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​Les médecins se réunissent pour discuter de la santé des Premières Nations

Les quelque 7000 témoignages émouvants et souvent tragiques des survivants du système des pensionnats canadiens réunis par la Commission de vérité et réconciliation du Canada ont constitué une toile de fond percutante pour une réunion à guichets fermés de médecins et d'autres fournisseurs de soins de santé tenue le 20 août, au cours d'une séance spéciale sur la santé des Autochtones précédant le Conseil général.

Membre de la Commission de vérité et réconciliation, la Dre Marie Wilson a donné le ton à la discussion en affirmant qu'elle souhaitait « faire entendre la voix des survivants » au cours de la séance.

« En réalité, le travail continu de vérité et réconciliation en cours au Canada ne porte pas seulement sur le mieux-être des Autochtones, a déclaré la Dre Wilson. Il porte sur celui de notre pays commun. »

La Dre Wilson a poursuivi en affirmant qu'un changement d'attitude, des changements de comportement dans la société et de nouvelles connaissances spécialisées s'imposeront pour améliorer la santé et le mieux-être des peuples autochtones du Canada.

« Qu'est-ce qui, dans notre façon d'organiser notre vie, nos communautés et nos ressources au Canada, fait qu'un groupe de personnes en particulier est en aussi mauvaise santé? » a‑t-elle dit.

Comme interventions clés, il faut que les médecins soient plus conscients des préoccupations particulières des patients et des communautés autochtones, que l'on donne une formation nouvelle et que les plans d'amélioration de la santé soient solides tant cliniquement que culturellement.

Le Dr Evan Adams, directeur médical de la Régie de la santé des Premières Nations en Colombie-Britannique, et la Dre Karen Hill, qui dirige un cabinet mariant la médecine autochtone traditionnelle et la médecine occidentale en Ontario, ont tous deux présenté des exemples de nouvelles façons d'améliorer la santé des Premières Nations.

Le Dr Alika Lafontaine, président de l'Association des médecins autochtones du Canada (AMAC) et membre du Comité consultatif sur la santé des Autochtones du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC), a déclaré à l'assemblée que le moment est venu d'agir.

« Je sais que mes collègues et les délégués qui viennent au Conseil général de l'AMC chaque année le font parce qu'ils s'intéressent à la question, a déclaré le Dr Lafontaine. Les Autochtones ont besoin de l'entendre, ils ont besoin que vous le disiez et vous devez savoir que les Autochtones sont prêts à une transformation des soins de santé. »

En juillet 2015, l'Assemblée des Premières Nations a adopté une résolution demandant à l'Association médicale canadienne (AMC) d'appuyer les recommandations sur la santé formulées par la Commission de vérité et réconciliation du Canada. L'année dernière, les délégués au Conseil général ont adopté quatre résolutions pour appuyer la collaboration visant à améliorer les soins de santé pour les peuples autochtones.

En clôturant la séance, la présidente de l'AMC, la Dre Cindy Forbes, a affirmé qu'il fallait agir tant à l'échelon national qu'à celui des cabinets et des centres de soins de santé du Canada.

« La clé consiste à faire passer un seul message sur l'importance de participer à l'exercice de réconciliation. C'est un message que nous avons fait passer l'an dernier et que nous répéterons cette année, a déclaré la Dre Forbes. Chacun d'entre nous a un rôle à jouer comme médecin et c'est également important. »

La séance a été organisée conjointement par l'AMC, le Collège des médecins de famille du Canada, l'AMAC et le CRMCC, qui considère l'amélioration de la santé des Autochtones comme une priorité stratégique clé.

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