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L’AMC alarmée par des mesures gouvernementales

L’Association médicale canadienne (AMC) s’inquiète face à des mesures prises récemment par les gouvernements du Québec et de l’Ontario pour limiter unilatéralement la capacité des médecins d’offrir des soins optimaux.

« La nouvelle mesure législative proposée au Québec et les mesures prises récemment en Ontario illustrent une tendance alarmante : des gouvernements qui refusent de collaborer avec les associations médicales afin de mieux gérer le système de santé », a dit le président de l’AMC, Chris Simpson.

Au Québec, une mesure législative présentée l’année dernière – le projet de loi 20 – propose d’imposer une série de restrictions aux médecins de la province, notamment en obligeant les médecins de famille et les spécialistes à avoir un nombre de patients minimal et en augmentant la charge de travail des spécialistes dans les hôpitaux. Un autre projet de loi – le projet de loi 10 – donnerait de nouveaux pouvoirs massifs au ministre de la Santé. Ces deux mesures législatives sont actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale.

Les médecins de famille du Québec seraient obligés de respecter des cibles précises quant au nombre de patients traités, sans quoi ils se verraient retirer jusqu’à 30 % des paiements par capitation reçus pour chaque patient.

En Ontario, le gouvernement provincial vient d’imposer une série de mesures visant à limiter la facturation par les médecins, après que l’Association médicale de l’Ontario (AMO) ait eu rejeté la dernière offre du gouvernement dans le cadre des négociations en cours depuis le 31 mars 2014.

L’offre rejetée par l’AMO prévoyait une réduction des honoraires des médecins de 580 millions de dollars sur deux ans. L’AMO a soutenu que l’offre fixait arbitrairement, pour le budget des services des médecins, une limite inférieure de plus de 80 millions de dollars au taux actuel, et financerait une croissance maximale de 1,25 % par année, même si l’on prévoit que le taux de croissance de la demande sera de 2,7 %. L’AMO a aussi dit que le gouvernement comptait récupérer les paiements aux médecins en cas de dépassement du plafond budgétaire.

À la suite de l’annonce faite par l’AMO, le gouvernement provincial a annoncé qu’il réduisait immédiatement de 2,65 % tous les paiements aux médecins.

En outre, le gouvernement a dit qu’il éliminait le financement de l’éducation médicale continue, réduisait les paiements pour les visites aux cliniques sans rendez-vous, supprimait les primes pour l’acceptation de nouveaux patients en bonne santé, et limitait le nombre de médecins de famille qui peuvent se joindre à des équipes de santé familiale dans les régions biens desservies.

« Les mesures prises par le Québec et l’Ontario marquent un retour à la triste époque où les gouvernements provinciaux avaient recours à des tactiques radicales à l’égard des médecins afin de contrôler leurs budgets », a dit le Dr Simpson.

« La mesure législative proposée au Québec et les mesures prises en Ontario ne pourront qu’avoir des répercussions négatives sur le soin des patients, et vont aliéner les médecins qui déploient des efforts pour trouver des moyens d’offrir les soins de façon plus efficace. »

Le Dr Simpson a dit que l’AMC souhaite que les gouvernements du Québec et de l’Ontario reprennent des discussions constructives avec les associations médicales afin de déterminer comment ils peuvent collaborer dans le but de trouver des solutions novatrices et constructives pour relever les défis auxquels le système de santé est confronté dans toutes les régions du pays.

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