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Nouveau Guide alimentaire canadien : les six recommandations de l’AMC​

Dans le contexte où Santé Canada travaille à une refonte du Guide alimentaire canadien, dont la dernière mise à jour remonte à 2007, les médecins ont soulevé de sérieuses préoccupations. Bien que le guide fasse l’objet d’une vaste diffusion, de nombreux Canadiens ne mangent pas assez de fruits ni de légumes et consomment trop de sodium. On estime aussi que 60 % des adultes et près de 30 % des enfants du Canada sont en surpoids ou obèses.

La refonte et la modernisation du guide alimentaire s’imposent. Sa portée doit s’étendre au-delà de la simple recommandation de doses quotidiennes et aborder des questions nutritionnelles plus vastes telles que l’insécurité alimentaire, la modification des habitudes alimentaires et les préférences culturelles. Voici les six recommandations formulées par l’AMC pour l’élaboration de ce nouveau guide. 

1. Le Guide alimentaire doit aller de pair avec les efforts visant à accroître l’accès à des aliments santé abordables

  • Des efforts de sensibilisation comme le Guide alimentaire sont importants du point de vue de la santé publique, mais il importe de rappeler que de nombreux Canadiens n’ont pas accès à des aliments nutritifs ou n’ont carrément pas les moyens d’en acheter. Le gouvernement doit reconnaître que certains groupes sont particulièrement touchés par l’insécurité alimentaire, notamment les Canadiens autochtones et les ménages monoparentaux ou comptant sur l’aide sociale.

2. Le Guide alimentaire doit reposer sur de solides recherches en nutrition

  • Le lien entre l’alimentation malsaine et l’apparition de maladies chroniques – cardiopathies, accidents cardiovasculaires, diabète, etc. – ou la hausse du taux d’obésité n’est plus à faire. Le nouveau Guide alimentaire devra tenir compte des nouvelles découvertes en nutrition et en santé, mettre en évidence le lien unissant l’alimentation et les maladies, et définir les facteurs influençant l’adoption de saines habitudes alimentaires. 

3. Le gouvernement du Canada doit garantir à la population canadienne que le processus de révision repose sur des éléments de preuve

  • La population canadienne doit pouvoir compter sur le Guide alimentaire canadien pour fournir des renseignements impartiaux. Le guide ne doit pas favoriser de produits ou de groupes alimentaires particuliers. Il doit aussi s’inscrire dans une approche de plus grande envergure qui est complétée par le travail d’autres acteurs du gouvernement, par exemple les initiatives d’interdiction de la publicité de boissons et d’aliments malsains destinée aux enfants.

4. Le Guide alimentaire doit refléter notre société, en pleine évolution et de plus en plus multiculturelle, et le changement des habitudes alimentaires

  • La population canadienne devenant de plus en plus diverse, le nouveau Guide alimentaire doit tenir compte des préférences culturelles, notamment des aliments traditionnels et des nouvelles habitudes alimentaires. Il doit aussi promouvoir l’alimentation comme projet de société, en reconnaissant le rôle rassembleur des aliments, et souligner l’importance de maîtriser des techniques culinaires de base.

5. Le Guide alimentaire doit encourager les Canadiens à réduire leur dépendance aux aliments transformés

  • Le Guide doit appuyer les Canadiens dans leurs efforts pour réduire leur dépendance aux aliments ultratransformés et aux repas au restaurant, qui sont habituellement plus riches en calories et plus pauvres en vitamines et en protéines. Il importe aussi de limiter l’apport calorique sous forme liquide, comme les jus de fruits, surtout chez les enfants.

6. Le gouvernement du Canada doit offrir des produits pratiques et simples à la population canadienne et une orientation alimentaire claire aux professionnels de la santé

  • Le Guide alimentaire doit être pratique et facile à utiliser. Il doit aider les Canadiens à mieux comprendre les étiquettes et à faire des choix éclairés quant à la taille des portions. Il doit aussi être utile aux personnes vivant avec certaines maladies, telles que le diabète ou l’hypertension, et aux femmes enceintes ou qui allaitent. Enfin, les médecins doivent pouvoir accéder facilement à la version la plus récente du guide et à des outils cliniques à utiliser durant leurs conversations avec les patients.

L’AMC appuie l’accès aux aliments sains depuis des années et rappelle qu’ils constituent la fondation de la santé et du bien-être. L’association fait aussi la promotion du tableau de la valeur nutritive, de l’étiquetage sur le devant des emballages, de l’interdiction de la publicité de boissons et d’aliments destinée aux enfants et de l’imposition d’une taxe aux fabricants de boissons sucrées.

POUR EN SAVOIR PLUS : Mémoire présenté par l’AMC au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes

 

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