Connexion

L’AMC témoigne devant le comité d’étude sur l’aide à mourir

L’Association médicale canadienne (AMC) a témoigné devant le comité d’étude fédéral indépendant chargé d’étudier la réponse du gouvernement fédéral à la décision de la Cour suprême légalisant l’aide à mourir.

Mis sur pied à la mi juillet par l’ancien gouvernement conservateur, le Comité externe de trois membres sur les options de réponse législative à l’affaire Carter c. Canada a interrompu ses consultations directes peu après, jusqu’à la fin de la campagne électorale fédérale.

« Nous estimons qu’il importe de présenter le point de vue de l’AMC qui découle de consultations détaillées de ses membres, du public et des intervenants des milieux de la santé et de la médecine tenues au cours de la période qui a précédé et suivi la décision rendue par la Cour suprême en février dernier », a déclaré au comité la présidente de l’AMC, Cindy Forbes.

« Le temps passe et il est urgent d’aborder les nombreux enjeux qu’il faut régler avant l’entrée en vigueur de la décision de la Cour suprême dans quatre mois », a déclaré la Dre Forbes.

« À cet égard, l’AMC est bien placée pour faire preuve de leadership et montrer la voie pour le compte de la profession médicale au Canada. »

Dans son mémoire, l’AMC a déclaré que l’Association « recommande vivement l’établissement de processus et de systèmes législatifs et réglementaires nationaux et coordonnés pour répondre à la décision Carter ».

« L’AMC craint vivement que si le fédéral n’intervient pas pour appuyer l’établissement de lignes directrices nationales sur l’aide à mourir, une mosaïque de stratégies différentes et éventuellement contradictoires ne fasse son apparition entre les administrations. »

L’AMC a basé son mémoire sur un document intitulé Approches fondées sur des principes pour encadrer l’aide à mourir au Canada produit en consultation avec les ordres nationaux des médecins et terminé à la suite du débat qui s’est tenu au cours de l’assemblée annuelle du Conseil général de l’AMC en août.

Le mémoire présenté au comité fédéral porte d’abord sur la partie des recommandations traitant de l’enjeu important que constitue l’objection de conscience des médecins qui décident de ne pas aider leurs patients à mourir.

À cet égard, l’AMC est d’avis que : « Afin de réconcilier l’objection de conscience des médecins et l’accès des patients à l’aide à mourir, on s’attend à ce que les médecins fournissent aux patients des renseignements complets sur toutes les options possibles, y compris l’aide à mourir, et leur indiquent comment avoir accès à toute information centrale distincte, à des conseils et à des services de recommandation. »

L’AMC a aussi insisté sur le besoin de former davantage les médecins au sujet de la grande question que constitue l’aide à mourir et a déclaré qu’avec l’appui du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, du Collège des médecins de famille du Canada et de l’Association canadienne de protection médicale, elle prend la barre pour créer des modèles d’éducation des médecins.

L’AMC a conclu son mémoire en signalant qu’au cours du CG en août, les délégués ont approuvé une résolution préconisant la « publication sans condition » du rapport final du comité et elle a exhorté les membres du comité à appuyer cette recommandation.

Sous la direction du gouvernement de l’Ontario, les gouvernements provinciaux et territoriaux (à l’exception de ceux du Québec et de la Colombie-Britannique) ont aussi mis sur pied un groupe chargé de formuler des commentaires sur les enjeux liés à la décision de la Cour suprême du Canada.

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.