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Les diplômés en médecine canadiens restent au pays

Les diplômés en médecine canadiens ont plus tendance à pratiquer dans la région où ils ont terminé leurs études postdoctorales que dans la province où ils ont fait leur école de médecine.

C'est là un résultat intéressant – mais pas forcément positif – d’une analyse des diplômés des écoles de médecine du Canada effectuée pour la période des 20 dernières années par Lynda Buske, directrice de la recherche sur les effectifs médicaux à l’Association médicale canadienne.

Le résultat qui est probablement le plus positif découlant de cette analyse, fondée sur le recensement 2013-2014 des médecins en formation postdoctorale, est que depuis deux décennies, le Canada réussit à garder les diplômés de ses écoles de médecine.

Le recensement est publié par le Système informatisé sur les stagiaires post-MD et les données sur l’endroit où les médecins choisissent de pratiquer proviennent du fichier maître de l’AMC.

L’analyse a révélé qu’au cours des deux années suivant la fin de leurs études postdoctorales, 12 % de ceux qui ont terminé leurs études en 1995 n’étaient plus au Canada. À la même époque, le Canada perdait de 600 à 700 praticiens par année, qui pour la plupart émigraient aux États-Unis.

Mme Buske souligne que la perte de la cohorte originale peut s’expliquer par l’émigration, la retraite anticipée, la mort ou, tout simplement, le fait qu’il n’existe pas d’adresse canadienne valide dans la base de données.

L’analyse a démontré que dans les 15 années suivant l’obtention du diplôme, la perte de cette cohorte n’augmentait plus et qu’à ce point tournant de 15 ans, le nombre de diplômés restés au Canada était d’environ 88 %.

Le nombre de médecins déjà en pratique et de nouveaux médecins décidant d’émigrer aux États-Unis a diminué après 1995. Sur la cohorte de 2000, 94 % diplômés étaient toujours au Canada deux ans après avoir terminé leurs études, et dix ans après l’obtention de leur diplôme en 2010, ce chiffre s’établissait à 91 %.

En 2005, le Canada gardait 93 % des diplômés deux ans après la fin de leurs études. De même, 95 % de la cohorte de 2008 avaient toujours une adresse canadienne après deux années d’exercice.

En examinant le lieu de résidence des diplômés de 2011 deux ans après la fin de leurs études, Mme Buske a constaté que les médecins tendaient à rester dans la localité où ils avaient fait leurs études postdoctorales davantage qu’à l’endroit où ils avaient fait leurs études de premier cycle.

« En d’autres termes, si un médecin fait ses études de premier cycle dans sa province d’origine, mais qu’il termine ses études postdoctorales dans une autre région, il est plus probable qu’il décide de pratiquer dans cette dernière », a-t-elle dit.

Cela est particulièrement frappant au Canada atlantique, qui a gardé 60 % des diplômés des écoles de médecine Dalhousie et Memorial, mais 77 % des médecins qui ont terminé leur formation dans la région.

Le taux de rétention des nouveaux médecins dans la région où ils ont terminé leur formation postdoctorale est le plus élevé dans l’Ouest, à 83 %.

L’analyse conclut en ces termes : « Bien que la rétention des médecins ayant récemment terminé leurs études postdoctorale puisse varier par région, tout indique dans l’ensemble que le Canada réussit très bien à garder au pays les diplômés de ses écoles de médecine. »

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