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La formation postdoctorale en médecine familiale gagne en popularité

La disponibilité croissante de postes de formation postdoctorale en médecine familiale se reflète dans une nouvelle analyse des tendances proportionnelles des postes de spécialité financés au cours des vingt dernières années.

Le résumé d’analyse, produit par le Système informatisé sur les stagiaires post-M.D. en formation clinique (CAPER), montre que le nombre de stagiaires postdoctoraux en médecine familiale financés par les ministères est passé de 23 à 25 % de tous les postes financés dans le continuum de formation entre 1995-1996 et 2014-2015.

Il semble que cette augmentation se soit faite au détriment des postes financés dans les spécialités chirurgicales, qui ont chuté de 23 à 19 % de tous les postes financés au cours de la même période.

Le résultat de l’augmentation des postes en médecine familiale est également observé dans l’analyse de l’ensemble des stagiaires postdoctoraux de première année, leur nombre ayant augmenté de 91 % en médecine familiale entre 2004 et 2014. Au cours de la même période, le nombre de stagiaires postdoctoraux de première année en chirurgie générale a diminué de 11 %.

La Dre Geneviève Moineau, présidente-directrice générale de l’Association des facultés de médecine du Canada, a déclaré que ces statistiques reflétaient une évolution positive vers l’augmentation du nombre de médecins de famille.

« La médecine familiale est devenue une spécialité très intéressante », a affirmé la Dre Moineau en entrevue téléphonique. « Je crois que l’augmentation des postes en médecine familiale est très bien accueillie par ceux d’entre nous qui s’efforcent d’assurer un mélange judicieux, une répartition appropriée et un nombre suffisant de médecins. »

La présidente de l’Association médicale canadienne (AMC), Cindy Forbes, qui est médecin de famille, a récemment présidé une séance au Conseil général de l’AMC sur la façon de déterminer la répartition adéquate de diplômés des facultés de médecine du Canada pour répondre aux besoins de la société, est du même avis que la Dre Moineau sur la nature positive de cette tendance dans les postes financés.

« Ces données montrent que les gouvernements et les facultés de médecine ont reconnu le rôle essentiel de la médecine familiale dans la prestation des soins de santé au Canada », a affirmé la Dre Forbes.

Selon la Dre Moineau, il faut toutefois déployer davantage d’efforts pour ajuster la proportion de médecins formés dans divers domaines puisque ce ne sont pas tous les Canadiens, encore aujourd’hui, qui ont leur propre médecin de famille.

La Dre Moineau a précisé que le rapport ne fournissait pas de renseignements détaillés sur les tendances provinciales ou régionales étant donné que les données étaient agrégées à l’échelle nationale. Elle a ajouté que certaines provinces comme le Québec ont exprimé leur intention de veiller à ce que les médecins de famille constituent au moins 50 % de l’ensemble des médecins formés dans la province.

« Voilà une tendance qui devrait dorénavant se manifester dans toutes les provinces », a-t-elle dit.

Selon la Dre Moineau, le déclin du nombre de postes financés dans les spécialités chirurgicales au cours des vingt dernières années pourrait refléter la volonté des gouvernements de ne produire que le nombre de chirurgiens requis en fonction de l’espace disponible en salle d’opération et de la disponibilité de personnel de soutien en chirurgie.

Les tableaux de l’analyse produite par CAPER montrent également une légère hausse du nombre de postes financés pour toutes les spécialités médicales entre 1995 et 2014. Toutefois, une augmentation phénoménale du nombre de stagiaires postdoctoraux de première année dans les domaines de la dermatologie et de la chirurgie plastique a également été observée, le nombre de stagiaires optant pour ces spécialités ayant augmenté de 200 % et de 100 % respectivement entre 2004 et 2014.

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