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Les Canadiens sont prêts à parler de la fin de vie et de la mort

Les Canadiens veulent avoir une discussion franche et ouverte sur les enjeux liés à la fin de vie et à la mort.

C’est le message que l’Association médicale canadienne a entendu à maintes reprises lors d’une série d’assemblées publiques de consultation tenues partout au pays, auprès de plusieurs centaines de personnes.

Les résultats de ces consultations, qui prévoyaient également des échanges en ligne et sur les médias sociaux, ont été rendus publics par l’AMC dans le rapport « Les soins de fin de vie : un dialogue national ».

« Nous avons décidé d’écouter ce que les Canadiens avaient à dire sur les enjeux importants liés aux soins prodigués en fin de vie, et ils se sont empressés de le faire », a dit le président de l’AMC, le Dr Louis Hugo Francescutti, qui était présent aux cinq assemblées.

Le rapport cite un certain nombre de participants, qui ont parlé des excellents soins palliatifs prodigués à différents endroits au pays, mais aussi d’autres qui ont relaté des « histoires d’horreur » sur de mauvais soins de fin de vie reçus par des proches.

Le rapport présente un certain nombre de conclusions tirées des consultations, notamment :

  • Tous les Canadiens devraient discuter des volontés de fin de vie avec leur famille ou d’autres êtres chers.
  • Tous les Canadiens devraient élaborer des directives préalables appropriées et exécutoires dans la province ou le territoire où ils vivent.
  • Il faut développer une stratégie nationale sur les soins palliatifs.
  • Tous les Canadiens devraient avoir accès à des services de soins palliatifs appropriés.
  • Il faut mieux former les étudiants en médecine, les médecins résidents et les médecins praticiens sur les approches et services de soins palliatifs, et sur les directives préalables.
  • Si l’on modifie la loi canadienne pour permettre l’euthanasie ou l’aide médicale à mourir, il faudra établir des garanties et des protocoles rigoureux afin de protéger les personnes et les populations vulnérables.

Des spécialistes des soins palliatifs qui ont pris la parole aux assemblées ont souligné l’importance d’offrir des services de soins palliatifs exhaustifs à tous les Canadiens, précisant que, souvent, tout « s’écroule » hors des grands centres urbains.

Sur la question des directives préalables, on peut lire dans le rapport que « les participants [aux assemblées] étaient pratiquement tous d’accord quant à l’importance des directives préalables et à la nécessité de discuter avec les membres de leur famille et avec d’autres êtres chers de leurs volontés quant aux soins de fin de vie à différents stades de leur vie ».

« Bien que ces assemblées aient démontré que les Canadiens ont souvent des points de vue diamétralement opposés sur la question controversée de l’euthanasie et de l’aide médicale à mourir, il est clair qu’ils s’entendent sur nombre d’autres questions importantes, de la pertinence des directives préalables à la nécessité d’avoir une stratégie exhaustive sur les soins palliatifs au Canada », souligne le rapport.

« Les gens sont conscients de l’importance de parler de la mort et veulent avoir plus d’information et de ressources pour encadrer ces discussions », a précisé le Dr Francescutti.

« Avec le projet de loi 52 au Québec et la décision de la Cour suprême du Canada dans une affaire mettant en cause l’aide médicale à mourir qui doit être rendue cet automne, ce rapport ne pourrait être plus opportun », a dit le Dr Francescutti.

« Les conclusions présentées dans le rapport vont guider non seulement l’AMC à la réunion de son Conseil général en août, mais aussi, je l’espère, les politiciens et les décideurs, qui ont l’obligation d’écouter ce que les Canadiens ont à dire sur la question. »

Le rapport a été publié le même jour où l’AMC a déposé sa demande de statut d’intervenante devant la Cour suprême sur la question de l’aide médicale à mourir, en qualité d’amie de la cour afin d’assurer que l’information recueillie lors des assemblées publiques sera prise en considération.

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