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Une fois de plus, l’AMC assainit l’air en ce qui concerne la marijuana

Alors que la consommation de marijuana demeure un enjeu politique majeur, le président de l’Association médicale canadienne, le Dr Chris Simpson, a fait une déclaration détaillée sur la position de l’AMC, immédiatement après l’assemblée du Conseil général de l’Association et en réponse à des commentaires publiés dans la presse par l’homme d’affaires conservateur David Asper.

Dans son article, M. Asper soutient que l’AMC fait preuve de « mauvaise foi» en se joignant à deux autres organisations médicales nationales et en refusant de soutenir une campagne menée par Santé Canada sur les dangers que pose pour les jeunes la consommation de marijuana à des fins récréatives.

Bien que l’AMC ait été louangée par de nombreux délégués pour sa séance d’éducation sur la marijuana médicale à la rencontre du CG, ces éloges ont été éclipsés aux yeux du grand public par les critiques continues de la position de l’AMC par la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, et d’autres intervenants.

Répondant directement aux propos de M. Asper, le Dr Simpson a fait une déclaration l’invitant à prendre en considération les « éléments et les faits au-delà de la perspective du gouvernement fédéral », notamment :

  • Les préoccupations face à l’essor fulgurant de l’industrie de la marijuana à des fins médicales. On voit même des détaillants de marijuana rendre visite aux cabinets des médecins pour tenter de convaincre ceux-ci de prescrire ce produit, malgré la rareté des preuves cliniques au sujet de son innocuité. À l’assemblée du CG, la nouvelle présidente désignée de l’AMC, la Dre Cindy Forbes, a soulevé cette préoccupation en parlant de son expérience personnelle, et le dirigeant de la Fédération des ordres des médecins du Canada a indiqué que le gouvernement fédéral allait bientôt interdire ces visites par les détaillants.
  • Le fait que la marijuana n’ait pas été approuvée à des fins médicales par le gouvernement fédéral, comme ce doit être le cas pour tous les médicaments d’ordonnance. De plus, même si la marijuana peut avoir des effets bénéfiques pour certains patients, en l’absence de nouvelles données cliniques sur la sécurité et l’efficacité, l’AMC estime que l’on demande aux médecins de prescrire ce produit « aveuglément ». Fait intéressant, lors de son discours devant les délégués à l’assemblée de l’AMC, la ministre Ambrose a félicité l’approche « fondée sur des preuves » préconisée par les médecins, sans toutefois faire référence à la marijuana médicale.
  • Les effets néfastes pour la santé de la consommation de marijuana sous forme de fumée inhalée. Une résolution adoptée à l’assemblée du CG a affirmé l’opposition de l’AMC à l’inhalation de fumée de combustion de toute matière végétale.

Le Dr Simpson a rappelé pourquoi l’AMC, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada ont refusé de participer à la campagne de Santé Canada.

Pour participer, a-t-il précisé, l’AMC devrait signer un accord de confidentialité « qui limiterait la capacité de l’organisation de s’exprimer librement sur la campagne et la question en jeu ».

Il a également souligné que l’on perçoit de plus en plus la question de la consommation de marijuana par les jeunes comme un enjeu politique plutôt qu’une question de santé publique, en raison des attaques du gouvernement contre les déclarations de Justin Trudeau à ce sujet.

« En tant qu’organisation non partisane, l’AMC ne soutient pas les partis politiques et, compte tenu du retrait de deux autres organisations médicales, elle a préféré ne pas participer à cette campagne financée par le gouvernement », a ajouté le Dr Simpson.

« Nous sommes en faveur de l’éducation des jeunes Canadiens aux effets de la marijuana. Et nous attendons que la controverse politique se termine afin qu’il soit possible de reprendre ce processus d’éducation. »

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