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Le gouvernement fédéral sommé de rétablir les soins aux réfugiés

Le message ne pourrait être plus clair : la communauté médicale du Canada ne laissera pas le gouvernement fédéral se tirer si facilement d’affaire après ce qui est perçu comme une tentative de limiter la prestation de soins médicaux aux réfugiés.

La 4e Journée nationale de protestation annuelle s’est tenue le 15 juin pour réclamer de nouveau l’annulation des compressions effectuées dans les soins de santé aux réfugiés au Canada. Pour la première fois, l’Association médicale canadienne (AMC) a participé directement aux activités.

« Les compressions du gouvernement fédéral dans les services de santé offerts aux réfugiés résidant dans ce pays, certains d’entre eux venant tout juste de fuir la guerre, la violence ou la famine, sont incompatibles avec le Canada que je connais », a déploré Chris Simpson, président de l’AMC. « Il est grand temps pour le gouvernement fédéral de revenir sur sa décision et de fournir aux réfugiés les soins auxquels ils ont droit. »

Pour la quatrième fois, des organisations médicales nationales menées par le groupe Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés (MCSR) se sont prononcées collectivement contre la décision du gouvernement fédéral d’effectuer des compressions dans le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI).

En juillet dernier, la Cour fédérale du Canada a statué que les compressions imposées au PFSI étaient « cruelles et inusitées » et a exigé la création d’un programme temporaire visant à fournir des soins à bon nombre des réfugiés touchés. Le gouvernement fédéral a toutefois porté cette décision en appel et les médecins ont noté que malgré le programme temporaire, de nombreux réfugiés n’ont toujours pas accès aux services médicaux nécessaires.

Selon un reportage du JAMC au sujet de la Conférence nord-américaine sur la santé des réfugiés (North American Refugee Health Conference), qui s’est tenue à Toronto au début du mois de juin, plusieurs études ont démontré que des réfugiés légalement autorisés à recevoir des soins de santé financés par le gouvernement fédéral se voient maintenant refuser l’accès à plusieurs cliniques de Montréal et de Toronto.

« Nous entendons parler de personnes, notamment des femmes enceintes, qui se voient refuser l’accès aux hôpitaux parce que le personnel hospitalier ne comprend pas la couverture », a déclaré le Dr Meb Rashid, cofondateur de MCSR. « Nous constatons que les manœuvres juridiques du gouvernement ont entraîné une énorme confusion ».

Durant la journée de protestation, une conférence de presse à laquelle ont participé le président de l’AMC et des représentants de plusieurs autres organisations, dont la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC), l’Association des infirmières et infirmiers du Canada et la Société canadienne de pédiatrie, a eu lieu sur la colline du Parlement.

Dans un communiqué, la FEMC a notamment déclaré ce qui suit : « Le fait de refuser un traitement nécessaire à certains des membres les plus vulnérables de la société va à l’encontre des principes qui nous ont poussés à exercer la médecine au Canada. »

« Les compressions imposées au Programme fédéral de santé intérimaire ne font que transférer le fardeau financier aux hôpitaux communautaires, aux administrations régionales de la santé et aux provinces et territoires qui sont parfois incapables de fournir les soins. Cette situation crée des lacunes dans le système, ce qui entraîne une absence de traitement des maladies qui peut à son tour inciter les nouveaux arrivants à se tourner vers nos services d’urgence déjà bondés. »

Des activités associées à la Journée nationale de protestation ont été organisées dans au moins 20 villes un peu partout au pays. Ces activités ont connu un excellent taux de participation, surtout de la part des étudiants en médecine, tant en personne que par l’intermédiaire des médias sociaux.

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