Connexion

Le débat sur l'aide à mourir stimulera l’action des gouvernements fédéral et provinciaux

Cette année, à l’occasion du débat sur l'aide à mourir qui aura lieu au Conseil général de l'Association médicale canadienne (AMC), les délégués feront encore une fois ce qu'ils ont si bien fait au fil des ans – présenter les points de vue essentiels du médecin et des patients concernant un enjeu stratégique important.

Selon les résultats de sondages et un récent dialogue en ligne avec les membres, la question qui préoccupe le plus les médecins au moment où le Canada se demande comment mettre en pratique la décision de la Cour suprême de février dernier sur l’aide à mourir a trait à l’équilibre entre les droits des patients et ceux des médecins.

Comme le président de l'AMC Chris Simpson a précisé dans une interview télévisée à Canada AM plus tôt cette semaine, ce n'est pas une question d'opposer un droit à l'autre, car « les deux sont valables ».

Toutefois, il a admis que la recommandation d’un patient à des services d'aide à mourir est une « question épineuse » parce que certains médecins qui se considèrent comme des objecteurs de conscience ont le sentiment que même le fait de diriger un patient vers un tiers indépendant est contre leurs principes.

Certains ont proposé que les patients aient un accès sans recommandation au service, mais d'autres ont remis en doute la faisabilité de l’accès sans recommandation qui, selon eux, serait impossible ou imposerait au patient des préjudices injustifiés.

Dans le dialogue en ligne, le Dr Jeff Blackmer, vice-président du Professionnalisme médical à l'AMC, a écrit qu'il est peu probable que les législateurs acceptent une stratégie d’accès sans recommandation. Il ajoute qu’en définitive, la plupart des patients qui recevraient une recommandation d’un tiers n’obtiendraient pas des services d’aide à mourir, mais plutôt des renseignements sur les options qui s’offrent à eux, notamment les soins palliatifs et le soutien spirituel

« Nous respectons profondément tous les points de vue, a déclaré le Dr Simpson, mais nous devons en arriver à un terrain d'entente. »

Les discussions sur l'aide à mourir qui auront lieu mardi tourneront autour du document « Une approche fondée sur des principes pour encadrer l’aide à mourir au Canada », qui a été produit pour l'AMC.

Selon le Dr Simpson, ce document propose un canevas pour les décideurs qui doivent fournir un cadre juridique sur l'aide à mourir quand la prohibition actuelle de l’aide médicale à mourir sera effectivement invalidée en février prochain.

L'AMC est bien placée pour jouer ce rôle de chef de file, a-t-il fait remarquer, car elle est la seule organisation à avoir consulté les Canadiens de façon si vaste sur les questions de soins de fin de vie.

La consultation en ligne de juillet dernier des membres de l'AMC au sujet de la logistique relative à la légalisation de l'aide à mourir faisait état des sentiments profonds qui animent les médecins canadiens concernant ces enjeux.

Au total, 595 membres se sont inscrits pour participer à la discussion en ligne et ont affiché 545 commentaires au cours du dialogue que le Dr Blackmer a animé.

Beaucoup de membres ont félicité l’AMC pour avoir fait preuve de leadership face à ces enjeux difficiles et sollicité les commentaires ainsi que les suggestions de ses membres.

La plupart des objecteurs de conscience qui ont fait des commentaires pendant le dialogue ont rejeté la proposition de l’AMC selon laquelle les médecins qui ne veulent pas pratiquer l’aide à mourir devraient diriger les patients qui la demandent vers un tiers indépendant qui leur fournirait aide et information.

Les délégués ont présenté plusieurs motions aux fins de débat. Cette discussion suivra les séances sur l'aide à mourir. Elle traite des recommandations à un tiers indépendant et vise à réitérer des principes importants concernant les soins palliatifs – une autre pierre angulaire de la stratégie de l'AMC sur les soins de fin de vie.

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.