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Résumé d’un sondage des membres du Forum électronique

Le professionnalisme médical

Contexte

L’AMC a sondé les membres du Forum électronique afin d’en apprendre davantage sur ce qu’ils pensent de la question du professionnalisme médical. Les résultats brossent un tableau de la façon dont les médecins du Canada font preuve de professionnalisme, décrivent les mécanismes d’imputabilité en regard de la prestation des soins et perçoivent des possibilités d’améliorer cette imputabilité.

Sondage – Septembre 2015

Le sondage a été envoyé à 4 305 membres du Forum électronique et 858 ont répondu, ce qui donne un taux de réponse de 20 %.

Résultats

CanMEDS 2015 décrit ainsi le rôle de « professionnel » des médecins : engagement envers la santé et le bien-être des patients et de la société qui se traduit par une pratique conforme à l’éthique et par des normes élevées de comportement personnel, engagement envers la profession et son autoréglementation, et maintien de sa santé. Les résultats du sondage indiquent que ce sujet a été abordé au cours de la formation structurée de quelques répondants seulement. Les répondants proposent toutes sortes d’idées sur la façon d’améliorer le professionnalisme et le système de soins de santé, et émettent des opinions diverses sur l’autonomie de la profession.

Couverture du professionnalisme dans la formation structurée

Le pourcentage des répondants qui sont d’avis que la question du professionnalisme a été abordée dans leur formation structurée varie : 51 % déclarent que la couverture a été limitée ou nulle et 38 % affirment qu’elle a été bonne ou très bonne.

Opinion sur le rendement des pairs

On a demandé aux participants d’indiquer comment leurs pairs font preuve des attributs du professionnalisme. Voici les résultats :

  • cherchent des possibilités d’améliorer les soins de qualité (d’accord ou fortement d’accord : 72 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 7 %)
  • participent activement aux soins en collaboration (d’accord ou fortement d’accord : 69 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 11 %)
  • maintiennent et favorisent une culture de collégialité et de respect (d’accord ou fortement d’accord : 69 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 13 %)
  • recherchent des possibilités d’améliorer la sécurité des patients (d’accord ou fortement d’accord : 64 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 9 %)
  • traitent les patients comme des égaux dans la prise de décisions portant sur leur santé (d’accord ou fortement d’accord : 51 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 18 %)
  • font preuve d’un engagement envers leur santé personnelle (p. ex., adoptent un mode de vie sain, établissent un équilibre entre les exigences du travail et la vie personnelle) (d’accord ou fortement d’accord : 48 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 21 %)
  • participent à une autoévaluation périodique, p. ex., évaluation globale ou l’équivalent (d’accord ou fortement d’accord : 31 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 33 %)
  • reconnaissent les comportements non professionnels d’autrui et y réagissent (d’accord ou fortement d’accord : 31 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 35 %)

Outils d’évaluation du rendement

Les répondants sont partagés lorsqu’on leur demande s’ils disposent des outils nécessaires pour évaluer leur propre rendement, 54 % affirmant qu’ils les ont. Les répondants utilisent actuellement les outils suivants ou y ont accès :

  • Examens d’évaluation du rendement
  • Évaluations globales
  • Éducation médicale continue
  • Dossiers médicaux électroniques
  • Examen critique par les pairs
  • Vérifications
  • Évaluations par les ordres
  • Analyse comparative
  • Conférences

Les répondants ont aussi proposé tout un éventail de domaines où il faudrait appliquer et créer des outils :

  • Outils d’amélioration de la qualité
  • Statistiques sur le rendement
  • Évaluations globales
  • Évaluation par des patients et d’autres médecins
  • Évaluation des compétences non cliniques (p. ex., communication)
  • Éducation médicale continue
  • Sécurité des patients
  • Santé des médecins

Amélioration des soins axés sur les patients, de la qualité et de l’imputabilité, et des soins en collaboration

On a demandé aux participants d’indiquer dans quelle mesure ils appuient les concepts suivants pour améliorer les soins axés sur les patients, la qualité et l’imputabilité, et les soins en collaboration. Voici les résultats :

  • Les médecins doivent travailler au sein d'équipes multidisciplinaires intégrées dans de multiples milieux de soins et offrant des services sociaux et communautaires pour tenir compte des déterminants sociaux de la santé sous-jacents. (d’accord ou fortement d’accord : 76 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 10 %)
  • Les patients doivent être des partenaires égaux avec les médecins dans la prise de décision concernant leur santé. (d’accord ou fortement d’accord : 76 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 11 %)
  • Les médecins doivent être tenus de participer à un processus robuste de revalidation comportant des évaluations régulières de leur compétence clinique. (d’accord ou fortement d’accord : 51 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 27 %)
  • Les médecins doivent être évalués en fonction d’un ensemble cliniquement pertinent de paramètres, et les collègues et le public auront accès aux résultats. (d’accord ou fortement d’accord : 37 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 42 %)
  • Les médecins devraient être tenus financièrement responsables des résultats de leur rendement clinique, qu'ils travaillent seuls ou en équipe. (d’accord ou fortement d’accord : 19 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 65 %)

 

On a demandé aux participants dans quelle mesure ils acceptent les énoncés suivants. Voici les résultats :

 

  • Il pourrait être bénéfique pour la pratique médicale d’avoir des mesures du rendement, y compris des points de repère et des cibles, à condition que ces instruments de mesure soient élaborés par des médecins en exercice aux premières lignes et que les soins aux patients en soient la principale motivation. (d’accord ou fortement d’accord : 72 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 12 %)
  • Le fait de disposer de données qui me permettent de me comparer à mes collègues sur le plan de la variation et des résultats de santé des patients aura un effet sur ma façon d’exercer la médecine. (d’accord ou fortement d’accord : 69 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 12 %)
  • La rémunération à l'acte et d'autres modèles de paiement fondés sur le volume font obstacle à la prestation de soins efficaces axés sur le patient. (d’accord ou fortement d’accord : 45 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 34 %)
  • J'ai de la difficulté à établir un équilibre entre les besoins individuels de mes patients et ceux de la communauté où j’exerce. (d’accord ou fortement d’accord : 44 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 25 %)
  • Rendre les médecins davantage imputables des résultats des patients et du système serait un changement positif dans les soins de santé au Canada. (d’accord ou fortement d’accord : 44 %, en désaccord ou fortement en désaccord : 27 %)

Autonomie professionnelle

On a demandé aux répondants d’indiquer ce que signifie l’autonomie professionnelle pour un médecin moderne. Ils ont proposé tout un éventail de définitions contenant les idées principales suivantes :

  • Capacité de prendre des décisions cliniques sans pression d’en haut
  • Liberté de maintenir des valeurs, une moralité, des idéaux
  • Bénéficier du soutien d’entités professionnelles tout en maintenant leur autonomie face au gouvernement
  • Avoir de l’influence sur la prise de décision dans le système de soins de santé
  • Déterminer eux-mêmes où, quand et comment travailler
  • Équilibre entre l’autonomie professionnelle et les besoins du système et des patients

On a demandé aussi aux répondants d’indiquer les composantes de l’autonomie qu’il faudrait préserver et valoriser. Leurs réponses ont dégagé les thèmes suivants :

  • Toutes les composantes
  • Prise de décision
  • Flexibilité
  • Moralité
  • Représentation
  • Imputabilité
  • Relation patient-médecin

Qu’est ce qu’un « professionnel de la médecine »?

On a demandé aux participants de dresser la liste des principaux qualificatifs qu’ils utiliseraient pour décrire un professionnel de la médecine. Voici les résultats :

  • Dévoué
  • Empreint de compassion
  • Compétent
  • Disponible
  • Altruiste
  • Collaborateur

Prochaines étapes

Cette recherche sera validée par d’autres échanges avec les membres de l’AMC dans le contexte d’une initiative stratégique pluriannuelle lancée par l’AMC qui vise à définir une vision progressive du professionnalisme médical au Canada. On demandera plus précisément aux membres de l’AMC de formuler des commentaires sur les résultats du sondage des membres du Forum électronique et de réfléchir à d’autres possibilités d’améliorer l’imputabilité des médecins en regard des résultats pour la santé des patients. Les échanges se dérouleront dans le contexte du dialogue avec les membres (section protégée du site).

Commentaires des répondants

« Même s’il n’y a pas eu d’enseignement particulier ou si l’on n’a pas mentionné le sujet, les formateurs ont indiqué très clairement, en paroles et en actes, ce qu’on attend d’un professionnel. »

« J’ai la chance de travailler dans un grand groupe de collègues qui partagent les mêmes idées et qui montrent une éthique et un engagement professionnels solides. »

« Comme médecin résident, j’ai certainement accès aux évaluations subjectives de mon rendement par mes formateurs, ce qui est très précieux – il manque toutefois des paramètres objectifs que je peux utiliser pour m’autoévaluer et m’améliorer. »

« Je pense que les outils d’évaluation sont importants dans tous les aspects du soin des patients. Chaque médecin devrait toutefois pouvoir concevoir ses propres outils d’évaluation en fonction de ses patients et de son contexte d’exercice. C’est là que les compétences de recherche sont utiles, car elles permettent à un professionnel de répondre à la question : "Mon rendement atteint il le niveau où il devrait se situer? " »

« La rémunération à l’acte peut constituer un obstacle, mais ce n’est pas nécessairement le plus important. Elle a ses avantages et ses inconvénients, mais il importe d’aborder le système dans l’ensemble. Nous devons envisager ensemble l’amélioration des soins primaires par l’intervention des gouvernements lorsqu’il s’agit de donner suite à des recommandations visant à rendre les soins de santé viables. »

L’autonomie consiste à « créer une pratique basée sur mes intérêts et mes compétences. Pouvoir exercer avec intégrité morale – en fonction de mes valeurs morales et non de celles d’autrui – et établir un équilibre avec l’autonomie des patients. Trouver une façon de respecter à la fois l’autonomie du médecin et celle du patient. »