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L’aide médicale ne doit pas causer une fragmentation des soins

La façon dont le Canada peut offrir une aide médicale humanitaire plus efficace à d’autres pays a fait l’objet d’un important atelier organisé récemment par l’Association médicale canadienne (AMC).

Les représentants de plus de 25 organisations médicales, universités, organismes non gouvernementaux et œuvres de bienfaisance participant à la rencontre ont conclu qu’il faut documenter les activités et les programmes canadiens existants avant d’élaborer un cadre national pour l’aide médicale.

Cet atelier a été organisé à la suite de la production d’un rapport pour l’AMC indiquant que des professionnels de la santé canadiens se rendent à l’étranger pour offrir de l’aide à des communautés pauvres à des fins strictement humanitaires. Le Canada est l’un des quatre principaux pays dont des médecins offrent bénévolement des services médicaux à court terme.

Le rapport souligne que « cette tendance soulève de nombreuses préoccupations professionnelles et éthiques, surtout à cause à la façon fragmentée, non coordonnée et ponctuelle dont cette aide est offerte par certains ».

L’atelier visait à donner suite à ces préoccupations et à discuter de façon plus approfondie de questions de formation, d’éducation, de professionnalisme et d’éthique liées à la prestation de l’aide médicale humanitaire.

Le Dr Jeff Blackmer, directeur exécutif de l’éthique, du professionnalisme et des affaires internationales de l’AMC – qui a aidé à organiser la rencontre – a dit que cet atelier était un point tournant pour aider la profession médicale canadienne à tenir plus efficacement ses engagements humanitaires envers les pays en développement.

« Nous avons beaucoup d’étudiants en médecine, de résidents et de médecins motivés et empressés d’aider, mais nous devons leur offrir de meilleurs outils et une meilleure formation », a-t-il dit.

La British Medical Association (BMA) est une spécialiste reconnue de la question, et Vivienne Nathanson, directrice des activités professionnelles de cette association, a prononcé les discours d’ouverture et de clôture de la rencontre.

Selon elle, le soutien offert par la BMA à ses membres qui font du bénévolat à l’étranger joue un rôle clé dans le succès des activités réalisées par les médecins britanniques dans des pays où la population gagne un revenu moyen ou faible. La BMA a notamment conçu une « boîte à outils » sur l’éthique à l’intention des étudiants en médecine.

Un autre intervenant, le Dr Shafik Dharmasi, professeur agrégé à l’Université de la Colombie-Britannique, a expliqué ce qui peut arriver si les bénévoles ne tiennent pas compte des valeurs culturelles et du respect de la dignité humaine.

Lisa Schwartz, professeure adjointe à l’Université McMaster, à Hamilton, en Ontario, a quant à elle souligné que de nombreux médecins et étudiants qui choisissent de faire du bénévolat à l’étranger peuvent ressentir une détresse morale. Elle a précisé que le taux d’attrition chez les bénévoles de Médecins Sans Frontières est d’au moins 50 %.

D’autres présentateurs ont parlé de l’importance de fournir une formation appropriée aux bénévoles et de la nécessité de maximiser les résultats du bénévolat de courte durée par la représentation, la recherche et l’innovation.

Mme Nathanson a conclu en disant qu’il faudrait créer une organisation canadienne chargée d’aider à coordonner les activités humanitaires et faire une recherche plus approfondie afin de déterminer où la médecine humanitaire pourrait avoir un effet optimal.

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