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Les médecins face à des défis de leadership complexes

Les médecins du Canada sont bien placés pour aider à diriger la transformation de ce qui devient un système de santé de plus en plus complexe, et ils sont prêts à le faire.

C’est l’un des principaux messages entendus à la Conférence sur le leadership des médecins tenue récemment à Vancouver.

Cette sixième conférence, coparrainée par l’Association médicale canadienne (AMC) et la Société canadienne des médecins gestionnaires (SCMG, aujourd’hui la Société canadienne des leaders médicaux) a été la plus réussie jusqu’à présent.

Plus de 450 médecins ont assisté à cette rencontre de deux jours, et 200 d’entre eux ont aussi participé aux cours du PMI tenus avant l’assemblée principale. En outre, plus de 120 étudiants en médecine et résidents ont été invités à participer à certaines séances.

Chris Simpson, le président de l’AMC, qui a prononcé le discours d’ouverture, a dit que le succès de la conférence « témoigne du nombre grandissant de médecins leaders au Canada ».

« Sa popularité souligne également l’importance de prendre le temps, malgré nos horaires chargés, de cerner les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que médecins et d’acquérir les outils requis pour s’attaquer à ces défis. »

Comme le thème de cette année est axé sur la réussite dans la complexité (Thriving in complexity), plusieurs orateurs ont tenté d’expliquer pourquoi le système de santé d’aujourd’hui est si complexe et ont présenté des stratégies pour aider les organisations et les personnes à jouer un rôle de leadership efficace au sein de ce système.

Le Dr Denis Roy, vice-président des Affaires scientifiques de l’Institut national de santé publique du Québec, à Montréal, s’est inspiré de sa considérable expérience personnelle de la gestion de programmes de santé dans la province afin d’expliquer pourquoi les médecins exerçant en milieu communautaire doivent regarder au-delà de la médecine factuelle et des guides de pratique clinique afin d’aider les patients de façon efficace.

Le Dr Roy a souligné qu’en raison de l’augmentation du nombre de patients âgés souffrant de maladies chroniques multiples, la myriade de guides de pratique axés sur une seule maladie ne permet pas de traiter ces patients avec efficacité.

La séance la plus attendue, et à laquelle ont assisté de nombreux délégués, était un débat sur la question à savoir si les médecins freinent la transformation du système de santé.

Le président de la SCMG, le Dr John Van Aerde, a dit que le fait qu’un tel débat soit possible illustre combien la profession médicale a évolué ces 20 dernières années. Néanmoins, on a jugé que la question est encore très délicate et on a demandé aux délégués de ne pas publier de messages sur Twitter pendant la séance.

Lors du débat, l’ancien président de l’AMC, le Dr Louis Hugo Francescutti, et Leslee Thompson, présidente-directrice générale de l’Hôpital Kingston General, à qui on avait demandé de défendre le point de vue selon lequel les médecins freinent la transformation du système, ont décrit une profession qui reste centrée sur elle-même, axée sur le revenu et très protectrice de son territoire.

Comme l’a dit l’un des membres du panel : « Nous sommes en train d’assister au déclin de la profession médicale, qui se déroule sous nos yeux. »

Ces points de vue ont été contredits par le Dr Brendan Carr, président-directeur général de la Vancouver Island Health Authority, et le Dr Roy, qui ont soutenu que les médecins du Canada font preuve de leadership en apportant des changements novateurs, mais qu’ils sont souvent contrés par les autorités, qui refusent de les inclure dans le processus décisionnel.

Les ateliers de la rencontre portaient sur divers sujets liés aux outils d’information et d’auto-amélioration, de la communication non verbale à l’utilisation des médias sociaux.

L’allocution du Dr Jeff Blackmer, vice-président, Professionnalisme médical, à l’AMC, a été l’un des points saillants des ateliers. Le Dr Blackmer a fait le point sur la question des dispositions réglementaires qui encadreront l’aide médicale à mourir au Canada et a souligné le leadership dont l’AMC fait preuve à cet égard.

À la séance de travail de la SCMG, tenue parallèlement à la conférence, on a annoncé que l’association s’appellera désormais la Société canadienne des leaders médicaux afin de mieux refléter la nature de ses membres.

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