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Les membres de l’AMC ont beaucoup à dire au sujet de l’aide à mourir

Une consultation en ligne des membres de l’Association médicale canadienne (AMC) au sujet de la logistique liée à la légalisation de l’aide à mourir a révélé la profondeur soutenue des sentiments des médecins du Canada face aux enjeux en cause.

Conjugué à de nouvelles données de sondage, le dialogue en ligne avec les membres, qui s’est déroulé du 8 juin au 20 juillet, jette les bases d’un débat sur une approche fondée sur des principes pour l’aide à mourir au Canada, au cours de la réunion du Conseil général de l’AMC, plus tard en août.

« Comme nos membres ont des opinions profondément ancrées sur la question de l’aide à mourir, le décorum et le respect des opinions contraires que nous avons constatés tout au long du dialogue en ligne m’impressionnent », a déclaré le président de l’AMC, Chris Simpson.

L’AMC consulte ses membres, ainsi que le public, au sujet des enjeux de fin de vie depuis 2014. L’exercice est devenu plus urgent suite à la décision unanime rendue par la Cour suprême du Canada dans l’affaire Carter en février 2015, qui a déclaré inconstitutionnelles les dispositions du Code criminel interdisant l’aide à mourir.

Au cours de sa réunion de mai 2015, le Conseil d’administration de l’AMC a autorisé la diffusion, pour consultation avec les membres et les intervenants, d’un projet de document intitulé « Une approche fondée sur des principes pour encadrer l’aide à mourir au Canada ».

Au total, 595 membres se sont inscrits pour participer à la discussion en ligne et ont affiché 545 commentaires au cours du dialogue animé par le Dr Jeff Blackmer, vice-président, Professionnalisme médical, à l’AMC.

Beaucoup de membres ont félicité l’AMC de son leadership face à ces enjeux difficiles et d’avoir sollicité les commentaires et la contribution de ses membres.

Dans leurs commentaires, plusieurs intervenants ont exprimé leur opposition à la décision de la Cour suprême ou à la tentative faite par l’AMC de présenter un point de vue équilibré représentant les opinions de tous les membres dans le dossier de l’aide à mourir. De récents sondages montrent toutefois que les membres de l’AMC sont divisés également sur la question et une minorité importante de répondants à ces sondages ont déclaré qu’ils participeront à offrir ce service à leurs patients.

« L’AMC demeure déterminée à continuer d’encourager les responsables des politiques à mettre en œuvre des lois ou des politiques qui respecteront la décision de la Cour suprême tout en protégeant les droits de tous ses membres », a déclaré le Dr Simpson.

« Que vous soyez d’accord ou non avec l’aide à mourir, que vous décidiez de participer ou non, nous serons présents à la table pour protéger vos droits et vos intérêts », a écrit le Dr Blackmer au cours de la discussion en ligne.

 

La reconnaissance du droit du médecin qui décide de ne pas participer à l’aide à mourir et la garantie d’accès à ce service pour les patients qui y ont droit sont les questions qui ont soulevé les débats les plus animés au cours du dialogue en ligne.

 

La plupart des objecteurs de conscience ont rejeté la proposition de l’AMC selon laquelle les médecins qui ne veulent pas participer à l’aide à mourir devraient référer ces patients vers une tierce partie indépendante qui fournirait les renseignements et l’aide dont le patient a besoin. Ils ont plutôt proposé que les patients s’adressent eux-mêmes à ces services.

 

D’autres ont signalé qu’il se peut que l’autoréférence soit impossible ou qu’elle impose au patient des préjudices injustifiés.

Le Dr Blackmer a écrit qu’il y a peu de chances que les législateurs acceptent une stratégie d’autoréférence. Il a déclaré que la proposition de l’AMC visait à offrir une « solution intermédiaire » et que la plupart des patients référés à une tierce partie n’obtiendraient pas l’aide à mourir mais apprendraient plutôt l’existence des options disponibles – y compris les soins palliatifs et spirituels.

Même ces questions n’étaient pas abordées parmi les thèmes du dialogue en ligne, beaucoup de médecins ont signalé, au cours des discussions, l’importance des services de soins palliatifs et l’interdépendance entre les soins palliatifs et l’aide à mourir.

Des participants ont aussi formulé des commentaires sur la nécessité d’offrir une formation structurée ou une certification et d’autres moyens d’appui aux médecins qui fournissent de l’aide à mourir et de mieux informer tous les médecins au sujet des enjeux en cause. Le Dr Blackmer a signalé que l’AMC s’emploie à créer de tels outils d’éducation.

« Il faut féliciter l’AMC d’avoir adopté une approche modérée pour aborder cette nouvelle réalité très difficile », a déclaré un répondant. « Je suis fier de la façon dont l’AMC a montré son leadership aux patients, aux médecins et aux responsables des politiques dans le contexte de ce débat d’une importance vitale qui a abouti à la récente décision de la Cour suprême. »

Le groupe indépendant constitué récemment et chargé par le gouvernement fédéral de mener des consultations sur l’aide à mourir dans le contexte de la décision de la Cour suprême a suspendu ses consultations directes de groupes comme l’AMC jusqu’après les élections fédérales d’octobre.

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