Connexion
Résumé du sondage du Forum électronique

L’établissement électronique des ordonnances

Résumé

L’AMC a sondé les membres du Forum pour en savoir davantage sur ce qu’ils pensent de l’établissement électronique des ordonnances, outil créé afin d’accroître la sécurité des médicaments et l’observation du traitement, la qualité de la collaboration entre médecins et pharmaciens, ainsi que le suivi du système de santé et son rendement global. Les résultats donnent un aperçu des méthodes d’établissement d’ordonnances que privilégient les répondants et des obstacles qui les empêchent de produire des ordonnances par des moyens électroniques, de même que des améliorations possibles de cet outil. Nous résumons ci dessous les résultats du sondage des membres du Forum électronique.

Sondage – Juin 2014

Le questionnaire a été envoyé à 2799 membres du Forum électronique, dont 404 ont répondu, ce qui donne un taux de réponse de 14 %.

Définitions

Ordonnances électroniques : Ordonnances produits et transmises par des moyens électroniques protégés entre un prescripteur autorisé et la pharmacie choisie par le patient, au moyen du dossier médical électronique (DME) clinique et d’un logiciel de gestion de pharmacie.

Télécopie automatique : Ordonnance produite par le système de DME d’un prescripteur ou par son ordinateur et envoyée au télécopieur d’une pharmacie, portant la signature électronique du prescripteur.

Télécopie : Ordonnance imprimée par le système de dossier médical électronique (DME) ou par l’ordinateur d’un prescripteur et que celui ci a signée individuellement avant qu’elle soit télécopiée à la pharmacie.

Imprimé : Ordonnance imprimée par le système de dossier médical électronique (DME) ou par l’ordinateur d’un prescripteur, que celui ci a signée individuellement et remise au patient pour qu’il la présente à sa pharmacie.

Résultats

Les résultats du sondage indiquent que les répondants n’établissent pas couramment les ordonnances par des moyens électroniques : 7 % seulement ont déclaré le faire. Les répondants signalent prescrire plus souvent par d’autres moyens. Les outils d’établissement électronique des ordonnances ne sont pas uniformément accessibles dans le système de santé et là où ils le sont, seuls quelques répondants souhaitent les utiliser. Même ces outils peuvent offrir des avantages aux médecins et aux patients, leur utilisation pose des défis importants.

Fréquence de l’établissement d’ordonnances et méthodes utilisées

Lorsqu’on demande aux répondants combien d’ordonnances ils rédigent par jour, leurs réponses varient : 34 % en rédigent moins de 10, 35 %, de 10 à 20, 29 %, plus de 20 et 2 % n’en rédigent pas. Les répondants ont déclaré utiliser tout un éventail de méthodes pour prescrire : les moyens ci dessous sont classés par ordre décroissant d’utilisation :

  • téléphone (p. ex., le médecin ou prescripteur appelle) (75 %)
  • ordonnance manuscrite remise au patient (68 %)
  • imprimé produit par le DME ou l’ordinateur (59 %)
  • ordonnance manuscrite télécopiée à la pharmacie (53 %)
  • télécopie produite par le DME ou l’ordinateur (26 %)
  • télécopie automatique produite par le DME ou l’ordinateur (14 %)
  • établissement électronique des ordonnances (7 %)
  • autre moyen (7 %)
  • ordonnances envoyées électroniquement à un système provincial d’information sur les médicaments (SIM) (3 %)

La plupart des répondants (76 %) ne produisent jamais d’ordonnance télécopiée automatiquement ou imprimée portant leur signature électronique. Parmi ceux qui le font, la fréquence à laquelle ils reçoivent des pharmacies une demande de vérification de leur signature électronique varie : 32 % déclarent ne jamais en recevoir, 28 % en recevoir rarement, 26 %, parfois, 26 %, souvent et 8 %, la majeure partie du temps ou toujours.

Outils

Les participants ont déclaré utiliser tout un éventail d’outils pour le soin des patients, même s’ils ne sont pas accessibles pour tous :

  • les rappels électroniques portant sur les soins recommandés pour les patients sont utilisés le plus couramment dans un dossier médical électronique (34 %) et ne sont pas disponibles ou accessibles pour 52 % des répondants;
  • on utilise le plus souvent un logiciel d’information sur les médicaments et de gestion dans un dossier médical électronique (34 %), moyens qui ne sont pas disponibles ou accessibles pour 30 % des répondants;
  • on utilise le plus souvent des outils électroniques d’aide à la décision clinique sur des appareils mobiles (38 %), qui ne sont pas disponibles ou accessibles pour 33 % des répondants;
  • les listes électroniques de tous les médicaments que prend un patient donné sont utilisées le plus souvent dans un dossier médical électronique (28 %) et ne sont pas disponibles ou accessibles pour 47 % des répondants;
  • les avertissements électroniques au sujet des interactions médicamenteuses indésirables ou des contre-indications sont utilisés le plus souvent dans un système de dossier médical électronique (41 %) et ne sont pas disponibles ou accessibles pour 44 % des répondants;
  • l’accès électronique aux résultats de tests de laboratoire est utilisé le plus souvent dans un système de dossier médical électronique (73 %) et n’est pas disponible ou accessible pour 16 % des répondants;
  • le transfert électronique entre le médecin et d’autres professionnels de la santé, dans les deux sens, de renseignements médicaux cliniques au sujet du patient par un moyen protégé est utilisé le plus souvent dans un

système de dossier médical électronique (25 %) et n’est pas disponible ou accessible pour 66 % des répondants.

Utilisation des systèmes provinciaux électroniques d’information sur les médicament (SIM)

Les répondants affirment en majorité (57 %) que leur cabinet ne consulte jamais un système provincial électronique d’information sur les médicaments (SIM), tandis que les autres affirment consulter un tel système à une fréquence allant de plusieurs fois par mois (8 %) à tous les patients (6 %). Si les répondants n’utilisent jamais un SIM provincial électronique, c’est le plus souvent parce qu’ils n’y ont pas accès. Pour ceux qui les utilisent, le temps écoulé depuis qu’ils ont commencé à utiliser un SIM varie, 23 % l’utilisant depuis moins d’un an, 28 %, depuis 1 à 2 ans, 28 %, depuis 2 à 5 ans et 21 %, depuis 6 ans ou plus. La plupart des répondants (56 %) déclarent que ces systèmes leur fournissent l’information sur les patients dont ils ont besoin pour pratiquer. Le fureteur Web est le moyen le plus populaire (43 %) d’accéder au SIM, suivi de l’intégration dans le DME local (16 %), d’autres moyens (16 %), d’un bouton de lancement dans le DME (14 %) et d’une application de tiers (12 %).

Les avantages des ordonnances électroniques

Les avantages les plus populaires des ordonnances électroniques mentionnés par les répondants sont les suivants :

  • Réduction des erreurs et amélioration de la sécurité des patients
  • Réduction de la possibilité de falsification et d’altération
  • Amélioration de la précision de la tenue des dossiers, liens avec les DME
  • Lisibilité accrue
  • Rapidité et commodité
  • Sécurité et protection des renseignements personnels

Défis posés par les ordonnances électroniques

Les défis les plus courants posés par les ordonnances électroniques mentionnés par les répondants sont les suivants :

  • Aucun accès à l’établissement électronique des ordonnances
  • Manque de capacité des pharmacies (39 % n’ont jamais trouvé une pharmacie capable de recevoir et d’authentifier les ordonnances électroniques)
  • Difficulté posée par la coordination avec les pharmacies (p. ex., pharmacies qui demandent une preuve de signature, manque de confirmation de l’envoi et de la réception de l’ordonnance)
  • Problèmes de technologie et mauvais fonctionnement du système
  • Temps nécessaire
  • Sécurité et protection des renseignements personnels
  • Coût

Échantillon des commentaires des répondants au sujet de l’établissement électronique des ordonnances)

« J’attends avec impatience une façon appropriée et facile à utiliser de transfert électronique des ordonnances à la pharmacie. C’est plus qu’une question de temps. Je travaille dans des régions vraiment éloignées – île de Baffin, lac Baker – les services Internet et téléphoniques sont erratiques ou, au mieux, ne sont pas vraiment fiables. »

« Élimine l’altération, les problèmes d’écriture, améliore la sécurité des patients. »

« Ordonnances protégées, sécuritaires et rapides qu’il est impossible d’altérer ou de perdre. J’ai pu constater les avantages quand je travaillais ailleurs (je n’ai pas de service ici) : précision accrue des posologies et intervalles; facilité à déterminer ce que prend un patient n’importe quand; avertissements sur les interactions médicamenteuses possibles. »

« Efficacité et précision des renouvellements très améliorées et aide générée par le DME. »

« Je n’ai jamais prescrit ainsi. Nous pouvons rédiger des ordonnances dans notre dossier électronique. Elles sont ensuite imprimées et remises aux patients. Il y aurait des problèmes notamment de compatibilité entre le DME et le logiciel de la pharmacie, le manque de connectivité appropriée entre mon bureau et mon DME à la clinique de l’hôpital, la rémunération pour rédiger des ordonnances électroniques. »

« Volonté des pharmaciens de participer (y compris leurs organismes de réglementation), manque de capacité d’utiliser même la production de télécopies pour des triplicatas comme dans le cas des stupéfiants, manque de progrès dans le réseau provincial de DME et les systèmes d’information des pharmacie. »

« Rien de majeur – c’est vraiment excellent. Quelques pharmaciens (très peu nombreux) sont très tatillons quant à la présentation de ces ordonnances. Lisibilité et rapidité. Commode pour mes patients et moi-même. J’adore!! »

« Temps; temps; temps : le temps passé à fouiller dans la base de données du DME pour trouver le médicament et la posologie, et le fait que les indications pour le patient à inscrire sur l’étiquette du contenant du médicament tendent à être d’une longueur excessive. La création de listes de favoris personnalisées aide certainement, mais elle ne sera jamais plus rapide que le simple fait de rédiger l’ordonnance à la main. »

« Je pense que nous nous précipitons trop rapidement vers le dossier électronique sans vraiment aborder les enjeux liés à la vie privée et à la confidentialité. Tous les fournisseurs de soins de santé n’ont pas besoin d’avoir accès à toute cette information et on oublie les risques d’abus. »

« …peut-être, s’il y avait un système provincial comme à Terre-Neuve. Pourrait m’intéresser s’il ne me coûtait rien. »