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Les participants se sont fait entendre au cours de la deuxième assemblée de l’AMC sur les soins de fin de vie

À quel point les Canadiens s’intéressent-ils aux enjeux des soins de fin de vie ? Si le taux de participation à l’assemblée publique de l’AMC du 24 mars en est une indication, ils s’y intéressent vraiment beaucoup.

L’assemblée, qui a eu lieu à Vancouver, a attiré plus de 225 personnes, soit l’une des plus importantes participations depuis que l’AMC a lancé ses assemblées publiques sur divers sujets touchant les soins de santé, en 2011.

« Nous avons toujours su que l’intérêt était là », a déclaré le président de l’AMC, Louis Hugo Francescutti, après la réunion. « La foule de ce soir vient tout simplement le confirmer. »

L’assemblée de Vancouver était la deuxième d’une série nationale de cinq assemblées publiques conçues pour recueillir l’opinion des Canadiens sur des questions allant de l’aide médicale à mourir aux soins palliatifs, en passant par la planification préalable des soins. Elle a été organisée en partenariat avec le magazine Maclean’s et en association avec la Société canadienne des médecins de soins palliatifs et l’Association canadienne de soins palliatifs.

L’auditoire de Vancouver, contrairement à celui de la première assemblée sur les enjeux des soins de fin de vie, tenue à St. John’s en février, a vivement applaudi les orateurs qui défendaient l’euthanasie ou l’aide médicale à mourir pour les personnes souhaitant faire ce choix ou dans les cas où la souffrance ne peut être soulagée adéquatement par les soins palliatifs.

D’autres participants ont toutefois appuyé la position de l’AMC, qui préconise la prestation de soins palliatifs adéquats.

Le Dr Francescutti a ouvert la réunion en déclarant que les médecins ont « clairement entendu » le message des Canadiens qui souhaitent discuter des questions de fin de vie. Il a ensuite décrit comme « excellents » les soins palliatifs reçus par sa mère à Montréal avant son décès en 2013.

L’animateur de l’assemblée publique, le rédacteur de Vancouver du magazine Maclean’s, Ken MacQueen, a souligné que la Cour suprême du Canada doit se prononcer plus tard cette année sur l’utilisation de l’euthanasie, dans une affaire survenue en Colombie-Britannique.

Le panel de l’assemblée de Vancouver réunissait la Dre Doris Barwich, président de la Société canadienne des médecins de soins palliatifs et prochain directeur général du nouveau Centre de soins palliatifs de la Colombie-Britannique, le Dr Jeff Blackmer, directeur du Bureau de l’éthique à l’AMC, et Mme Louise Donald, qui a travaillé comme bénévole pendant 20 ans dans des dossiers touchant les soins palliatifs en établissement pour la régie de la santé Vancouver Coastal et qui est aussi l’aidante naturelle principale de ses deux parents et de son jeune frère.

L’assemblée a commencé par la projection de deux vidéos conçues pour préciser la terminologie utilisée dans les discussions sur les soins de fin de vie. On a ensuite demandé aux membres de l’auditoire de répondre à des questions portant sur la disponibilité et la qualité des services de soins palliatifs dans leur communauté et sur l’importance des directives préalables. Le jour de l’assemblée coïncidait avec la publication d’un document de discussion sur la planification préalable des soins par Doctors of BC, l’association des médecins de la C.-B. Son président, le Dr William Cunningham, a affirmé que les discussions amorcées par les médecins au sujet de la planification préalable des soins de fin de vie « normalisent le processus » pour toutes les personnes impliquées.

La Dre Barwich a décrit la planification préalable des soins comme une situation « gagnante » pour les patients, parce qu’elle leur permet de prendre des décisions au sujet de leurs soins futurs avant de devenir très malades ou incapables de le faire. Elle a expliqué que la planification préalable aide aussi les fournisseurs de soins à offrir les soins que les patients souhaitent vraiment recevoir.

« C’est une très, très bonne chose d’avoir cette conversation, même quand vous êtes jeune », a déclaré Mme Donald, qui souligne que le besoin d’une telle planification peut survenir soudainement.

Une femme de l’auditoire âgée de 73 ans, qui a survécu au cancer du sein, a raconté comment elle a passé plusieurs heures à parler à ses enfants adultes de ses souhaits en matière de soins de fin de vie, ajoutant qu’ils ont été soulagés d’avoir eu cette discussion.

L’importance d’un financement adéquat des services et foyers de soins palliatifs a été soulignée par de nombreux intervenants, dont certains ont soutenu que ces services ne devraient pas dépendre de bénévoles.

Les prochaines assemblées publiques auront lieu à Whitehorse (le 16 avril), Regina (le 7 mai) et Mississauga (Ont.) (le 27 mai).

L’AMC consulte aussi ses membres par le biais d’une série d’assemblées parallèles et elle mène une consultation en ligne auprès de ses membres en ligne. Plus de 700 membres se sont déjà inscrits aux discussions en ligne.

Les deux premières assemblées des membres ont eu lieu à St. John’s et à Edmonton, et les prochaines auront lieu à Fredericton (le 28 mars), Vancouver (le 2 avril), Whitehorse (le 17 avril) et Regina (le 10 mai). Les membres qui souhaitent participer peuvent communiquer avec Carole Deburggraeve

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