement précaire », tandis que 882 000 de plus se rendent tous les mois à une banque d'aliments. En même temps, le Canada se classe maintenant 11e selon l'indice du développement humain des Nations Unies, après avoir occupé le premier rang pendant plusieurs années.

« En quoi ces statistiques me concernent-elles, alors que je suis médecin et que mon domaine, c'est la santé ? », a dit la Dre Reid. « Elles me concernent beaucoup. En effet, plus que toute autre chose, ce sont les conditions de l'existence quotidienne qui déterminent si une personne est en bonne santé ou malade, et ce sont par conséquent ces circonstances de la vie, bonnes ou mauvaises, qui encadrent également les réalités quotidiennes du médecin. »

En prononçant ce discours, la Dre Reid poursuivait sur la lancée de l'AMC, qui veut faire inscrire les déterminants sociaux de la santé - le revenu, l'instruction, le logement et l'emploi - au nombre des grandes priorités du programme politique en matière de soins de santé.

« Selon l'Agence de la santé publique du Canada, un dollar sur cinq dépensé en soins de santé au Canada est attribuable à des facteurs socio-économiques tels que le revenu », a-t-elle expliqué. « Statistiquement, le système de santé ne compte que pour 25 % de l'état de santé des Canadiens. La biologie et la génétique comptent pour un autre 25 %. »

Cela signifie, a précisé la Dre Reid, que les conditions de vie « sont à elles seules responsables de 50 % » de l'état de santé des Canadiens.

Pourtant, précise-t-elle, on cherche toujours des moyens de réparer le système de santé, sans s'occuper des facteurs qui sont à l'origine d'une mauvaise santé.

En ce qui concerne le système de santé lui-même, la Dre Reid a dit que les Canadiens y voient un « emblème de compassion et d'équité associé à notre pays ». Cet emblème, toutefois, est devenu un peu usé : il n'offre pas de stratégie pharmaceutique adéquate « pour les millions de Canadiens qui ne prennent pas leurs médicaments parce qu'ils n'ont pas les moyens de les acheter », il n'offre pas de stratégie sur la démence face à une population vieillissante et il manque d'infrastructures pour les soins de longue durée.

Enfin, on en fait bien peu pour éradiquer la pauvreté, qui est pourtant le « facteur prépondérant » dans la détermination de l'état de santé d'une personne. « Or, les investissement dans la santé n'ont aucun sens si on ne s'attaque pas aux causes profondes de la mauvaise santé », a ajouté la Dre Reid.

Elle a rappelé à son public composé de gens d'affaires que le système de santé du Canada est un atout pour les entreprises, à qui il procure un avantage concurrentiel sur la scène internationale.

« La communauté des affaires a un intérêt direct dans le système de santé du Canada », a-t-elle conclu.

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