Connexion

Tensions constantes pour les médecins de l’Ontario et du Québec

La colère et la frustration continuent à faire rage chez les médecins du Québec et de l’Ontario, alors qu’ils sont confrontés à ce qui est largement considéré comme des initiatives anti-médecins de la part de leurs gouvernements respectifs.

Au Québec, une coalition de généralistes appelée le Regroupement des médecins Omnipraticiens pour une Médecine Engagée (ROME) a récemment tenu un sommet à Montréal, auquel ont assisté quelques centaines de personnes, afin de proposer des solutions de rechange au projet de loi 20. Le projet de loi 20 a été présenté par le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, et imposerait un régime de quotas, obligeant les médecins à avoir un nombre de patients minimal.

En Ontario, la récente rencontre annuelle du conseil de l’Association médicale de l’Ontario (AMO) a été dominée par les préoccupations relatives aux mesures prises récemment par le gouvernement provincial, notamment l’imposition unilatérale d’une réduction des honoraires des médecins de 2,65 % et la limite du financement de la croissance du budget pour les services de médecins à 1,25 % par année.

« Nous continuons à soutenir nos membres au Québec et en Ontario, qui luttent afin de fournir des soins optimaux à leurs patients face à des mesures inacceptables qui sont imposées, ou qui risquent de l’être, par leur gouvernement provincial », a dit le président de l’AMC, Chris Simpson.

Dans un discours prononcé devant l’Economic Club of Canada à la fin avril, le président de l’AMO de l’époque, Ved Tandan, a dit que le plan du gouvernement ontarien pour la santé « est axé sur des réponses à courte vue à des préoccupations financières, au lieu de présenter des mesures durables face aux véritables enjeux du système de santé ».

Les médecins ont non seulement une raison de quitter la province, mais ils ont un endroit où aller, a dit le Dr Tandan dans un communiqué, rappelant la pénurie de médecins qui prévaut aux États-Unis. L’Ontario, au lieu de garder ses médecins et d’en attirer de nouveaux, les chasse, a-t-il ajouté.

À la réunion du conseil de l’AMO, les délégués ont voté massivement pour exiger que l’entente avec le gouvernement soit modifiée par l’ajout d’un mécanisme contraignant de résolution des conflits.

En résumant la réunion, le nouveau président de l’AMO, Michael Toth, a dit que l’association avait pour objectif final de faire changer le gouvernement de direction pour qu’il revienne à la table de négociation.

À la rencontre du ROME, les médecins du Québec ont écouté des collègues d’autres provinces, notamment l’ancienne présidente de Doctors of BC, Shelley Ross, qui a expliqué comment la question de la réforme des soins primaires avait été traitée de manière plus collaborative en Colombie-Britannique.

Les audiences sur le projet de loi 20 à l’Assemblée nationale sont maintenant terminées, mais on ignore quand la nouvelle mesure législative sera adoptée par le gouvernement majoritaire. Plus tôt ce printemps, l’AMC s’est jointe à l’Association médicale du Québec pour faire une présentation conjointe historique à ces audiences. Les deux organisations ont alors expliqué pourquoi le projet de loi 20 n’est pas la bonne approche pour améliorer l’accessibilité aux soins médicaux au Québec.

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.