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Un sondage national sur les soins palliatifs révèle des écarts importants

La présence d’écarts importants dans la prestation des services de soins palliatifs au Canada a été confirmée par le tout premier sondage exhaustif mené auprès de médecins qui offrent de tels services.

Le sondage indique qu’il y a des écarts considérables dans la disponibilité des soins palliatifs, de même que dans les types de médecins qui offrent de tels services et la formation qu’ils ont reçue.

« L’accès aux soins palliatifs au Canada varie considérablement, en fonction de l’âge, de l’endroit où l’on vit et de la maladie qui nous afflige », peut-on lire dans un rapport sur les résultats du sondage, qui souligne le manque relatif de services pour les enfants et les adolescents, et la tendance à axer les soins palliatifs sur les patients atteints d’un cancer.

« Bien qu’elles réservent peu de surprises, les données tirées de ce sondage sont très importantes, parce qu’elles indiquent clairement quelles mesures il faut prendre pour assurer que tous les Canadiens ont accès à des services de soins palliatifs appropriés », a déclaré le président de l’Association médicale canadienne (AMC), Chris Simpson, à propos des résultats de l’étude.

Le sondage national sur la médecine palliative a été mené par l’AMC, la Société canadienne des médecins de soins palliatifs, le Collège des médecins de famille du Canada, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Technology Evaluation in the Elderly Network (TVN) auprès de 1 114 médecins qui prodiguent des soins palliatifs au Canada.

Le sondage a confirmé qu’il existe des écarts considérables dans la disponibilité des soins palliatifs, de même que dans les types de médecins qui offrent de tels services et la formation qu’ils ont reçue.

Bien que certains répondants aient dit être des médecins de famille avec une pratique ciblée en soins palliatifs (12 %) ou des spécialistes de la médecine palliative (5 %), la plupart d’entre eux (84 %) forment un groupe hétérogène de médecins disant prodiguer des soins palliatifs dans le cadre de leur pratique de soins primaires. Le sondage indique que la majeure partie des membres de ce groupe (84 %) consacrent en moyenne sept heures par semaine aux soins palliatifs.

Le sondage indique également que 78 % des médecins qui offrent des soins palliatifs ne soignent pas de patients de moins de 18 ans. Par ailleurs, seulement la moitié des répondants ont dit avoir accès à des services spécialisés en soins palliatifs pédiatriques. D’une manière générale, l’accès à des services spécialisés en soins palliatifs est beaucoup plus répandu dans les régions urbaines que dans les régions rurales ou éloignées.

Une faible proportion seulement des médecins qui offrent des soins palliatifs ont reçu une formation spécialisée dans ce domaine, indique le sondage. Selon les auteurs, cela soulève des questions sur la norme des soins et le manque d’évaluation de la qualité et de l’uniformité des services offerts. Les répondants estiment que la rémunération pour la prestation de soins palliatifs ne correspond pas à celle offerte dans d’autres domaines de la médecine.

Toujours selon le sondage, même si l’on sait que de nombreux types de patients peuvent bénéficier des soins palliatifs, les gens atteints d’un cancer demeurent les principaux bénéficiaires de ces services. Un peu plus de la moitié des répondants (57 %) ont dit que moins de 20 % de leurs patients en soins palliatifs n’ont pas de cancer. « Il est essentiel d’avoir une main-d’œuvre appropriée si nous voulons fournir les soins palliatifs requis, a mentionné le Dr Simpson. Ces médecins doivent être correctement formés et avoir les ressources nécessaires pour faire ce travail. »

« Tous les Canadiens qui en ont besoin méritent d’avoir accès à des soins palliatifs de qualité dans des délais raisonnables », a soutenu Kevin Imrie, président du Collège royal.

« Ce sondage est important parce qu’il peut servir de référence aux décideurs politiques et aux organisations médicales, alors qu’ils planifient les changements qui s’imposent pour assurer la prestation de soins palliatifs de qualité », a ajouté le Dr Simpson.

« Nous disposons maintenant de données de référence qui nous permettront d’effectuer des analyses approfondies, de formuler des questions de recherche et d’orienter les politiques, la pratique et la planification de la main-d’œuvre. Le tout se traduira par une amélioration de l’accès aux soins palliatifs pour l’ensemble des Canadiens. Le vrai travail ne fait que commencer », a convenu le Dr John Muscedere, directeur scientifique du TVN.

« Le Collège des médecins de famille du Canada se réjouit de ces précieuses données, qui étayent l’idée selon laquelle il faut accorder une attention accrue aux soins palliatifs dans la formation complète des médecins de famille », a déclaré Garey Mazowita, président du CMFC.

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