Connexion

Les médecins hésiteraient à fournir une aide à mourir aux mineurs matures et aux patients dont le seul diagnostic est une maladie mentale

Bien qu’une majorité écrasante (90 %) des membres de l’Association médicale canadienne (AMC) qui ont répondu à un récent sondage sur l’aide médicale à mourir soient satisfaits qu’une nouvelle loi fédérale soit en place, seulement 25 % environ disent qu’ils sont prêts à offrir ce service.

En moyenne, 90 % des répondants ont dit qu’il fallait une loi fédérale, comprenant notamment de solides garanties pour les patients, afin d’assurer un cadre législatif et réglementaire cohérent sur l’aide médicale à mourir partout au Canada. Cependant, les résultats varient légèrement d’une région à l’autre. À Terre-Neuve, presque tous les répondants (98 %) sont de cet avis, alors qu’au Québec, 84 % des répondants ont dit qu’une loi fédérale était nécessaire.

« D’après ce que nous disaient les membres et les patients, l’AMC estimait qu’une loi fédérale sur l’aide médicale à mourir était extrêmement importante », a dit la présidente de l’AMC, la Dre Cindy Forbes. « Maintenant que la loi est en vigueur, le Canada doit donner suite aux enjeux critiques sous-jacents des soins de fin de vie, en particulier l’amélioration de l’accès à des soins palliatifs de qualité pour tous les Canadiens qui en ont besoin. »

Comme c’était le cas lors des sondages précédents de l’AMC, environ 25 % des répondants ont dit qu’ils seraient prêts à offrir une aide médicale à mourir à leurs patients. La majorité des répondants ont dit qu’ils ne participeraient pas à l’acte (61 %), alors que d’autres étaient indécis (14 %).

Parmi ceux qui seraient prêts à offrir ce service, moins d’un quart (22 %) envisagerait de l’offrir aux patients dont le seul diagnostic est une maladie mentale, 59 % l’offriraient en cas de maladie physique qui n’est pas en phase terminale et 38 % le fourniraient aux mineurs matures, si ces aspects étaient pris en compte dans une future loi fédérale. Le gouvernement fédéral s’est engagé à étudier ces questions plus avant, et l’AMC participera activement à ce processus.

Parmi ceux qui refusent catégoriquement d’offrir ce service (61 %), deux tiers (67 %) ne seraient pas à l’aise d’orienter un patient vers un collègue qui l’offre. D’un autre côté, ceux qui sont indécis quant à leur propre participation (14 %) seraient probablement plus à l’aise d’orienter des patients vers d’autres ressources (91 %). La question d’orientation obligatoire du patient vers d’autres ressources demeure une préoccupation, en particulier en Ontario, où une contestation judiciaire a été entreprise contre l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario.

« L’AMC croit que la mise en place d’un système central de coordination des ressources et de coordination des patients est le meilleur moyen d’assurer l’accès à l’aide à mourir des patients qui veulent recevoir ce service, tout en protégeant le droit de conscience des médecins qui s’opposent à l’acte pour des raisons morales ou éthiques », a dit la Dre Forbes. « L’établissement d’une telle structure est une prochaine étape essentielle. »

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.