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Publication de nouvelles règles sur l’utilisation de la marijuana en médecine

De nouvelles règles émises par Santé Canada, permettant aux producteurs de marijuana de vendre leur produit sous différentes formes, créent des défis additionnels pour les médecins canadiens.

À la suite d’une récente décision de la Cour suprême du Canada, le Ministère a émis ce qu’on appelle une exemption en vertu de l’article 56, qui permet aux 25 producteurs autorisés du Canada de vendre de l’huile de cannabis ainsi que des bourgeons et des feuilles de marijuana fraîche, en plus de la marijuana séchée qui était déjà offerte.

En annonçant ce changement, Santé Canada souligne que « le rôle des professionnels de la santé demeure inchangé relativement à l’autorisation de leurs patients à utiliser de la marijuana à des fins médicales ».

Dans sa déclaration, Santé Canada réitère également que la marijuana n’est pas un médicament approuvé au Canada « et n’a pas fait l’objet des rigoureux essais scientifiques nécessaires pour en garantir l’efficacité et l’innocuité ».

Le changement permettant de vendre de la marijuana sous d’autres formes ne permet pas aux producteurs de vendre des matières végétales pouvant servir à cultiver de la marijuana ou des produits comestibles. Les patients qui ont une autorisation devront préparer eux-mêmes des aliments ou des boissons avec de l’huile de cannabis ou de la marijuana fraîche.

« Les tribunaux canadiens ont exigé un accès raisonnable à une source légale de marijuana prescrite par un médecin à des fins médicales », peut-on lire dans la déclaration de Santé Canada. « La position du gouvernement du Canada est que ce processus doit se dérouler de façon contrôlée pour protéger la santé et la sécurité du public. »

« L’Association médicale canadienne continue à penser que l’approche réglementaire adoptée en regard de la marijuana thérapeutique met les médecins dans une position délicate et normalise l’utilisation d’une substance dont les avantages n’ont pas été scientifiquement prouvés », a déclaré le président de l’AMC, Chris Simpson.

Le Dr Simpson a toutefois ajouté : « Nous reconnaissons que certaines personnes pour lesquelles les traitements habituels ne sont pas efficaces peuvent trouver un soulagement dans la marijuana thérapeutique et que, dans certains cas, cet avantage peut provenir de la consommation de cannabis sous forme d’huile. »

Le Dr Simpson a ajouté qu’en raison de ces changements, les médecins devraient être encore plus prudents quand ils approuvent l’utilisation de marijuana thérapeutique, à cause des variations de la biodisponibilité des ingrédients actifs de la plante si elle est consommée par voie orale au lieu d’être inhalée. Il existe peu de preuves, voire aucune, pour guider les médecins à cet égard.

Santé Canada a annoncé des changements à la réglementation afin de répondre à l’incertitude causée par la décision unanime rendue par la Cour suprême le 11 juin, selon laquelle la marijuana peut être consommée de diverses façons, en plus de l’inhalation ou de la vaporisation à partir du produit séché.

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