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​Aider les médecins et les étudiants en médecine à se préparer à la représentation : le programme de formation repensé de l’AMC attire de nombreux participants

Pour nombre de Canadiens, les soins de santé sont un enjeu électoral majeur. Dans un sondage préélectoral réalisé par Ipsos Reid, 40 % des répondants ont indiqué que les soins de santé étaient le facteur qui influençait le plus leur vote. Lors des élections d’octobre dernier en Nouvelle-Écosse, la foule présente aux débats des chefs agitait des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Plus de médecins! » À l’approche de l’élection fédérale de 2019, le moment est particulièrement bien choisi pour les médecins et les étudiants en médecine canadiens qui souhaitent obtenir du soutien pour leurs idées concernant l’amélioration des soins de santé.

Dans cette optique, l’AMC a repensé son programme de formation en techniques de représentation afin d’aider les médecins à acquérir les compétences et les connaissances dont ils ont besoin pour défendre efficacement leurs dossiers. Depuis janvier, l’équipe a visité 15 facultés de médecine à travers le Canada; cet automne, elle augmentera encore son rayonnement en animant une séance pour la Société de pédiatrie de la C.-B. Nous avons rencontré Holly Duggan et Kelsey Shein, agentes de formation, pour en discuter plus en profondeur.

La clef de voûte du programme : « Portrait de la représentation »
Au cœur du programme d’introduction de 90 minutes se trouve ce que Mmes Duggan et Shein appellent le « portrait de la représentation », un processus en cinq étapes d’organisation d’une campagne de représentation efficace. L’équipe s’appuie sur différents exemples récents au sein de l’AMC (comme les soins aux aînés) pour expliquer le processus, puis demande aux participants de l’utiliser pour tester leurs propres idées, de l’assurance médicaments à la gratuité des stationnements des hôpitaux en passant par les cliniques mobiles. L’objectif : fournir aux participants une panoplie de stratégies à exploiter pour mettre en œuvre leurs propres idées.

Définir clairement son objectif dès le début
D’entrée de jeu, les participants réalisent souvent que leur objectif est trop général; l’équipe Collaboration les aide à mieux le cibler. « Nous demandons aux participants : “D’accord, vous essayez de résoudre un problème précis, mais qu’est-ce que vous cherchez à faire exactement?” », explique Mme Duggan. Qu’il s’agisse simplement de sensibiliser la population à un enjeu ou encore de susciter des changements politiques et législatifs, chaque objectif comporte des particularités que les participants se doivent de comprendre.

Pour commencer : pensez local
Les participants sont souvent convaincus qu’ils doivent rencontrer le ministre de la Santé pour proposer des changements aux politiques. Mmes Shein et Duggan recommandent vivement aux participants de commencer par leur député : « Votre député peut rapporter vos propos à Ottawa et communiquer avec d’autres personnes qui entendent la même chose dans leur circonscription, ou proposer ses propres idées de solutions. C’est souvent ainsi que le changement peut germer », explique Mme Duggan.

L’engagement ne devrait pas être intimidant
Beaucoup de participants ne conçoivent pas à quel point il est facile de rencontrer leurs dirigeants politiques. Mmes Duggan et Shein rappellent qu’être à l’écoute de leurs électeurs est une partie essentielle du travail de ces derniers. « N’oubliez pas qu’en fin de compte, ils veulent vous rencontrer et connaître les lacunes et les problèmes auxquels vous devez quotidiennement faire face », ajoute Mme Duggan. L’équipe Collaboration encourage les participants à envisager différents moyens de rencontrer leur député en personne : la participation à un barbecue estival ou à une collecte de fonds peut être aussi efficace qu’une rencontre officielle.

Ne pas sous-estimer le pouvoir de la parole
Les participants demandent souvent quels documents stratégiques ils doivent apporter à une rencontre avec leur député. La réponse est simple : aucun. Souvent, ce qui est le plus efficace, c’est le récit d’une histoire vécue (par les médecins eux-mêmes ou leurs patients) qui illustre le besoin de changement. Selon Mme Shein, « Les données brutes ne sont pas aussi parlantes que les récits, et un député ne peut pas s’en servir de la même façon. Le récit d’une histoire vécue, ça va droit au cœur, et ça peut changer la façon de penser des Canadiens ».

Ce que l’équipe de l’AMC a à offrir
Après neuf ans de travail avec les députés et les sénateurs à la Colline du Parlement, Holly Duggan a assisté à des centaines de rencontres avec des parties prenantes, et elle a constaté par elle-même ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. « Les médecins sont des sources intarissables de connaissances et de recherches. Le programme [de représentation] vise surtout à les aider à adapter leur message à la politique en général, en allant au-delà des politiques précises, pour vraiment susciter l’intérêt des décideurs », précise Mme Duggan.

Durant sa carrière, Kelsey Shein a dirigé le bureau de circonscription d’un député à Kelowna et a été à la tête d’une équipe de rayonnement auprès des électeurs lors d’une campagne à la direction nationale. En tant que membre de l’équipe Collaboration, elle revient toujours à l’importance d’établir une relation avec le député local. « Ça ne veut pas dire que vous devez devenir les meilleurs amis du monde. Mais établir un lien personnel est important, et ça se fait souvent en personne, pas par courriel. »

Le programme de formation en techniques de représentation est actuellement offert sur demande. Pour en savoir plus ou pour planifier une séance, envoyez un courriel à surleterrain@amc.ca.

 

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