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Les médecins résidents menacent de faire la grève en Angleterre

Le National Health Service (NHS) de l’Angleterre risque de traverser une période de fortes perturbations alors que les médecins résidents menacent d’interrompre leurs services. Ils protestent contre les tentatives visant à imposer un nouveau contrat prolongeant le nombre d’heures de travail à un taux de rémunération de base pour ces « jeunes médecins ».

Un vote de grève est tenu par l’Association médicale britannique (AMB), qui représente la majorité des 53 000 médecins résidents en Angleterre (les NHS de l’Écosse et du Pays de Galles ne sont pas visés par le conflit).

On demande aux médecins résidents s’ils sont prêts à mener la toute première grève des médecins résidents en Angleterre ou à soutenir une action revendicative sans aller jusqu’à l’interruption des services. Le scrutin prend fin le 18 novembre.

Les médecins résidents bénéficient du soutien de nombreux ordres de médecins du Royaume-Uni.

« J’espère ne jamais me trouver dans cette situation », a répondu le Dr Tom McLaughlin, président de Médecins résidents du Canada (MRC), quand on lui a demandé ce qu’il pensait du conflit.

Il a dit que MRC est sympathique à la cause des jeunes médecins et « s’oppose à l’imposition de règlements ».

Le Dr McLaughlin a précisé que la situation qui prévaut actuellement en Angleterre ne pourrait pas se produire au Canada, non seulement parce que les médecins résidents négocient au palier provincial, mais aussi parce que la plupart des associations de médecins résidents ont droit à l’arbitrage si les négociations achoppent.

Il a cependant souligné que les médecins résidents ont tendance à être dans une position de vulnérabilité quand ils négocient de nouveaux contrats parce qu’ils sont souvent perçus comme une cible facile en raison de la place qu’ils occupent dans le système. Les négociations entre l’AMB et le gouvernement sur les conditions de travail des médecins résidents ont échoué en octobre 2014. Le contrat existant n’a pas été mis à jour depuis la fin des années 1990.

Le gouvernement a dit qu’il imposera un nouveau contrat à partir d’août 2016 après que les médecins résidents ont rejeté une offre de dernière minute visant à augmenter leur taux de rémunération de base de 11 %. Cela a poussé l’AMB à demander la tenue d’un vote de grève.

Ce conflit repose principalement sur l’intention du gouvernement d’élargir considérablement la disponibilité des soins d’urgence le soir et la fin de semaine, et sur la rémunération des médecins résidents qui offrirent ces services.

Selon des comptes rendus publics, ce qui inquiète le plus les médecins résidents, c’est le plan visant à prolonger leur temps normal de travail de 60 à 90 heures par semaine, jusqu’à 22 h tous les soirs, sauf le dimanche. Les médecins résidents soutiennent que cela réduira leur salaire de jusqu’à 30 % — en particulier pour ceux qui sont en médecine familiale. Les heures de travail actuelles sont de 7 h à 19 h du lundi au vendredi, ce qui est considéré comme le « temps normal », et les heures de travail hors de cette période sont rémunérées à des taux plus élevés.

Par contre, le ministère de la Santé maintient que sa proposition constitue une offre plus intéressante pour les médecins résidents.

Les médias font beaucoup de bruit autour du fait que des milliers de médecins résidents demandent à être certifiés par le General Medical Council afin de pouvoir travailler à l’étranger, ce qui fait craindre une grave pénurie de médecins en Angleterre.

Si les médecins résidents votent en faveur d’une action revendicative sans aller jusqu’à l’interruption des services, l’AMB propose un modèle de soins d’urgence seulement, selon lequel les médecins résidents devraient offrir le même niveau de services que celui offert le jour de Noël.

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