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La formation postdoctorale : bien comprendre les chiffres

Une séance stratégique spéciale du Conseil général de cette année s’est penchée sur le défi de l’appariement des postes de résidence aux besoins de la société.

La séance, organisée en partenariat avec Médecins résidents du Canada (MRC) et la Fédération des étudiants et étudiantes en médecine du Canada, a aussi abordé le problème inquiétant du nombre croissant de médecins sans emploi ou sous-employés dans certaines spécialités.

« Les chiffres sont très préoccupants », a déclaré une conférencière, la Dre Melanie Bechard, diplômée en médecine de la promotion de 2015 et résidente en pédiatrie, en faisant allusion au nombre grandissant de diplômés des facultés de médecine canadiennes qui ne trouvent pas de poste de résidence et de la répartition inadéquate des résidents et des débouchés pour la pratique.

Elle a aussi souligné le nombre disproportionné de postes de résidence par rapport au nombre de diplômés en médecine.

L’offre inadéquate de conseils sur les choix de carrière a aussi été documentée par la Dre Bechard, qui a cité un récent sondage indiquant que presque la moitié des répondants estimaient ne pas avoir suffisamment d’information sur les choix de carrière avant de terminer leurs études. Elle affirme qu’il est nécessaire d’offrir un counseling de meilleure qualité, fondé sur des données solides.

La Dre Ashley Miller, vice-présidente de Médecins résidents du Canada, a reconnu que le système de formation médicale au Canada est « incroyablement complexe » et qu’il est « profondément difficile » pour les éducateurs de conseiller les résidents sur leurs décisions de carrière à cause de l’absence de données.

« C’est un très long parcours », a-t-elle ajouté, en soulignant qu’il faut beaucoup de temps pour former un étudiant afin qu’il puisse devenir un médecin à part entière et que, pour cette raison, le recrutement en médecine est souvent réactif.

De l’avis des médecins résidents, a-t-elle dit, la pierre angulaire de la formation postdoctorale consistera à assurer la bonne composition des effectifs médicaux ainsi que la bonne répartition et le bon nombre de médecins pour répondre aux besoins de la société.

La Dre Bechard et la Dre Miller ont toutes deux souligné l’importance d’une démarche nationale en la matière, vu la transférabilité du permis d’exercice au Canada, mais la Dre Miller a précisé que la concurrence entre les provinces et les territoires risquait d’entraver la coordination nationale.

Elle a présenté quelques-unes des solutions proposées par MRC, notamment :

  • La création d’un groupe de travail sur la planification des effectifs médicaux
  • Une réinvention de la prestation des services incorporant notamment les soins en équipe et des auxiliaires médicaux
  • Des investissements importants dans la production de données pour informer la planification
  • Une évaluation factuelle de l’attribution et de la répartition des postes de résidence

Dans la salle bondée, plusieurs étudiants en médecine et médecins résidents se sont rendus au micro pour exprimer leur point de vue sur les questions stratégiques à l’étude, telles que les moyens d’offrir suffisamment de capacité dans le système de formation médicale postdoctoral.

Le Dr Hugh Scully, un ancien président de l’AMC et président de deux études importantes sur la planification des effectifs médicaux, a répété qu’il s’impose de créer un institut national sur les ressources humaines en santé afin de mieux intégrer les données sur les effectifs médicaux.

« J’exhorte l'AMC à soutenir ses jeunes membres parce que, franchement, nous en avons besoin », a déclaré Connor Sommerfeld, un étudiant en 4e année de médecine à l'Université du Manitoba, faisant allusion aux récentes compressions de postes de formation postdoctorale en Ontario.

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