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Sommet national sur l’emploi des médecins – Point de vue des médecins en formation

Le Sommet national 2015 sur l’emploi des médecins organisé par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada s’est ouvert sur les mots de bienvenue du président du Collège royal, Kevin Imrie, et du chef de la direction, Andrew Padmos. Ils ont souligné l’importance de la collecte et du partage des données afin de mieux comprendre les besoins en soins de santé des Canadiens pour mieux harmoniser et planifier l’effectif du secteur de la santé.

Pendant deux jours, des conférenciers ont décrit le paysage actuel des effectifs médicaux au Canada et mentionné des aspects importants de la planification au cours des prochaines années. Par exemple, le Dr Eric Schneider, premier vice-président, Politique et recherche, au Fonds du Commonwealth, a signalé que les Canadiens sont d’avis en majorité qu’un changement fondamental des soins de santé s’impose.

En outre, le Canada ne se tire pas bien d’affaire sur la scène internationale, se classant au 10e rang sur 11 pays de l’OCDE pour les services de santé et les résultats. Le Canada obtient une note particulièrement mauvaise à l’égard des listes d’attente pour les services de spécialistes et des temps d’attente à l’urgence.

Le Dr Matt Strickland, médecin résident principal en chirurgie à l’Université de Toronto, a présenté le point de vue des médecins résidents en parlant des frustrations que vivent ceux qui essaient de trouver un emploi, car beaucoup d’entre eux doivent pousser leur formation plus loin pour essayer de devenir plus vendables.

Ceux qui trouvent un emploi, a t il dit, sont souvent considérés comme « sous-employés » – par exemple, comme « garde-ologues » qui font des périodes de garde sans avoir de temps en salle d’opération.

La Dre Natasha Snelgrove, de Médecins résidents du Canada (MRC), a décrit plusieurs mesures qu’il est possible de prendre sur le-champ afin d’aider à faciliter la recherche d’un emploi pour les nouveaux médecins qui commencent à pratiquer. Ces mesures comprennent la création d’une base de données nationale d’affichage d’emplois (on trouve maintenant la plupart des nouveaux emplois grâce à des contacts dans les départements, car ils ne sont jamais affichés), l’établissement d’un programme de mentorat pour aider les médecins résidents à acquérir des compétences professionnelles spécialisées tout au long de la résidence ou au début de la pratique et un programme visant à établir des liens entre de nouveaux médecins et ceux qui partent afin d’assurer la continuité du soin des patients et de créer des possibilités de carrière.

On a présenté plusieurs exemples régionaux et internationaux de la planification des ressources humaines de la santé. Des efforts de recrutement de médecins et de planification au Nouveau-Brunswick – ainsi qu’en nouvelle Nouvelle-Zélande – ont visé avant tout à informer rapidement les étudiants en médecine des possibilités d’emploi après la résidence à la fois sur le plan de spécialités en particulier et sur celui de la disponibilité par région. On affirmé aux participants que ces initiatives ont aidé des étudiants à faire des choix de carrière plus éclairés.

Le sommet s’est conclu par un appel à la création d’une commission (fondée sur le modèle de la Nouvelle-Zélande) chargée de réunir et recueillir les données de chaque province.

Une telle commission formulerait des lignes directrices nationales afin de conseiller les provinces et les territoires sur la façon de planifier l’emploi des futurs médecins.

Messages clés à retenir

  • L’emploi des médecins est complexe : le Canada compte 14 systèmes de santé différents dont chacun a sa propre stratégie de planification des ressources humaines de la santé.
  • Les gouvernements provinciaux et territoriaux, les doyens des programmes universitaires de résidence et des facultés de médecine, les organisations de médecins résidents et de médecins et les ordres des omnipraticiens et des surspécialistes sont au nombre des intervenants clés dans la planification de l’offre des médecins.
  • Il est possible de prendre plusieurs mesures maintenant pour aider les nouveaux diplômés en médecine, y compris une base de données nationale sur l’emploi, des services de conseil et de mentorat en début de carrière pour les médecins en formation et les médecins en début de carrière et un programme de transition à l’intention des médecins en début et en fin de carrière. L’Association médicale canadienne (AMC) et Médecins résidents du Canada prennent des mesures pour donner suite à ces idées.
  • Les médecins en formation peuvent se préparer en recherchant des données sur l’emploi de leur région et dans leur spécialité. Des possibilités de carrière pour les futurs diplômés sont affichées sur cma.ca, le site web de l’AMC.

Dre Elisabeth Yorke
PGY-1 Pédiatrie, Université de Toronto